‹ L'Idylle éternelleChapitre 34 sur 38 · L'AIMEE · texte numérisé non relu

L'AIMEE

Quand ce mal terrible brûla Les pâles roses de ta bouche Et qu'il te tordit sur ta couche.

Pauvre ange, je n'étais pas là.

duand la mort frappait à la porte.

Je n'étais pas là, sur le seuil ; J'aurais su, voyant un cercueil, Qiie ma seule aimée était morte !

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Ce n'était pas moi qu'appelait Pendant celte agonie affreuse Ta plainte lente et douloureuse.

Ton souffle Aiible qui râlait ;

Ht quand ton père vint, très pâle, Sa voix aimée emplit tes yeux De pleurs doux et délicieux, Un sourire coupa ton râle.

Et pourquoi, pauvre ange, pourquoi Aurais-tu mis dans la souffrance Ta suprême et frêle espérance Et ton dernier recours en moi ?

Qui. pourtant, angoisse infinie, De loin, sans te voir, sans pouvoir T'adoucir l'heure, et sans savoir.

Souffrais toute ton asonie

Car tu dois toujours ignorer Qiie je pleurais et que je t'aime, Hélas ! et je n'avais pas même Le droit triste et doux de pleurer.

i6ô L Idylle éternelle

Pour avoir tant souffert, à l'heure Où les autres ne savent pas Que Ton peut, hélas ! ici bas Tant souffrir, ni pourquoi l'on pleure,

Pour avoir senti sur tes yeux La mort poser ses mains de glace Et le vent de son aile lasse Frissonner parmi tes cheveux,

Comme tu dois être plus belle Qu'aux jours limpides de jadis Où vers de jeunes paradis Ton âme frêle ouvrait son aile !

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Ton p.iuvrc petit corps (.fenrant Si délicat et si gracilo, La douleur a dû. trop habile, I."atïmer en le tiMturant.

Ta voix qui semble dans laurore Un oiseau prêt à s'envoler, (Quelque chose doit y trembler De plus doux, de plus triste encore.

l!t tes yeux, ange revenu De la lumière ou bien de l'ombre.

Gardent sans doute, reflet sombre, La vision de l'inconnu.

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