‹ L'idylle de Marie Biré: romanChapitre 6 sur 7 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

petites... Heureusement qu'elle est un peu en enfance, la chère sœur!.., elle n'a pas souffert du changement... Elle aide à garder les vaches dans le clos et elle va promener les chèvres... Elle a toujours sa dévotion au petit Jésus, qui la console de tout... Elle est aussi douce maintenant avec les animaux qu'autrefois avec vous autres... Quand elle emmène les chèvres, elle leur dit si gentiment : « Allons! les petites brebis du petit Jésus!... allons nous promener ensemble sous les yeux du petit Jésus!... » C'est une sainte à qui il ne manque plus que la rai~ son, mais elle n'en a pas besoin pour être heureuse!

— Et sœur ÉHsabeth?

— Elle dirige maintenant la classe des grandes, et remporte, dans les examens que Mère Ursule fait passer chaque année aux élèves, de grands succès!

— Ah! oui, — dit Marie, — je savais la nomination de sœur Ursule en remplacement de Mère Saint-Louis de Gonzague.

— Oui, Mère Saint-Louis de Gonzague a eu son changement... elle était si maladive qu'elle a dû partir pour le Midi, dans une maison que nous avons à Aix.

— Et sœur Aurélie?

-— Sœur AuréHe, oh! c'est bien triste! elle a une maladie nerveuse, et elle e^t en butte à toutes sortes d'idées noires... Il faut la surveiller

comme un enfant... Elle occupe la chambre de sœur Apolline qui n'est plus de ce monde, et nos sœurs ont bien du mérite avec elle, car elle ne peut tenir en place, le contraire de sœur Apolline.

— Parle-t-elle toujours de l'enfer?...

— Oui, tout le temps, ma pauvre Mariel.». Mais pour dire qu'il n'y en a pas!

— Alors, elle est bien malade, en effet, — dit plaisamment Mme Lureau.

— Quant à sœur Geneviève, qui vous aimait bien, elle aussi, elle a dû renoncer à jardiner ellemême, mais on lui a laissé la surveillance de ce tra* vail, qu'elle entend à merveille... Malgré son âge, elle est bien plaisante et rieuse.

— Parce qu'elle est bonne aussi, — dit Marie. — Et sœur Agnès?

— Sœur Agnès s'occupe de la chapelle... Ses yeux se sont fatigués à l'ouvroir.

Marie guitta sœur Clara après lui avoir souhaité la continuation de sa bonne santé et l'avoir assurée de sa reconnaissance.

— Ohl vous savez, — répondit sœur Clara, --' quand on est sœur tourière, si Ton a un pied dans le cloître, on a l'autre dans le monde, et l'on est moins sévère sur bien des choses, on n'est guèr'" qu'une demi-sœur.

— Que noni — dit gentiment Marie, — et l'c devrait vous appeler Mère Clara, au contraire I

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