‹ L'idée moderne du droit (volume 3)Chapitre 39 sur 73 · I. LE CÔTÉ VRAI DU NATURALISME · texte numérisé non relu

I. LE CÔTÉ VRAI DU NATURALISME

Notre jjhilosophie traditionnelle, qui a tant de fois invoqué le sens commun, se fait en réalité du droit une idée peu commune, paradoxale même sur plus d'un point. Fondant le droit sur < le respect absolu de la volonté libre, > elle élève la personne humaine à un rang qu'aucune autre doctrine ne lui confère et qu'il n'est pas aisé de justifier au nom de l'expérience.

Les jurisconsultes disaient autrefois du souverain, — roi, empereur ou dieu : € Il est la loi vivante ; » selon la doctrine de la révolution, ils devraient dire maintenant de l'homme et de tout homme : « Il est le droit vivant. » Kant ne faisait que commenter Rousseau et la révolution en disant : € L'homme est une fin en soi. » Si l'homme avait ce haut rang dans la nature, à ce prix seulement pourrait se réaliser son « inviolabilité, » car un être n'est inviolable que si on ne doit pas, par ruse ou par violence, le faire servir d'instrument à un but étranger. Par cela même, l'homme serait vraiment objet de « respect ; » car le respect est le sentiment produit par l'idée d'un être qui, ne pouvant être assujetti aune fin plus haute, doit demeurer maître de soi. Les philsophes et les législateurs de la

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