SCENE X
AUGUSTIN, 5c«/.
Que ces gens-là me sont insupportables , il faudrait avec eux une patience d'ange... et je ne suis pas un ange! au contraire!., je me fâche... je m'emporte! je me batterais même sans trop de répugnance... Enfin , j'ai bien peur de n'avoir aucune vocation pour mon état... et comme dit le sergent, je serais peut-être un bon militaire... il me semble cpie mes mains sont plutôt faites pour distribuer des coups de sabre que des bénédictions... et ce n'est ])as tout, j'ai encore d'autres défauts, j'en ai un smtout, (|ui m'épouvante el dont je ne peux pas me corriger; mon séjour ici en est la pn'ine... je me rendais tran(|uillemcnl chc/ mon uiicle pour y passer les vacances ; en traversant ce village, j'aperçois à la fenêtre de cette auberge deux petites mains qui tricottaient. .. deux jolies petites mains, il nv. mm fallait pas d'avantage... et c'est là le défaut dont je parlais tout à l'heure.
Air : J'enlendtel la grile et la pluie. (Fiorella.)
Oui, la présence d'une femme , Jette le trouble dans mon cœur... Ta sa voix au fond de mon auic !
Porte l'ivresse el le bonbeur...
Etre divin !.. femme jolie !
Je brave un scrupule ennemi, Et baissant les yi'ux à demi A tun aipcct, moi je m'écrie
De l'avoir faite ainsi ,
Que le ciel soit béni.
Voilà potir(pjoi je suis entré dans l'anbcrgc. J'ai vu Lucienne! el depuis trois jours je; reste ici à la regarder, à la suivre des yeux... i«! vous demande s'il y a du bon sens?., d'autant jtins qu'elle ne fait pas attention à moi... je crois jnênie ipTclle me déteste... je ne lui plairai jamais sous ce vêlement biuislrc... cl pourlaut si elle sa-
L IF DE CROISSEÏ,
tait combien je l'aime... si elle savait! mais non! elle ne saura rien... il vaut mieux m'éloigner... faisons mes adieux à son frère et partons!.. [Remontant la scène.) N'est-ce pas lui que j'aperçois là-bas ?.. oui, Lucienne et Denise l'accompag-nent... conime ils ont l'air triste... leur serait-il arrivé quelque malheur? je veux le savoir et si je pouvais leur être utile...
Il se cache derrière l'if.