SCÈNE XI
AUGUSTIN, cacAé, LUCIENNE, DENISE eUOSEPH.
JOSEPH. Allons! allons! consolez-vous! qu(! diable ! il ne faut pas se chagriner comme ça...
DENISE. Nous consoler... Oh! jamais...
moi qui comptais tant sur mon parrain...
JOSEPH. Puisque ça ne se peut pas... aulieu de recevoir de l'argent , il en a déboursé... ce n'est pas sa faute... laissez-moi partir. Allez, on fait son temps et voilà tout.
LUCIEBIIVE. Oh! son temps... il y a Léonard le menuisier qui est parti avec les autres, il a fait son temps, Léonard... il est mort, voilà comme on fait son temps avec leur monstre d'Empereur.
JOSEPH. Veux-tu te taire!
LUCIENNE. Et si je ne veux pas me taire , moi...
AUGUSTIN, à part. Pauvre Lucienne !
LUCIENNE. Mon Dieu! est-ce qu'il n'y aurait pas un homme, un camarade assez bon pour te remplacer... oh! que je l'aimerais celui-là.
ÙENISE. Faut-il que mon parrain n'ait pas eu d'argent.
LUCIENNE. Mais , je donnerais tout ce que j'ai, moi ; ma croix d'or, mes boucles d'oreilles, mes fichus, mes collerettes, tout ce que je possède à celui qui voudrait partir.
AUGUSTIN, â part. A-t-elle un bon cœur.
JOSEPH. Tout ça ne ferait pas le prix d'un bonuTic...
LUCIENNE. Eh bien! moi, je ^aux bien Un lioiinnc peut-être , je vaux mieux qu'un homme... oh! bien sur... et s'il y avait la ([uclqu'un daii'^ le cas de te renq)la(;er... je lui dirais... partes pour mon frère... je serai votre femme.
AUGUSTIN, <l part. Il serait possible!
ItJCIENNE.
Air nouveau de M. C, Tolbeeque.
Vous le voyez.,, je suis jolie !
Rendez un frère à mon amour...
Oui, sauvez-le je vous en prie Et je suis à vous, sans retour.
DENISE
Par bonheur on n ' peut nous surprendre , Car si l'on entendait cela, Quelqu'un au mot pourrait te prendre* AUGBSTiN, d part.
Moi, je suis là...
Même air.
rtJCIENNE.
Je donnerais ma vie entière.
Pour payer un tel dévouement, Et sur la croix d'or de ma mère, Devant vous j'en fais le serment 1
AUGUSTIN , à part.
Au bonheur, je puis donc prétendre.