LIVRE I. CHAPITRE XL
Gaillaume de Rivet. Avant le retour de Fempereur en Chypre ^ , ils étaient 1229. allés le trouver dans sa forteresse d'Acre, afin d'établir d'une manière précise d«TiennentbaiiM leurs obligations à son ^ard et connaître l'étendue de leurs pouvoirs. Frédéric leur céda pour trois ans la tutelle du roi Henri et la régence du royaume de Chypre , moyennant le prix de dix mille marcs d'argent, comme il eût baillé à ferme la perception d'une gabelle ou l'exploitation d'un domaine. Les remises de la somme stipulée devaient être effectuées dans les mains de ses officiers du royaume de Jérusalem, Balian de Sidon et Garnierl'Aleman^, L'empereur avait traité seulement de la jouissance de la régence pour trois ans, c'est-à-dire jusqu'en ia32, année dans laquelle le roi Henri devait être déclaré majeur d'après l'usage d'outre-mer. On doutait avec raison , malgré l'assurance des Impériaux, que la minorité du roi pût être prolongée de dix années encore au ddà de cette époque, comme le voulaient les coutumes germaniques.
Les garanties ayant été données pour le payement, les cinq barons, en prêtant serment de fidélité à l'empereur, se trouvèrent conjointement substitués à ses droits. Us devinrent les gardiens légaux du roi et purent exercer l'autorité souveraine dans le royaume de Chypre. Les châteaux forts, occupés encore par des garnisons impériales, ne devaient passer cependant sous leur commandenient direct qu'après le versement d'un premier à-compte de trois mille marcs d'argent^.
Les bailes cherchèrent les moyens de remplir au plus tôt cette obligation. ongiae Ils saisirent les récoltes et les bestiaux des seigneurs qui se trouvaient avec * ^^"^ Ibehn en Syrie ; ils établirent ensuite une imposition extraordinaire sur toutes les propriétés de l'île. On se soumit, et chacun paya suivant ses facultés^; car il eût été impossible d'organiser une sérieuse résistance, en l'absence des chevaliers et d'Ibelin. Les châteaux étaient encore au pouvoir des Impériaux; et les bailes, sans compter leurs partisans chypriotes, disposaient d'un détachement semblable à ceux que l'empereur avait laissés en Syrie. Ces troupes étaient formées surtout de croisés ou de mercenaires d'Allemagne et d'Italie ^ Les gens des provinces lombardes dominèrent probablement dans les premiers corps appelés à agir, soit en Syrie , soit en Chypre. C'est en effet sous
' Continuatêwr de GuUkuuM de Tyr, page * Conftn. de GuUL de Tyr, p. 876 ; Amadi,