SOUVENIRS EN FLEUR
O printemps morts, avrils défunts Pleins de baisers et de parfums.
Rendez-moi vos délicatesses.
Oh! revenez, et fleurissez Mon àme morne et ses tristesses, Souvenirs des amours passés !
164 L'Idylle éterneUc
Elle était pâle, elle était iréle Comine tin lis qui va s'entr'ouvrir, Et l'on croyait sentir en elle Quelque chose qui va fleurir.
Elle était gracile et petite Et son souvenir délicat Se parfume de clématite, De verveine et de seri-ngat.
Et je la retrouverai toute, Avec d'inutiles sanglots, En cueillant au bord de la route Un lilas blanc à peine éclos.
L'Idylle éternelle i6 =
La mignonne cnLuu que j'adore M'envoie un œillet et je sais Que des souvenirs de baisers M'attendent là, lièdes encore.
Dans l'humiditc de la fleur Il reste un doux parfum de lèvres; l'y retrouve, ô charmantes fièvres.
Sa délicieuse pâleur.
l'y colle ma bouche enflammée Comme sur sou sein blanc et nu.
Cher petit œillet, que n'es tu Le sein blanc de ma bien aimée :
L'Idylle étenielh
Plus sentimental qu'un Clitandre, Je crois au langage des fleurs Et, subtil, je sais bien entendre Leurs chers aveux ensorceleurs.
La rose est amoureuse et tendre Et la rosée y met des pleurs ; C'est sans doute de trop attendre Q.ue les grands lys ont ces pâleurs.
L'Idylle éternel le 167
Do douces choses soin écrites Dans les feuilles des marguerites Et les pétales des lilas ;
Ht ces délicats interprètes
\e sont jamais trompeurs, ni las
De guérir nos peinei secrète?.
i68 L'IdjUe cleirtellt
Par un doux temps de rêveries Où nos âmes étaient fleuries, Je m'étais mis, pour mieux te voir.
A l'autre bout de la terrasse ; Tu me regardais de la place A travers la clarté du soir.
Pour ne pas troubler les fauvettes Mes lèvres s'agitaient muettes, Mais, lisant sur mes lèvres, rien Ne t'échappait de tous leurs signes.
« Je te hais ! » firent ces malignes. Tu répondis: i< Je le sais bien. •'
LLîyîIe ctcrneUe 169
Le plus ancien de les bouquets, Fleurs sous de longs baisers décloses, Etaient-ce des œillets, des roses, Je ne sais plus, ou des muguets ?
Mais, ô délicate tendresse, Ces trois brins, je le sais cncor, litaicnt liés par un tîl d'or Arraché de ta blonde tresse.
Ht ce lil d'or, ce léger lil Pour charnier à jamais mon dme M'apportait ton parfum de fenmie rius que celui des fleurs subtil.