‹ L'Ile d'Orléans [microforme]Chapitre 8 sur 13 · RU SR · texte numérisé non relu

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d’abnégation, pensionnait dans une famille du voisinage de l’église, parce que ses paroissiens étaient trop pauvres pour construire une habitation, affectée à l'usage du prêtre. Ils avaient bâti une église en pierres, mais les citoyens de Québec, et surtout les directeurs du Séminaire, y avaient contribué pour une large part. Un M. Toussaint Le Franc légua, au profit de la maison, une somme de 3,000 francs, à la charge, par les religieuses, de donner

une pension à une pauvre fille.

La

M. François Lamy, né vers 1640, arriva au pays en 1673, et fut nommé curé inamovible de Sainte-*amille, en 1684, par l’évêque de Québec, ce qui le décida à fonder cette école de filles en sa paroisse. Le seigneur, M. Berthelot, désireux de prendre part à la belle œuvre, leur donna un arpent de terre, sur lequel on éleva une petite maison en bois. Ce fut la première résidence des bonnes sœurs. Huit ans plus tard, M. Lamy donna, pour l'entretien du couvent, et pour y asseoir de nouvelles constructions de dimensions plus grandes, une terre de trois arpents de front, sur la profondeur de la moitié de l'Ile, avec maison, granges, etc., etc. Le contrat de donation est daté du 3 septembre, 1692. C'est sur cette nouvelle pro-

priété que l'on bâtit en pierre une demeure spacieuse et

commode, appropriée autant que possible à sa destination.

M. Lamy mourut en 1715.

Des écrivains protestants ont trouvé des paroles obligeantes pour M. Lamy, et même pour les bonnes religieuses, ce qui ne rencontrerait certainement pas l'approbation de ceux qui ne connaissent les actes de dévouement et de libéralité du clergé et des institutions catholiques en cette province, que parce qu'ils en ont lu dans les immondes compilations de Smith et consorts, qui, comme la Junon de Juvénal,

# Dat veniam corvis, vexat censur columbas. *

Belles et saintes actions pourtant ! qui honorent la religion qui les a inspirées, et les Âmes généreuses qui les ont accomplies ! La société en général sait, du moins, apprécier leur mérite, et l'Eglise emprunte les accents de la reconnaissance et du respect, pour exalter leur œuvre.

Sunt hic sua prœmia laudi. .......

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