LE DÉPART
L’aurore un matin me parut si belle, que m'élant habillé précipitamment, je me häâtai de gagner la campagne pour voir lever le soleil. Je goûlai ce plaisir dans tout son charme; c’éloit la semaine après la Saint-Jean. La terre, dans sa plus grande parure, éloit couverte d'herbe et de fleurs ; les rossignols, presque à la fin de leur ramage, sembloient se plaire à le renforcer; tous les oiseaux, faisant en concert leurs adieux au printems, chantoient la naissance d'un beau jour d'été, d'un de ces beaux jours qu'on ne voit plus à mon âge, et qu'on n'a jamais vu dans le triste sol où j'habite aujour-
d'hur.
Nous connaissons l’année, essayons maintenant de trouver le jour de la promenade.
Notre regretté père, Eloi Serand, qui avait cherché à fixer ce point de l’histoire de Rousseau