‹ L'Identité: Au point de vue judiciaire: Son histoireChapitre 55 sur 68 · TIRE · texte numérisé non relu

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dévouement par sa femme. C’éfait avee Eugène Picault une seule et même personne. Sa malheureuse femme se décida, en 4880, à demander au tribunal de la Seine l'annulation de son second mariage. Elle n’eut pas de peine à démontrer l'identité et l’extraordinaire aventure de son mari et obtint gain de cause.

VII, — FRAUDE EN MATIÈRE D'ASSURANCE SUR LA VIE. SUBSTITUTION DE PERSONNES (AFFAIRE SCHEURER- CASTELNAU.).

Parmi les nombreuses fraudes que les assurances sur la vie ont fait naître, quelques unes devaient nécessairement soulever la question de l'identité. C’est ainsi qu'à Londres, en 4880, le cadavre d’un inconnu fut inhumé pour celui d’une personne très fortement assurée : la substitution fut d’ailleurs reconnue (1).

Le même fait se produisit un peu plus tard à Meudon. Le 20 novembre 1883, trois compagnies anglaises auxquelles s'était assuré pour plus d’un million en faveur de sa maîtresse un certain baron allemand, fort mal dans ses affaires, Scheurer, apprirent la mort de leur assuré et, malgré quelques doutes et quelques recherches infructueuses, se virent obligées de payer. Mais, en 1887, le parquet de Seine-et-Oise recevait une dénonciation anonyme extrêmement précise, et, au mois

(1) Gazelle des Tribunaur, 27 avril 1888.

(2) Tourpes, Article « Identité » dans le Dictionnaire

de Dechambre et Lereboullet,

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de septembre, on acquit la certitude qu'un Suisse, Paul Glockener, âgé de trente ans, très misérable et phtisique au dernier degré, avait été transporté au domicile du docteur Castelnau, médecin à Meudon. Celui-ci, de connivence avec Scheurer, qui avait préalablement contracté neuf assurances sur la vie, était parvenu à se procurer, sous prétexte d’une nouvelle méthode de traitement à essayer et par l'intermédiaire d'un pharmacien eomplaisant, le malheureux Glockener, agonisant, qu'il avait installé chez lui sous le nom du baron Scheurer, et qui, ne pouvant déjà plus parler, fut visité trois fois par un autre médecin, le docteur Chanu. Le 20 novembre 1883, le malade était mort; le médecin de l’état civil était venu faire sa consultation dans une pièce très sombre; la déclaration du décès de Scheurer avait été faite par des témoins auxquels il était parfaitement inconnu, et on avait pris soin de déposer le cercueil dans la fosse commune. Après quoi, les assurances ayant été payées, Castelnau avait reçu vingt-cinq mille francs sous couleur de remboursement de frais.

L’instruction ayant ainsi rendu le crime évident, on apprit que Scheurer s'était tué à Côme le 22 octobre 1887 en laissant une lettre d’aveu, et la Cour d’assises de Versailles eut à statuer su toute cette affaire. Elle n'ordonna même pas l'exhumation du cadavre de Meudon: outre que la chose aurait été difficile, le cereueil ayant 6t6 à dessein déposé dans la fosse commune, ce supplément de preuve parut inutile. Par arrêt du 26 avril 1888, Castelnau fut condamné à huit ans de réclusion pour le fait de substitution de cadavre, de faux en écritures publiques et d'usage de faux,

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