‹ L'idylle de Marie Biré: romanChapitre 5 sur 7 · ÉPILOGUE m · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE m

raient plus sa physionomie avec le brillant i'autrefois, les rides ne creusaient pas trop son visage grassouillet, toujours bon et accueillant. Ce fut Marie qui lui adressa la parole. Elles causèrent sans aucun embarras.

^ — Tiens, sœur Clara!... Vous n'êtes donc plus chargée de la porte du couvent?

— Si, Marie, mais c'est samedi la Sainte- Catherine, et j'ai dû aller chez Mme Guitton-Lambert louer des costumes de théâtre... On va jouer Les Macchabées**^ Elles savent déjà toutes leurs rôles.. 4 cela va être superbe!

— Ah! la Sainte-Catherine, — dit Marie, — * On s'amusait ce jour-là I... Est-ce que c'est encore aussi gai ?

— Oh ! bien davantage, — affirma sœur Clara avec l'entrain des enfants qui croient toujours au jeu du moment, — car depuis vous il y a de nouvelles distractions que les dames de la ville nous ont apprises... Et puis, de bonnes personnes envoient, le matin de la fête, pour nos petites filles, toutes sortes de gourmandises... Il nous arrive jusqu'à des beignets et des œufs à la neige^ des brioches et des pots de confitures... Notre maison est un vrai magasin de pâtisserie et de confiserie... Pensez! quelle joie pour nos enfants!... ^

— En effet, — dit .Marie, — nous étions moins gâtées de mon temps I

— Ohl vous pensez bien que Mère Supérieure ne pourraitpas débourser ce qu'il faudrait pour tant de choses... Dans nos maisons, il faut de Tordre et de l'économie... Sans cela, comment joindre les deux bouts?

— Vous n'avez pas changé, sœur Clara, il me semble que je suis encore petite fille lorsque je vous regarde.

— Ohl je suis bien vieillie, et je m'en aperçois, allez!... Cependant, grâce au bon Dieu, je ne me porte pas trop mal... On n'est plus jeune à mon âge... Je n'ai pourtant pas été meilleure que les autres pour que le bon Dieu me protège ainsi.

— Vous!... vous êtes bonne comme toutes les âmes du ciel réunies... j'en sais quelque chose... et vous devez avoir votre récompense, ce n'est que justice!

— J'ai bien aimé nos petites filles, les dissipées comme les sages... Chacune a son caractère, n'estce pas?... Et j'ai obéi à mes supérieures... J'ai donc la conscience tranquille.

— Et scéur Candide? — interrogea Marie.

— Oh! la pauvre petite sœur, elle est bien changée, elle, et vous ne la reconnaîtriez pas... Elle était vieille, vous savez! mais ça ne se voyait pas.,. L'âge l'a prise tout d'un coup... Elle est toute courbée, elle porte des lunettes bleues, et comme ses forces Tant quittée, elle n'a pu continuer à diriger lea

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