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Jean Mauvide, premier médecin domicilié à St-Jean, y vécut quarante-neuf ans, de 1733 à 1782, date de son décès.
Aucun autre médecin ne paraît s’être fixé à St-Jean avant le Dr John Clark, LL.D., qui vint s’y établir, en 1821, comme médecin-chirurgien.
Cartel, qui ornait jadis une pièce du manoir Mauvide-Genest.
Les premiers médecins établis dans l’Ile d Orléans
Dès les premiers temps de la colonie, plusieurs disciples d’Esculape ont habité l’Ile d’Orléans.
C’est Ste-Famille qui eut l’honneur de posséder le premier médecin : René Cochon dit Laverdière y a exercé de 1670 à 1690 la profession de chirurgien et de “ Juge bailli ”, ajoute la chronique.
Les autres médecins de l’Ile d’Orléans, sous le régime français, furent :
Louis Marceau, chirurgien, Ste-Famille, 1680.
Nicolas Cadrin, chirurgien, Ste-Famille, 1700.
Après la mort du notaire Vachon, Cadrin assuma aussi les fonctions de notaire.
Yves Phlem, habile charlatan qui, après avoir, vers 1724, habité Ste-Famille, transporta ses pénates à Ste-Anne de la Pérade. De toutes parts, on accourait le consulter, tant sa réputation de guérisseur était répandue.
Georges Laurent, chirurgien, Ste-Famille, 1755.
Le chirurgien J. -F. Besserer, Ste-Famille, 1788, était pourvue d’une “licence provinciale”, exigée depuis l'ordonnance du 15 mai 1788, pour pratiquer la médecine et la chirurgie dans la Province de Québec.
Ce docteur Besserer appartenait, dit-on, à la religion calviniste. Son fils, Georges-Hilaire, devint curé de Ste- Famille, de 1848 au 9 juin 1865, date de sa mort. Ce fait permet de croire à la conversion du père.
John Just, chirurgien, exerçait aussi la médecine à Ste- Famille, vers 1788, puisqu’en mai il fut mandé à St-Pierre, auprès de Mgr d’Esglis quelques jours avant sa mort. Il possédait une licence provinciale de chirurgien et de pharmacien. Une de ses fille, Dorothée-Madeleine, épousa M. Georges Van Felson et l’autre, Josephte, M. Glackmever.
John Clark, natif d’Écosse et gradué d’une université anglaise, vint s’établir à St-Jean en 1821. Il était le grand père de feu le Dr A. Clark. Son nom figure parmi ceux des médecins qui prodiguèrent leurs soins aux malheureuses victimes du choléra en 1834.
Le docteur Isaïe Deniers, après son mariage, en 1857, avec Dame Scholastique Foisy de Lévis, alla se fixer à St-Jean où résidait, depuis quelques années, le Dr Gabriel Lachance, lequel, vers 1859, quitta St-Jean, pour aller s’établir à St- Pierre-les-Becquets.
Le Dr Deniers occupa, jusqu’à 1871,1e manoir Mauvide- Genest, où naquit M. Émile Deniers, ex-maire de Lévis.
En 1876, le Dr Blouin, maintenant établi à Montmagny, était venu pratiquer la médecine à St-Jean, sa paroisse natale.
A la mort du Dr Isaïe Deniers, le Dr Gabriel Lachance^ un autre enfant de St-Jean, vint y résider.
Après son départ pour Québec, il fut remplacé par le Dr J. -B. Dufresne qui habita le manoir plusieurs années.
Le Dr J. -P. Paradis, ancien échevin de Limoilou, séjourna aussi quelques années à St-Jean.
Autrefois, St-Pierre possédait aussi un médecin chirurgien : Bernard Dubergés. En 1746, il épousait, à St-Pierre, Madeleine Noël. L’extrait de mariage mentionne que Jean
Le manoir “ Mauvide-Genest”. en juillet 1925.
Mauvide y assistait comme témoin. Un fils de ce Bernard Dubergés exerça la profession de notaire a Kamoui aska, où il mourut en 1810. Son greffe se trouve aux archives judiciaires de la Rivière-du-Loup.
Un autre médecin, le Dr Lemoyne, fixa lui aussi ses pénates à St-Pierre, où il pratiqua plusieurs années.
Un médecin, le Dr Imbleau, pratiquait a Ste-Famille vers
L’ile d’Orléans compte actuellement deux médecins : le Dr Bonenfant, fixé à St-Jean, et le Dr Périer, établi depuis plusieurs années en la paroisse Ste-Famille.
St-Jean et l’invasion anglaise de 1759
Il n’est guère étonnant que la maison “ Mauvide-Genest et l’église, les deux bâtisses les plus considérables de la paroisse de St-Jean, aient servi de cible aux canonniers anglais. Toutes deux furent rudement criblées. La toiture de l’église fut fortement endommagée, les murs du manoir seigneurial quelque peu lézardés par les projectiles, impuissants toutefois à entamer les parties vives de l’édifice, protégé qu’il était par une cuirasse de pierre d’un mètre d’épaisseur.
Une couple de boulets se nichèrent dans les créneaux du mur, où ils furent trouvés récemment, timidement blottis et . . . sans voix.
Après la capitulation de Québec, un grand nombre de ces maisons de pierre disséminées dans toute l’Ue, devenues plus tard dangereuses ou inhabitables, durent être abandonnées ou démolies.
Quelques-unes, heureusement, survécurent et le manoir “ Mauvide-Genest ”, édifice le plus considérable de toute l’ile, fut préservé du pic démolisseur et conservé par les descendants des familles Genest, comme un patrimoine familial. Maintenant surtout que le manoir de Lanaudière a été incendié, il demeure l’un des monuments historiques les plus rares et les plus précieux de l’épopée canadienne.
Il y a une trentaine d’années, les travaux de réparation exécutés à grands frais, par les héritiers Turcotte, avaient en quelque sorte découronné ce manoir de son cachet antique.
Son entretien devenant trop onéreux, le propriétaire le laissa petit à petit se détériorer. Ainsi délaissé, le manoir cheminait vers un complet délabrement. Cette menace de ruine s’accentuait chaque année, lorsqu’un descendant de la famille Genest crut, au cours de l’été 1926, devoir l’acquérir et le restaurer pour le transmettre, rétabli dans son cachet d’antique demeure féodale, à ses enfants, comme un gage de fidèle souvenir à un passé d’honneur et d attachement aux traditions ancestrales.
Le manoir “Mauvide-Genesl”, tel que main lenanl restauré, (aoéil 1927)
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