AUGUSTE, JOSEPH
AUGUSTE. Elle s'en va !.. sans m'adresser une parole; et toi ? ton embarras, celui de ta femme, m'expliqueras-tu ce que ça signifie?
JOSEPH, à part. Il faut lui toucher ça avec ménagement.
AUGUSTE. Mais réponds-moi donc, tu me fais mourir...
JOSEPH. Patience, mon lieutenant...
Supposez que vous allez recevoir un boulet dans l'estomac... ça viendra toujours assez vite.
AUGUSTE. Que dis- tu ? Lucienne me refuserait , elle me fuit, elle ne m'aime pas..
JOSEPH. IMa sœur, ne pas vous aimer!
par exemple, vous qui m'avez sauvé la vie, je voudrais bien voir ça... Non! . la seule difficulté, c'est qu'elle en aime un autre.
AUGUSTE. Un autre.
JOSEPH. Mon Dieu oui!..
AUGUSTE. Yoilà ce que je craignais.
JOSEPH. Un garçon de ce village, qui lui lai-ail la cour dans les lom|)s... Elle se mocjuail bien un peu de lui; mais il paraît que depuis c'est changé ; il a reçu d'elle des ])i(>nicsses, des 9ermens,el ma sœur tient toujours ses sermcns... Elle ne l'ail rien comme; les autres.
AUGUSTE. Dis plulôl qu'elle m'a indignenutil li(ini[ir... nïoi(|Mi l'ainie lant... mais je ne le souffrirai pa>, je ne dois pas le souffrir.
JOSEPH. Pcrmcllcz , iuoq lieutenant ;
l.M MAGASIN THÉÂTRAL.
ma sflpur no vous a rion promis , à vous ! taiulis (|ii'à ce pauvre l'ilois.
AKJlSTE. Pitois, qu'est-ce que c'est que que ça ?
JOSEPH. Tn imhrcillcqui ma romplaoé il y a trois ans.
AUGUSTE. Qui t'a remplacé? lui, Pitois?
JOSEPH. Oui, par amour pour Lucienne. C'est beau, n'est-ce pas?
M Gl STE. d part. Je n'y conçois rien; c'est une méprise !..
JOSEPH. Kt ce qu'il y a de terrible pour vous, ('est qu'ilrevient aujourcriuii de l'armée !.. Nous l'attendons d'un instant à l'autre.
AUGUSTE, Kt tu dis qu'elle l'aime!.. Tu en es bien sûr...
JOSEPH. Je ne l'aurais jamais cru... si elle ne me l'avait pas assuré tout à l'heure.
AUGUSTE. Non , non ! je ne puis le croire!., ce serait aussi trop de malheur après tout ce que j'ai fait... car tu ignores ma position et tu nepeuv comprendic.
JOSEPH. Mai- si, moti lieutenant ; et je suis désolé de n'avoir qu'une sœur, je voudrais en avoirunc douzaine pour vous donner à choisir.
AUGUSTE. Va! tout n'est pas désespéré., j'attends mon rival, M. Pitois!.. Je serai présent <|uand il arrivera... j'observerai et je verrai bien si ta sœin-. .. Oh non! elle ne l'aime pas, elle ne peut pas l'aimer.
JOSEPH, à part. Pauvre jenna homme!
il me fait de la peine...