THÉORIE DU DROIT IDÉAL
ourd'huî battu en brèche de toutes parts ; il est essentiel de le soumettre à une analyse attentive. Nous essayerons d'être aussi peu abstrait que possible; toutefois, dans ces difficiles problèmes, il est des abstractions nécessaires à la rigueur de la sdenœ. Ni en Allemagne ni en Angleterre, où se produit de nos jours un nouvel essor de la pensée, on ne recule de-; vaut les considérations parfois abstruses sur lesquelles repose la philosophie politique et sociale ; le public français, fidèle à Tesprit spéculatif de notre pays, ne saurait sur ce point rester^ en arrière ni négliger cette recherche des principes sans laquelle le droit et la politique appliqués risquent de s'égarer. < Quand j'ai eu découvert mes principes, disait Montesquieu, tout le reste est venu à moi. »
Le droit fondé sur la liberté morale, tel qu'on l'entend dans notre pays, est-il une réalité? S'il n'est pas une réalité, est- il du moins un idéal? S'il est un idéal, est-il réalisable? — Telles sont les trois questions intimement liées que nous examinerons d'abord. Nous nous demanderons ensuite si la doctrine française, une fois rectifiée et prise en un sens supérieur, ne pourrait pas se concilier avec les doctrines allemande et anglaise.