SYNTHÈSE DES ARTS
infinis?- Pénétrez au dedans du temple : un mystere de vie va s'y accomplir. Lorsque vibre soudain la VOIX tour à tour majestueuse, douce, sévère, de 1 orgue, qu'elle remplit de ses accords indéfiniment variés les voûtes frémissantes, ne dirait-on pas la VOIX de tous ces êtres de la création? Mais leur langage indéterminé ne parle qu'à ce qui sent, et non pas à ce qui pense. Tel est le caractère de Vari mwsical.
Au degré de développement où nous venons de le considérer, le temple, incomplet encore, n'a point achevé son évolution. Symbole de l'univers, il le représente, et tout ce qu'il renferme, à l'exception de l'homme, en ce que sa nature a de plus intime et de plus parfait. Qu'à la voix des êtres inférieurs il mêle sa voix, sa parole, son verbe, aussitôt toute cette création s'agrandit, se dilate, resplendit d'une lumière nouvelle, s'anime d'une nouvelle vie. Un hen plus étroit unit les deux mondes : le monde des phé^ nomènes et le monde idéal.
En mariant sa voix à la voix des êtres inférieurs qui, du sein du temple, monte vers les cieux, comme l'hymne universel de la création, l'homme, en efi^et, exprime sa conception du temple même et du Dieu qui l'habite. II dit en ses chants ce qu'est ce Dieu, il dit quels sont les liens qui l'unissent à ses créatures, les lois de celles-ci, le but final de leur existence. Il attire à soi, il anime de soi, de sa pensée, de son amour, tout cet univers qu'il domine et résume. Point de concours des deux mondes, du monde intel-
f35i LE JOLI, LE BEAU
lectiiel et du monde des sens : la poésie donc en est riiarmonie, elle est l'art même parvenu à son plus haut terme; car, en mrme temps que l'idée s'y montre sans voile, dans su primitive splendeur, elle peint à l'esprit, elle déploie à ses regards les vives images des corps, elle reproduit les formes, les couleurs, rendues visil)les intériemement, et tout ensemble, à l'aide de l'élément sonore du langage, elle touche, elle émeut par ses ravissantes mélodies (1).»
ÂPPKXniCK II.