‹ L'île de Chypre: sa situation présente et ses souvenirs du moyen-âge (volume 2)Chapitre 138 sur 283 · LIVRE I, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE X

Chypre Tannée précédente, au sujet des revenus royaux et de l'occupation M.ii229. du château de Beyrouth. Son indifférence n'était qu'apparente, conune sa modération. Il n'avait jamais accepté sincèrement les engagements contractés à Limassol et à Nicosie. Irrité de l'attitude impassible de son oncle Jean dans ces discussions, il avait dédaigné de les soumettre à l'examen des hautes cours, dont il n'admettait pas la juridiction sur les questions qu'il avait per> sonnellement résolues. De plus graves intérêts l'appelaient en Italie; mais il espérait retrouver l'occasion d'en finir avec Ibelin , en le dépossédant de la seigneurie de Beyrouth, et d'obliger les chevaliers d'outre-mer à reconnaître qu'au-dessus des assises il y avait la dignité de l'empire et la volonté de l'empereur, qu'il fallait respecter.

De Saint-Jean d'Acre il vint débarquer à Limassol, et fit célébrer en cette if triage

1 • 1 • -i m» r T do roi Henri.

ville un mariage arrêté, pour le roi Henri, avec le marquis de Montferrat. La jeune femme que l'on fiançait au roi de Chypre par anticipation et par procureur, sans doute, car il n'est pas probable qu'Alix de Montferrat se trouvât alors sur la flotte impériale, était la sœur du marquis Boniface III, fille comme lui de Guillaume IV de Montferrat, mort en 1224* au milieu de l'expédition de son père Démétrius, en Thessalie, et petite-nièce du fameux Conrad, défenseur de Tyr, que nous avons vu, soutenu par les Français contre le roi Guy de Lusignan , du temps de la croisade de Philippe-Auguste^. Après la conclusion du mariage, Frédéric prit congé du roi Henri et mit à la voile pour Brindes. Il croyait l'ancienne suzeraineté impériale rétablie pour toujours en Chypre, et le gouvernement assuré aux mains de ses partisans par les mesures qu'il avait concertées avec eux, en leur remettant le roi Henri. L'énergie et la persévérance d'Ibelin déjouèrent toutes ses prévisions.

^ Contin. de Guill de Tyr, liv. XXXIII, tron (fol. iid), se trompent sur la filiation chap. IX, p. 37 S; Amadi (fol. 79)» et Bus- d'Alix.

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