‹ L'idée moderne du droit (volume 2)Chapitre 27 sur 77 · La Réforme intellectuelle^ préface. Paris · texte numérisé non relu

La Réforme intellectuelle^ préface. Paris

156 LbûÉË MOÛBRNE BU BROITT

tcaine.^^Matgrèoes pjBfisemblanGefiimémefiyiiûnBtCrqyons qu'il y a îentpe Tesprit américain .et Tei^prit irançais des différenxtes encore plu6 profondes quî «e «ont manifesiées dans les «deux jévolations. vOn sait leiràle qu'ont joué les affiEdres d'impôt, la question du ihé, dans l'insusFection des États-Unis. Et qubI contraste dans .la .manière de procéder chez les deux .peines, quand il s'agit d'inscrire les droitsdes.citoyens en tête des constitutions ! La méthode américaine va chercher d'État .en État les ipriuic^pes que chacun .reconnaissait antérieurement jiour son compte; on les résume, on Jes généralise comme on peut, on en construit enfin .à posteriori laiormule totale qu'acceptera la fédération, et où régalité, :sin^ple conséquence, se trouve assez maladroitement placée avant la liberté. Est-jceiàla meilleure méthode? Ce n'estipas. encore le moment de le juger; ce qui est certain, c'est que les Américains étaient et isoût encore toat pénétrés del?e^pritj)urementempirique des Auglais, qui. songe beaucoup ^plus Â.lni-fméme qu'à Inhumanité. Xes Anglais ne .font pas des déclarations de droit, *mais .ce qu!ils appellent des j)iàtitions\, Lesouvriers mèmesi, en.A^gleterrQj^qnand ils .demandent des iréCQrmes,,6?en tiennent à .eu%, Si leurs •camarades,, A leur .atelier^, à leurtcité,, et Jie

1. in y a>idii<TFaiidaiid ce>i(iiie- disait Henri. Ueine : « C'tst dans le.&ens.le plus étroit de l'esprit de cor;)oratioa que le peuple anglais demande sa liberté., e'est-à-dire ses libertés «ecoriiéesrpar< chartes et,priYii4ge^; la.iil)erté7Eaiiçai8e,

l'espret français '.eu ,l!idée du droit 159

songent /{XResqueJamais à, géaéraliser, à demander. des réfonmee .de «principe.: les^gucfitioiis demeurent donc ponr euxtlooaleB au lieu de devenii;, Gomme,pour.Kou- YisBôr jùranoais, nonTseulement des gueslionfi .sociales, maïs iinâme,)plnfi généralement encore, la question soûiale. Quant aux Allemands, ils n'ont jpafiimontré non.pLufi dans leurs .essais (dlind^pendanoe le désintéressèment de volonté, renthouaiasrae déraison ijni, en d^pit de ses.abus, a élevé .si liant la France. « Au sein.de cette Allemagne jihilosqpliigue et poétique, dit 'Hein^, le ipeuple demeura encroûté dans.la pensée.la plus épaisse, tot. s'il se querellait quelquefois, avec les autorités, lil tétait itoujours question de.groasières réalités, de.souflQEances;matérielles, d'impôts écrasants, de .douanefii, de dçgâts de gibier, .de jpéa^es, etc„ .etc,; pendant .que -dans la Erance j)ralique;le peuple,, élevjé .et dirigé par les .écrivains, .combattit beaucoup pins jpour des intérêts intellectuek, ipour« des ipensées philosophiques. » Ges témoignages d'observateurs si diyers.aboutissant àiune mêmeconclusion nousrsemblent justifier lès pairoles que, dans un mouvementvde.nohle .âarti^, iMicheletadJRessait aux .détracteurs, de notre :pa'

ItteitétfnUejQiir le genre hiimaii^, libeitéidontitout r.uniYefB,il«s titres ide huiaisoD à la main, se mettra un- jour en possession, est esseniiellement et pour ellemême tdteiise «ux Anglais Ceux-ci ne connaissent qu'une liberté anglaise, liberté anglo-historique, patentée à l'usage des sujets par Sa Majesté le roi de la Grande-Bretagne, basée sur quelque Tieille loi, par exemple du temps de la reine Anne. » {La France, p. 205.)

trie et qu'on pourrait de nouveau leur adresser aujourd'hui : € Si l'on voulait entasser ce que chaque nation a dépensé de sang et d'or et d'efforts de toute sorte pour les choses désintéressées qui ne devaient profiter qu'au monde, la pyramide de la France irait montant jusqu'au ciel, et la vôtre, ô nations, toutes '.antique vous êtes, l'entassement de vos sacrifices irait au genou d'un enfant*. »

La guerre môme, la guerre où se plaisaient nos ancêtres de Gaule, n'est vraiment populaire en France que si elle s'ennoblit de quelque idée désintéressée à soutenir, de quelque grande cause à défendre, honneur, liberté, droit. C'est un despote habile qui a dit avec profondeur : « La France est le seul pays qui fasse la guerre pour une idée, » et nos gouvernants le sentirent si bien qu'ils cachèrent toujours l'ambition de leur politique militaire sous quelque idée de dévouement à la liberté commune, d'émancipation pour les peuples, de secours aux nations opprimées. Ils savaient que € Pâme du peuple » ne les suivrait pas s'ils ne Tentrainaient au nom de l'idée du droit.

C'est ce désintéressement de la volonté, produit luimême par la généralité de son objet, qui explique à son tour aux yeux du psychologue le caractère en quelque sorte contagieux de notre esprit national, sa

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