SCÈNE VIII
Al GLSTE. REMI.
r.EMI. Ah! ça, mon lieutenant, je compte sur >ous, pour me déchiÛVer l'énigme ou je *iii- ploiij^r.
Al GLSTE. Uemi, je suis au désespoir...
r.KMl. l'ounjuoi donc ça, mon oUicier?
Al'GLSTE. Tu le vois bien, j)ane (|ne Luriciuif me rend !<■ pln> malheureux des liomnifi.
UEMI. .le n'y comprendsrien, elle ne sait donr p;i* qui vous êtes?
ALGLSTE. Eh! non, morbleu! je suis arrive i( i etimmel'anii d<- Jox ph que j'avai* vu a l'armée!., personne n'a recotnnj sous l'habit militaire le timide abbé d'autrefois, et par inie falalité inconcevable, ils s'im'ip'ineiil ton- (|iie Pilois est le remplaçant de Jo-cph.
UEMI. Ne pouvez-vous pas leur prouver le rotitrairp. ..
Al GISTE. Sans «lonir , j'ai des droits sur Lucienne... mais a\ant de les iain; \aloir je voulais gagner son cœur, ni'assincr de son amour.
EKMI. Jcuoc homme, vous doiniez dans
le sentiment, c'est un genre faux cl prétentieux : à votre place, j'aurais dit : me voilà... je suis un tel... épousez-moi, et que ça finisse...
AUGUSTE. Le ciel m'en préserve... en gardant le silence, j'ai du moins acquis la preuve qu'elle en aime un autre, et ee ri val préféré c'est Pilois...
REMI. Lui , ce clampin de Pitois... c'est im grippe-sou; à l'armée il a trouvé moyen d'entrer dans les vivres. ..il n'y a que là qu'il ait fait son service régulièrement.
AUGUSTE. G 'est possible! mais elle l'aime, tu en as été témoin tout à l'heure... elle l'a reçu avec tendresse, elle était joyeuse de son retour.
REMI. C'est pourtant vrai.
AUGUSTE. Et tu ne veux pas que je sois j furieux. |
REMI. Mais si fait , mon lieutenant à votre aise, cassez tout... brisez tout, ]v. vous aiderai ; ça rentre plus dans ma manière de voir.
AUGUSTE. Eh bien! non, à quoi me servi rait la colère, les emporlemens? d'anlant plus qu'il me reste un doute mie incerlilude... je veux encore tenter une dernière épreuve, et pour cela tu peux m'êlj:e utile.
REMI. Parlez, mon officier, vous savez si je vous suis dévoué.
AUGUSTE, tirant la croix d'or de sa poche. Voici sa croix d'or, le gage (juc j'ai reçu d'elle... tu vas le lui remettre...
REMI. De votre part.
AUGUSTE. Ganhî-l'en bien!., dis-lui que tu es chaigé de la lui rendre par celui (jui a remplacé son frère.
REMI. Rien de plus? M
AUGUSTE. Que désormais elle esl libre de ' tout engagement et qu'elle peut disposer d«! sa main.