C 2) | | ( DD
ments précis, ils ont dû rester dans le domaine des conjectures et des hypothèses.
Ainsi, par exemple, quelle date faut-il assigner à cette journée heureuse de la vie de Rousseau ? En quel endroit a-t-il rencontré ses deux aimables compagnes et traversé un ruisseau ayant de l'eau jusqu'à mi-jambes ? Quelle était cette demoiselle Galley à qui il eût voulu jeter ses lèvres ? Et l'idylle du cerisier elle-même, ne serait-elle, comme on l’a supposé, qu'une invention de son imagination ?..
Ces questions, que l’on se pose encore aujourd’hui, nous avons cherché à les élucider, du moins dans la mesure où c’est possible.
Nous avons, dans ce but, fouillé de nombreux minutaires de notaires — ces archives de la vie familiale d'autrefois — ; consulté des plans, des généalogies, compulsé des rapports administratifs de l’époque, et ce sont les résultats de ces recherches que nous allons exposer dans cette étude.
Pour procéder avec clarté et méthode, nous suivrons Rousseau pour ainsi dire pas à pas depuis son départ d'Annecy jusqu’à son retour, en reproduisant, par tranches et en italiques, le texte des
2 mme men 4) (7 someone oem L'IDYLLE DES CERISES 3
Confessions que l’on voudra bien nous pardonner de disséquer ainsi. Nous présenterons, au fur et à mesure, les documents ou indications que nous avons pu découvrir et qui sont de nature à corroborer le récit et nous tâcherons, enfin, de tirer les conclusions les plus vraisemblables 1à où le doute pourrait subsister.
C’est au retour de son voyage à Lyon avec Nicolas Le Maître, maître de musique de la cathédrale d'Annecy, qu'ila fait sa promenade à Thônes. On sait qu’à la suite d’une discussion avec l'abbé de Vidonne, chantre du chapitre de Saint-Pierre, Le Maître s'enfuit d'Annecy, emportant sa musique, pour laisser les chanoines dans l’embarras au moment des fêtes de Pâques, où l’on avait le plus besoin de lui et de ses cahiers. Sur le conseil de M” de Warens, qui avait, comme on le croit, des raisons pour l’éloigner d’elle, Jean- Jacques accompagna son professeur à Lyon, où il l’abandonna deux jours après leur arrivée pour
revenir en toute hâte à Annecy.
50% € EEE TS
Pendant ce temps, M* de Warens était allée à Paris et l’on sait par plusieurs lettres échangées au sujet de ce voyage et publiées depuis, qu’il eut lieu en 1730.
Ne pouvant retourner habiter à la maîtrise qu'il avait désertée avec Le Maître dans des conditions si bizarres, ni chez M°”° de Warens, qui était absente d'Annecy, Rousseau demanda à son ami Venture de Villeneuve de partager sa chambre. Ce dernier, qui avait été musicien à la maîtrise, habitait chez un cordonnier plaisant et bouffon personnage dont nous n'avons pas encore pu identifier le nom ni la demeure.
Venture était en ce moment brillant et fêté dans tout Annecy ; les dames se l'arrachoient. Pendant ce temps Jean-Jacques, n'étant plus séminariste ni enfant de chœur à la maîtrise, ne savait que faire. Dans son désœuvrement il alla se promener dans la direction de Thônes ce matin où « l’aurore lui parut si belle » : ef mot j'allois me promener seul, médilant sur son grand mérile, a0mirant, convoitant ses rares lalens, et maudissant ma maussade étoile qui ne m'appeloit point à celle heureuse vie!
Il est donc ainsi établi que la journée des cerises appartient à l’année 1730.
DE
so EM
SHOKSKOKEOKE
De