SYNTHÈSE DES ARTS
laquelle se révèle, enveloppé d'une lueur vague le monde mvisible. Une secrète puissance vous attire vers le point où convergent les longues nefs à où réside, vodé. le Dieu rédempteur de l'homme et n'parateur de la création, et ,1'où émane la vertu plal l.que quM„,pnme au temple saforme. Dans ses axes roises, d offre l'image de l'instrument du salut unt
ri', T'i ""f' '"'" ''' '''''''' "'"*1- --'e. »" ou du déluge, des espérances du genre humain, et
MU les flots de la vie. Les courbures ogivales des -oeaux. les flèches qui de partout s'élancent da, espace sans bornes, le mouvement d'ascension 'le chaque partie du temple et du temple entier expnment aux yeux l'aspiration naturelle, été : nelle, de la créature vers Dieu, son principe et son
Tel est le commencement de l'art, sa manifestation première dans ses relations avec l'idée chrétienne II ek-ve une demeure à Dieu sur le modèle de celle que
n^ s est fane lui-même, et Dieu rempht de so? le f p image symbolique de la création, comme il
IrUnitiâl "' """'"■ ''""' ^" '''' ^°'"'''°"^ '^ ^^' Le temple a sa végétation, ses murs se couvrent .le plantes variées; elles serpentent en guirlandes le long des cormches et des plinthes, s'épanouissent -lans les ouvertures laissées à la lumière se glissen sur les nervures des cintres, embrassent comme îe lierre des for.ts, les formes sveltes des pyramides
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semblables à des pointes de rocher, et montent avec elles dans les airs, tandis que le tronc des colonnettes pressées en faisceaux se couronne de fleurs et de feuillage. La pierre s'anime de plus en plus ; des multitudes d'êtres vivants se produisent au sein de cette magnifique création que l'homme vient compléter et qu'il résume dans sa noble image.
La sculpture, on le voit, n'est que le développement immédiat de l'architecture: elle procède d'elle naturellement, organicpiement pour ainsi dire. Qu'estelle, en effet, d'abord? Quelque chose d'inachevé, d'embryonnaire, un simple relief, qui croissant peu à peu, selon les lois de sa forme, se détache enfin du milieu où il a pris naissance, comme l'ùtre organisé, après avoir acquis les conditions de sa vie propre, se détache des entrailles maternelles.
Mais la sculpture ne reproduit qu'imparfaitement les merveilleuses richesses de l'œuvre de Dieu. Elle ne saurait rendre les efTets variés de la perspective, de la lumière et des couleurs, ni rassembler sous un seul point de vue, en un cadre étroit, les objets si divers que la nature offre à nos regards, dans leur harmonieux ensemble, et les scènes compliquées de la vie. De là une nouvelle branche de l'art, la peinture. Et voyez comme son développement s'enchaîne à ceux qui ont précédé : il n'en est que l'extension, le complément. Ces voûtes grises et ternes, le ciel du temple, prennent une teinte azurée, les reUefs se colorent Il n'est rien que la peinture ne représente
à la vue , elle achève, sous ce rapport, la création du
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temple ; et en reproduisant la forme extérieure des êtres, elle reproduit ce qu'il y a de plus intime en eux, 1 esprit qui les anime, les sentiments, les idées mêmes, dans leur manifestation relative au sens destmé à percevoir la lumière. La lumière elle-même se colore de mille nuances diverses en pénétrant à l'intérieur do l'immense édifice, à travers les fleurs transparentes dont elle projette au loin les reflets- et cette lumière tout à la fois idéale et réelle, vague splendeur d'un astre mystérieux, prête aux formes, dont le temple est peuplé, une expression indéfinissable.
Mais ces formes créées par l'art ne se meuvent pas. Ce temple n'offre pas encore une complète réalisation de son type J'uni vers; car, dans l'univers, nul repos, tout y est en mouvement, et ce mouvement, réglé par des lois constantes, manifeste sous un autre aspect l'ordre, l'harmonie, la variété dans l'unité... Ici commence pour l'art une autre série de développements en rapport avec l'ouïe et le son, comme les premiers sont en rapport avec la vue et la lumière, ceux-ci plus extérieurs, ceux-là plus intimes, [dus rapprochés des opérations pures de l'espriL...! Si l'univers était muet, ce que l'univers contient de plus parfait resterait enseveli dans des ténèbres éternelles. Mais la création a une voix qui se spécifle dans chaque ordre d'êtres, et dans chaque être individuel. Et puisque le temple exprime la création, ou en est l'image, le temple aussi a sa voix. Reportezvous par la pensée au fond des vastes solitudes du
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nouveau monde, de ses forets, de ses savanes traversées par des fleuves sans nom, de ses montagnes d'où se précipitent d'impétueux torrents, du pied desquelles s'échappent d'innombrables ruisseaux qui lentement coulent sur un lit de mousse ou s'épanchent en nappes sur les prairies de la vallée, et prêtez l'oreille. De tout cela, il s'élève une voix formée de mille voix : de la voix des grandes eaux et de celle des sources qui tombent goulte à goutte des rochers, de la voix des vents qui bruissent dans la cime des arbres et murmurent dans l'herbe, de la foudre qui déchire les nuées ; de la voix des myriades d'êtres vivants Cetfo voix est la voix de la
nature, indistincte, confuse, niai.^ majestueuse, solennelle, immense, pleine de mystère et de vagues émotions.
Des profondeurs du temple soit j)areillemenl une voix qui monte dans les airs ft se pro[)age au loin. Solennelle aussi, mystérieuse, et rorunie l'écho d'un monde invisible, elle remue k» .-secrètes puissances de l'hounne, elle éveille en lui toute une vie interne, assoupie jus(|u'alors. Qui, dans la campagne, vers le soir, à l'heure où s'éteignent les feux du couchant, ou la nuit étend ses ailes sombres sur les bois, les prés, les buissons, les eaux, pour abriter le sommeil des pauvres créatures fatiguées : qui, à celte heure de calme et de silence, quand vient à soupirer la cloche du hameau, ne se sent pas comme euq)orté en des régions inconnues, aériennes, peuplées de formes indécises, de pensées rêveuses et de pressentiments