SCENE XV
LUCIENNE, JOSEPH, DENISE, pain AU(iUSTIN, REMI, PITOÎS, et Les CONSCRITS.
DENISE. Mon Dieu! que je suis heureuse! à présent que je n'ai plus peur.
JOSEPH. C'est comme un coup du ciel...
je ne vous en disais rien , mais ce n'était pas sans peine que j'abandonnais une si bonne sœur et une fian,^'ée comme toi... aussi, à présent, de peur qu'ils ne s'avisent de me rappeler, il iaut nous marier tout de suite.
LUCIENNE. El moi aussi je suis fiancée ! la fiancée d'un brave !
On entend au loin ta-ubour.
DENISE. Ah! ce sont les conscrits qui se mettent en route Ils regardent fous trois vers la gaucbe , et sjnt placés de manière à tourner le dos à l'if.
LUCIEWE. Dis-moi donc, celui qui te remplace doit être avec eux... si nous pouvions deviner lequel... examinons bien.
Pcndantcc temps Augustin est cntié par la droite, et s'approchant de l'if y prend la croix, qu'il porte à ses lèvres, en regardant Lucienne.
AUGUSTIN , à voix basse. Adieu !
Il disparaît.
JOSEPH. Tiens ! je ne me trompe pas !... c'est Pitois que je vois là-bas.
LUCIENNE. Pitois ?
DENISE. Mais, oui, c'est bien lui ! il regarde par ici.
JOSEPH. Il part avec eux... qu'est-ce que ça signifie ?
LUCIENNE, courant à Cif et plongeant sa main dans le creux. Dieu ! ma croix n'y est plus !
JOSEPH. Vraiment! quel soupçon? estce que par h sard ce serait lui !
LUCIENNE. Oui, mon iVère! j'en suis sûre maintenant... pauvre Pitois, c'est lui qui t'a remplacé.
On entend le tambour.
JOSEPH. Les voilà qui partent.
LES CONSCr.îTS, en dehors. Vive l'empereur !
Les conscrits défilent an fond, Rcmi à leur tète, et Pitois le dernier.