INTRODUCTION
que rAllemagne, par les spéculations de ses méta^ physiciens récents et par les actes de ses politiques, parait absorber le droit dans la force supérieure, matérielle ou intellectuelle; tandis que l'Angleterre, par la voix de ses économistes et par sa pratique habi^tuelle des affaires, réduit le droit à Pintérôt majeur, la France, par les doctrines de ses principaux philosophes et de ses jurisconsultes, en dépit des contradictions et des défaillances de sa politique, en dépit de ses infidélités à sa propre tradition et de ses engouements pour rétrangqr, la vraie France, disonsnous, celle des Montesquieu, des Turgot, des Rousseau, celle qui aujourd'hui encore pense et espère en se souvenant de son passé, a toujours placé le fondement du droit et de la philosophie sociale dans ce qui est en même temps le principe de la philosophie morale : la raison et la liberté. De quel côté est le vrai, et quel est le peuple qui représente l'avenir ? Grave question que l'avenir peut seul résoudre, mais qui s'impose dès à présent aux méditations de tous.
Nous commencerons par appeler l'attention sur la manière dont l'Allemagne contemporaine se figure le monde humain : il n'est ni sans intérêt ni sans utilité de savoir où elle va et où elle doit aboutir. Que serait la société , si elle était organisée à la manière allemande? Gomment nos voisins conçoivent-ils les rapports du droit avec la force matérielle et avec cette
LIDEE MODERNE