SENSIBILITÉ TACTILE
visite, la pcLile Espa... Maria, âgée de quinze ans et demi, idiote et épileptique, nous a prouvé que la sensibilité persiste chez elle. Elle nous est arrivée avec un panaris du pouce en agitant son doigt et nous montrant d'un signe qu'il fallait y donner un coup de bistouri et que cela serait douloureux.
Cependant la température provoque, chez les idiots, des phénomènes particuliers que je dois vous signaler en passant. Ainsi, pendant l'hiver vous voyez quelques idiots tomber dans un état de torpeur physique et intellectuelle qui les fait ressembler aux animaux hibernants. Ils demeurent tout l'hiver dans cet état particulier pour ne secouer leur torpeur qu'à la chaleur du printemps ; inversement, chez d'autres, l'été et la chaleur de la fièvre provoquent un certain degré d'excitation cérébrale qui peut même parfois donner l'illusion d'un peu d'intelligence.
A côté de ces individus qui ne paraissent pas avoir de sensibihté tactile, il en est d'autres qui, bien qu'insensibles à la douleur, doivent éprouver une sensation agréable à toucher certains objets, à les manier en tous sens et à répéter constamment les mêmes gestes, qui deviennent chez elles de véritables tics. Voici trois malades du service que j'ai choisies entre les autres pour vous les montrer, car elles sont un exemple frappant de ce que je viens de vous dire.
Grim... a sans cesse des cartes, des images ou des morceaux de papier à la main; elle les palpe, les porte à son nez avec rapidité, et frappe les
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doigts avec ces objets et met sa rauin entre ses cuisses pour marquer sa joie. Elle semble prendre un plaisir extrême à ce manège bizarre qu'elle répète toute la journée.
Marie Mant..., dite Marie au café, est une bonne grosse idiote dont la plus grande satisfaction est de tourner en ses mains un œuf en bois dont on se sert pour repriser les bas ; en même temps elle aussi le porte à son nez comme pour le sentir.
Mill..., Blanche, qui a de nombreux tics, aime par -dessus tout à tourner et retourner en tous sens des clefs qu elle porte à sa bouche et surtout à son nez.
Chez ces malades, cette sensibilité spéciale du tact est associée à l'odorat. Le plus souvent, ce sont la vue et le tact qui sont plus facilement éducables.
Chaque idiot présente ainsi des associations de sensations et de perceptions, très simples en général comme vous le voyez, mais qu'il importe de bien reconnaître, car on doit précisément les utihser, comme le fait remarquer Séguin, dans l'éducation des idiots. C'est autour de ces minimes facultés, si j'ose m' exprimer ainsi, prises comme centres, que doivent rayonner les efforts pour tâcher de réveiller et d'éduquer les autres facultés endormies, si elles ne sont pas absentes.
En revanche, vous comprenez facilement que si ces arssociations de perceptions restent limitées, il y a là une puissante cause d'arrêt du développement intellectuel.
Nous devons signaler aussi les individus at-