XXVIII. Comment Jésuê- Christ a accompli
toute la loi et toutes les figures
des Sacrifices.
Jésus-Christ n'a jamais été Prêtre d'un autre ordre que de celui de Melchisédech. Mais quoiqu'il ne fût pas Prêtre de l'ordre d'Aaron , il a néanmoins rempli et accompli toutes les figures et tous les sacrifices de Tordre d'Aai on , aussi bien que de celui de Melchisédech , en faisant selon la vérité ce qui était figuré par les sacrifices de ces deux ordres.
La ressemblance du sacrifice de Melchisédech [)araît davantage dans les deux dernières parties du sacrifice de Jésus- Christ, qui sont la consomnnaiion et la communion, comme nous les avons expliquées; parce que c'est par sa résurrection qu'il est dans un état immortel , et qu'il est un Sacrificateur éternel et toujours vivant, afin d'intercéder pour nous. Quant aux trois premières parties de son sacrifice , qui sont la consécration, l'oblation et l'immolation , les sacrifices d'Aaron étaient par toutes leurs circonstances des figures plus expresses et plus sensibles du sacrifice de Jésus-Christ : sacrifice qui est si parfait , que ne pouvant être représenté par un seul sacrifice , Dieu en a institué plusieurs pour le représenter chacun selon quelques-unes de ses circonstances. Et quoique les anciennes figures, qui ont été accomplies exactement par Jésus- Christ , fussent si diversifiées et en si grand nombre, néanmoins elles ne représentaient qu'une partie de ce que Jésus-Christ a fait sur la terre : plusieurs de ses actions n'ayant point été figurées dans l'ancienne loi par aucune cérémonie ni par aucun sacrifice.
Quand on dit que Jésus-Christ a dû accomplir, et qu'en effet il a accompli les figures anciennes de la loi, on ne veut pas dire qu'il fut obligé d'observer toute cette loi de Moïse à la lettre comme les Juifs ; mais c'est qu'il en devait accomplir la vérité et nous donner les biens véritables re[)résentés par ces figures, qui étaient le partage des Juifs. Par exem|)le, Jésus-Christ n'était point obligé de donner des moutons ou d'autres animaux pour être immolés à Dieu; mais il était obligé selon l'ordre de son Père de se donner lui-même, comme la véritable victime, seule capable de satisfaire à Dieu par son immolation pour nos péchés. Il en est de même par rapporta l'Agneau pascal; car il n'était point obligé de l'immoler, ni de le manger selon la loi : mais comme il était lui-même le vrai Agneau , il devait être immolé à Dieu pour les péchés du peuple, et puis mangé par le peuple même , afin qu'il communiât à ce sacrifice. Nous devons dire la même chose à l'égard du sacrifice de Melchisédech. Jésus-Christ ne devait pas simplement offrir du pain et du vin, comme Melchisédech, mais offrir le vrai pain et le vrai vin de la vie éternelle.
c'est-à-dire son corps et son sang qu'il donna en effet à ses Disciples et en leurs personnes à toute son Eglise sous les apparences du pain et du vin ordinaires, montrant que le sacrifice de Melchisédech avait été la figure de son sacrifice, et quant à la manière dont il l'accomplit alors, et quant à sa dernière partie qui est la communion , pour laquelle l'Eucharistie est instituée.