V. Cinq conditions ou parties du Sacrifice
Mais pour entendre ceci et avoir une idée véritable du sacrifice chrétien , il faut savoir qu'il y a cinq conditions pour un sacrifice parfait, ou cinq parties qui le composent.
P La sanctification , ou consécration de la victime.
2° L'oblation de la victime.
3" L'immolation.
4^ La consomption.
5» La communion.
VL Première partie du Sacrifice,
La Sanctification de la victime est la première chose nécessaire au sacrifice, et cette sanctification demande quatre choses.
La première est la perfection naturelle de la victime : Si habuerit macuïam , vel claudum fucrit , vel cœcum , aut in aliqud parte déforme vel débile , non inunolabitur
Domino Deo tuo. Deuiér. 15. 21. Vous n'immolerez point au Seigneur un animal qui aura quelque défaut , qui sera boiteux ou a\ eu(^le, difforme dans une de ses parties, ou malade et en langueur. La première raison de cela est que toutes ces imperfections naturelles sont des effets du péché de l'homme , en horreur duquel Dieu rejette de son autel les animaux qui les ont. La seconde, que le sacrifice extérieur étant institué pour représenter le sacrifice intérieur, la perfection de la victime matérielle doit aussi représenter la perfection de la victime spirituelle. En troisième lieu, cette perfection était prophétique , et Dieu la demandant nous voulais promettre et marquer ]j perfection de la victime véritable,^et .1 ésus- Chrisl l'agneau de Dieu promis par la loi. Enfin la raison nous fait un précepte de n'offrir à Dieu que des choses parfaites , et qui n'aient rien de méprisable ou de contaire à la perfection que doivent avoir les dons qui se font à la Mujesié et à la grandeur infinie de lUou.
La seconde chose , que celte sanctification doit renfermer, est une sanctification surnaturelle , qui ne se peut faire par aucune
vertu, ni autorité humaine; l'autorité et l'instituiion de Dieu pemont seules éle%er la victime au-dessus de l'ordre de la nature, et la rendre propre à lui être offerte , comme une chose sainte , en la tirant de sa condition et de sa bassesse naturelle, et la délivrant du domaine de l'homme et de la servitude de la corruption.
La troisième est la séparation de la victime de tout usafje profane ; sé[)aration qui ne perm.et plus de l'appliquer à autre chose qu'à Dieu sans sacrilégp. Alors on la doit regarder comme une chose tellement consacrée à Dieu , que p.ers(nine n'a [>liis le droit d'y toucher; en effet il n'était permis qu'au grand Prêtre démettre la main sur la chose sanctifiée.
La quatrième , c'est l'engagement à l'immolation, dont la conséquence est que la chose est due à Dieu , à qui elle est déjà destinée comme victime , en vertu de sa sanctification et de sa consécration.
La sanctification des victimes légales se faisait avec certai[ies cérémonies. La victime était menée à la porte du Temple, et là on lui imposait la main. Lév, 1.