‹ L'idée moderne du droitChapitre 21 sur 84 · SYSTÈMES INFLUENTS DE ^ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

SYSTÈMES INFLUENTS DE ^ALLEMAGNE

l'ont cédé en rien aux autres. « Une intelligence plus profonde de l'histoire nous a appris que c'est l'instinct d'expansion des peuples qui éclate dans l'ambition des conquérants, et qu'ils ne sont que les représentants d'aspirations générales. La suppression de la guerre n'est pas moins chimérique que la suppression des orages, et ne serait pas moins dangereuse. JJ ultima ratio des peuples sera, dans l'avenir comme par le passé, le canon. »

Ea théorie hégélienne de la guerre, par un progrès

de la conscience universelle et d'une direction permanente. L'obligation intérieure d'obéir à cette injonction est le devoir d'obéir. » Stahl aboutit au droit historique. « Le droit et le droit positif, ditril textuellement, sont une seule et même idée. Le droit est une réalité: son svstème doit se fonder non sur des catégories logiques, mais sur des faits, sur le fondement positif de la vie humaine. » — « Les principes régulateurs du droit ne sont pas des règles qui se rapportent à des caractères logiques universels, mois c'est la nature particulière et le mobile des institutions juridiques. La manière dont Jes règles particulières procèdent de ces principes, comme de leur cause déterminante, forme une connaissance qui doit être historique. » La conclusion est l'absolutisme royal. « Un roi, dît-il, ne doit pas porter le nom de son peuple, mais bien celui du pays à la tête duquel Dieu l'a placé. Le roi n'est ni le premier fonctionnaire public, ni le mandataire de la nation; il est le représentant de Dieu et tient son pouvoir de Dieu Les peuples ne peuvent ni faire ni défaire les rois. Un roi est roi par la grâce de Dieu et non par la volonté du peuple. Le gouvernement, il est vrai, doit être paternel ; mais, s'il ne Test pa3, le peuple alors doit supporter avec patience et humilité le malheur d'avoir un roi indigne et incapable, car c'est justement la malédiction de l'existence temporelle que l'humanité ne soit pas régie par Dieu lui-même, ce qui a lieu dans l'existence éterneUe. » Cette théorie rappelle, dit Bljintschli, les hommes qui repoussent les paratonnerres et les compagnies d'assurances, comme empêchant la réalisation de la volonté providentielle.

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nouveau, ne pouvait manquer de se combiner avec la théorie germanique des races et avec le système de Darwin plus ou moins bien interprété. A la puissance des individus, à celle du temps, à celle des peuples, succède la force des races, et par conséquent le droit des races que la lutte des nations fait surgir. Sous cette nouvelle forme, le droit de la victoire essaye de se justifier absolument en se révélant comme la loi de la nature entière. Pour faire le triage des espèces qui méritent la vie et de celles qui doivent périr, la nature n'a eu qu'à laisser agir, à travers les longues périodes des anciens âges, les lois mécaniques de la force; cette apparente brutalité est sagesse, cette force est droit. Les^plus forts en effet ne sont-ils pas ceux qui, grâce à une supériorité naturelle ou acquise, se trouvent le mieux en harmonie avec les conditions nouvelles de l'existence, et qui, dans le mécanisme de leurs organes, ont devancé l'avenir? Les grands arbres étouffent les petits et leur enlèvent la lumière du soleil avec la sève de la terre; mais c'est en se nourrissant des débris de ces arbustes inférieurs qu'ils dressent de plus en plus haut leur tête, signe d'une race perfectionnée. La même loi de guerre et de sélection mécanique régit l'humanité. « Dans le monde de l'homme comme dans le monde animal, ce qui règne, disait Schopenhauer, c'est la force et non le droit.... Le droit n'est que la mesure de la puissance de chacun '. » M. Alexandre Ecker aboutit aux mêmes conclusions dans son étude sur la sélection naturelle appliquée aux peuples* « La

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