SCÈNE X
Les Mêmes, LUCIENNE.
AUGUSTE, d part. Elle a remis sa croix.
LUCIEXNE, d part. 11 est encore là.
PITOIS. Adorable fiancée, [Mettant sa main dans sa poche pour en tire^' le cordon.) vous m'avez demandé le gage que j'ai reçu de vous.
LUCIENIVE. Et vous me l'avez renvoyé, je vous en remercie.
AUGUSTE, dpart. Ecoutons bien...
PITOIS. Je vous l'ai renvoyé? depuis peu ?
LUCIENXE. On vient de me le remettre à l'instant.
PITOIS. Qui ça? un de mes amis?
LLCIEMXE. N'était-ce pas convenu avec vous?
PITOIS. Nécessairement... car sans ça...
vous sentez (pie... elje vous demande pardon de ne pas vous l'avoir rendu moi-même, mais j'avais un motif...
I.UCIEUÎIV'E. Que je connais maintenanlet dont j'apprécie la générosité.
PITOIS. Vcus être bien bonne, Lucienne
LUCIENNE. Ne craignez pas que j'en abuse.... mais je désire avoir avec veus, làdessus, un entretien particulier.
Lt MAGASIN TlliATllAL.
PITOIS. Sur lo même .«uiotPtrcs bien!
(A part.) Il paiail (\uv ce n'ctail j^as le ruban... rt moi qui Tavai:? acheté... Heureusement, c'est à crédit.
LICIENXE. Jusque là . rien ne doit être chauffé dan,> nos dispositions, el vous pouvez dès à présent, fixerlejourde notre ma-
ri ajje.
AlT.lSTE. d part. Son mariage, allons!
tout e>t fuii, il n"y l'aut plus penser.
JOSEPH. Bah! rien ne presse, nous avons le temps.
PITOIS. Au contraire, marions-nous vi- Temcnt: d'abord, je ne pourrais pas rester long-lcnips comme ça, faisons une petite noce entre rions... point de dépenses... point d'étrangers, je ne crois pas que le lieutenant se soucie beaucoup d'en être.
AIGUSTE. Quand je le voudrais, ça me me serait impossible... je vais prendre
congé de vous.
Ll'ClEXXE. Vous parle?.. !M. Auguste.
.\UGLSTE. Dans un quart-d'heure, j'aurai quitté ce village...
LICIEXXE. Déjà!
Al GlSTE. II le faut.
PITOIS. bas à Lucienne. Ne le retenez pas, ça serait inallnmnête .
LiciEXXR. Ça suffit, monsieur...
JOSEPH. .Mon lieutenant, je n'insiste pas non plus... à votre place j'agirais de même...
ALGlSTE. Je vous laisse, pour aller faire mes préparatifs.
JOSEPH. Et moi, je vais sell(T votre cheval... n)ai5. nous nous reverrons plus tard, je l'espère.
AUGtSTE. Jamais... Adieu, mon ami — Il sort parla gauche. Josepii p^r le fond.
SCliNE \I.
LUCIENNE, l'ITOIS.
PITOIS, d part. Elle veut me parler en particulier... elle va san» doute ni'expliqiKT T) nilii'onillaniidi .
UXIEXXE. M. Pitois, je ne puis vous exprimer combien je suis touchée de votre conduitr.
Pliois. Mon Dieu, Lu( icnne , ma conduite Cil bien siinjilc.
Ll(:iE.\KE. Oh non! vous m'avez dégagée de lacs prome&sce, voy^mc laisser libre dx-
disposer de ma main, toutlc monde ne serait pas capable d'un pareil procédé.
PITOIS , stupéfait. Lucienne ! ce que vous me dites là... {A part.) Voici une autre histoire.
LICIEXXE. Mais je saurai m'en rendre digne par ma franchise par ma sincérité, car je me reprocherais toute la vie de vous avoir trompé un seul instant,
PITOIS. Et vous avez raison , j'aime mieux apprendre tout de suite ce qui eu est...
LUCIENNE. Eh bien, mon pauvre Pitois, j'ai un aveu à vous faire.
PITOIS. Un aveu, Lucienne, si c'est pour me dire que vous m'aimez, ne vous gênez pas.
LUCIENNE. Non, Pitois, ce n'est pas cela.
PITOIS. Ah! ce n'est pas ça...
LUCIENNE. C'est un secret que jusqu'ici, je n'ai confié à personne, car après ce que vous avez fait pour moi. :
PITOIS. Achevez, Lucienne, achevez!...
{À part.) Je prévois une foule de choses.
LUCIENNE. N'insistez pas, je vous en prie, il me serait trop pénible de vous avouer... mais ce que je n'oserais pas tous dire, je vous l'ai écrit.
PITOIS. Une lettre, Lucienne! donnez, que je la lise.
LUCIENNE. Cette lettre, je ne l'ai pas...
j'aurais eu troj) à rougir ; vous la lirez (juand je ne serai plus là?
PITOIS. Vous l'avez donc mise à la poste?...
LUCIENNE. Je l'ai déposée...
PITOIS. Où ça, Lucienne, où ça?
LUCIENNE. A la même place, oii , il y a lroi> ans, vous a\cz trouvé le gage que vous m'avez rendu.
PITOIS, (7>a/»'. A la même place où... ali! c'est... ahl c'est à celte place-là?
LUCIENNE. Allez, Pitois!.. prenez cette lettre, cl quand vous l'aurez lue , si vous voulez encore que je sois votre femme , je sui-^ piète à accomplir moii st^rmcnt.
PITOIS, /a re/rnrt/i/ Pardon! permetttez... une légère explication...
LUCIENNE. J'en ai déjà trop dit... réfléchissez... je revicniirai tout à l'heure savoir votre résolution.
Elllc sort par la droite.
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