SCENE IX
AUGUSTE, JOSEPH, puis PITOIS.
JOSEPH. Ah! je vous cherchais, mon lieutenant... pour nous consoler ensemble, si c'est possible , car je suis aussi contrarié que vous, allez...
AUGUSTE. Autant que moi, c'est difficile.
JOSEPH. Si ça continue... je finirai par détester ce Pilois!.. tenez, l'enlendezvous? il est gai comme un pinson, lui...
PITOIS, entrant sans les voir il tient un ruban à la rrinin. Tra la la la la la, etc. je suis au comble des combles... j'ai enfin retrouvé le gage de Lucienne... je me suis rappelé, c'est le ruban qu'elle m'a donné à mon départ, les femmes n'oublient rien.
JOSEPH, d Auguste. Il ne nous voit seulement pas...
PITOIS, à part. Et moi, qui l'avais perdu... j'ai été vite en acheter un à cn'dit, chez la veuve Durand; elle se porte toujours très bien la veuve Durand.
JOSEPH. Qu'est-ce que tu as donc à rire là-bas, tout seul, Pitois?
PITOIS. Tiens ! tu étais là , beau-frère , ouest donc Lucienne?
JOSEPH. Je ne sais... je causais avec le lieutenant.
PITOIS, à part. Toujours ce lieutcnanl, il ne bouge pas d'ici, le lieutenant, il est comme chez lui... [Haut.) Joseph, écoute donc, Josepii !
11 l'appelle dans un coin du théâtie.
JOSEPH , s'approcUant de lui. Hein ?
qu'est-cocque c'est?
PITOIS, d mi-voix. A présent que nous alloua être parens, j'ai le droit de l'obser-
ver une chose... Où as -tu donc péché ton officier, est-ce un voyageur?
JOTEPH. Non , c'est un ami, il est de la maison.
PITOIS, plus haut. Est-ce que tu le nourris?
JOSEPH. Parle donc plus bas, il m'a sauvé la vie.
PITOIS. Ah ! c'est différent , tu peux le nourrir... et beaucoup... {S' approchant d'Auguste.) Mon lieutenant, recevez le témoignage de mon admiration, il paraît qu'à nous deux, nous avons rendu plus d'un fameux service au beau-frère; les braves sont faits pour s'estimer, et se donner des poignées de main. Touchez là...
AUGUSTE, la lui serrant tris fert. Avec plaisir.
PITOIS. Oh! assez... très bien... [A part.) Je ne sais si je me trompe, mais le poignet de ce gaillard-là ne m'est pas inconnu...
JOSEPH, d Pitois. Tu demandais après ma sœur, tien.s, la voici.