LIVRE I. CHAPITRE VU
détacher de mémoires personnels , et qu'il mêle souvent à Texposé d'une ques- 1205.
tion juridique : • J'ai entendu raconter bien souvent, dit Navarre , conmient le
« roi Amaury proposa un jour à messire Raoul de Tibériade, avant d'être
• brouillé avec lui, de s'entendre ensemble, eux et dix vavasseurs, pour faire
« mettre en écrit et renouveler les us, les coutumes et les assises du royaume.
«Le roi assurait qu'ainsi assisté il se rappellerait toutes les assises, et que
« bien peu de chose y manquerait. Mais messire Raoul répondit que de ce
« qu'il savait, ne ferait-il jamais son pareil Raymond Antiaume, ou quelque
« autre rusé bourgeois, ou un bas honmie lettré. Et sans faute, l'on disait que
« le roi Amaury savait et avait en mémoire des assises plus que nul autre
«homme du monde; mais messire Raoul était encore plus avisé que lui,
« aussi le roi ne voulait-il entreprendre cette chose sans son aide^ »
Le roi Amaury avait toujours favorisé les établissements européens. On conserve de lui un diplôme dans lequel , voulant reconnaitre aux gens de la commune de Marseille l'assistance qu'il en avait reçue en hommes et en argent, il exempte leur commerce des droits de douane dans le royaume de Chypre, et leur donne un village de i'ile en toute propriété^. Le domaine royal, qu'il avait trouvé à son avènement presque entièrement épuisé à la suite des concessions un peu désordonnées de son frère Guy, fut reconstitué par de sages mesures. A sa mort, les terres seules de Chypre lui donnaient un revenu annuel de 200,000 besants d'ai^ent' ; sonmie considérable, car une propriété d'un rapport de 3oo besants d'argent avait été estimée, lors de la prise de possession de I'ile, comme suffisante pour constituer un fief de chevalier*.
^ Phil.de Navarre, ch. XL VII; i^MÛejj 1. 1, •besanz. • Contin. de Guill. de Tyr, ma. o.
p. 5a3 ; cf. Introd. t. I , p. XXTI , xxx ; t. II , p. 1 90. Le ms. c. porte : « Li valoîent les rentes
p. X , XV , Lviii. < de Chypre ccc. m. besanz ,• p. 1 9 1 ; éd. Mar-
' Octobre 1198. Hist, de Chypre , t. II, tëne, il mplûj. co2/. t. V, coi. 638; éd. Guizot,
p. aÂ-a5. p. 200.
' « Li valoient les terres de Ghipre 11. cm. * Voy. çi-dessus , p. 44 .