‹ L'idylle vénitienneChapitre 17 sur 39 · LE VERRE PEINT · texte numérisé non relu

LE VERRE PEINT

au creux du cristal, j'ai versé un peu d'eau-de-vie de Dantzig, on dirait qu'elles dansent la ronde autour d'un tout petit lac, jonché de feuilles d'automne.

L'EPJTAPHE

Dénouez le bouquet de violettes que j'ai glissé à votre ceinture... Effeuillezle... Jonchez-en ce tombeau! Jetez des fleurs à cette fleur !

HIC L1LIUM JACET

1740-1758 Elle s'appelait Zerlina, sans doute, ou

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Cattina, ou Zulietta... Elle avait, pour sûr, le visage fin, la taille souple, la gorge ronde ; et, cependant, Pietro Longhi n'a pas fait son portrait... Bernis, en un tendre acrostiche, n'a pas célébré ses fossettes... Seingalt n'a pas baisé sa bouche !

C'était un petit lis blanc...

Chaque soir, tandis que, dans sa chambre, elle récitait sa prière, le bruit lointain du carnaval ou le chant des sérénades lui arrivaient à travers la vitre, mêlés

au clair de lune. Un instant, elle se taisait, penchait la tête, tendait l'oreille, frissonnait un peu, puis reprenait son oraison.

Elle a dû mourir doucement, bien sage, bien calme et avec, aux lèvres, un gentil sourire... De quoi aurait-elle eu peur? Le ciel l'attendait, si proche! Ne s'était-elle pas, la veille, confessée de toutes ses fautes... d'avoir, une fois, respiré trop longtemps une rose... de s'être trouvée jolie, en se regardant à la glace... d'avoir laissé la brise, — un jour

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d'été, sur Je balcon, — soulever le bas de sa jupe, frôler ses genoux et, comme une main fraîche et furtive, caresser sa chair secrète...?

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