PREFACE. XXXI
mécontents, inquiets, toujours sévères, et parfois injustes? Pourquoi ne conserve-t-elle d'amis indulgents et dévoués que parmi ceux qui ne l'ont pas visitée depuis vingt ou trente ans , et qui ne la voient ainsi que de loin, à travers leurs souvenirs de jeunesse et à la lumière des belles espérances d'autrefois !
10 novembre 1866.
INTRODUCnON.
HISTOIRS DB LA CRÈTE DAK8 LES TEMPS AHCIEITS.
Llle de Crète, connue en Occident, depuis le moyen âge, sous le nom d'île de Candie, est la plus vaste et la plus belle de toutes les îles de l'archipel grec : c'est la Sicile de la Méditerranée orientale. Une poétique légende témoigne de la réputation de merveilleuse fertilité dont elle jouissait chez les anciens : c'est là, racontait-on, que, dans un champ trois fois retourné par la charrue, Cérès avait mis au monde Plutus, dieu de la richesse, tradition qu'un moderne rappelle en des vers vraiment di-
gnes de la muse antique*. Il s'adresse à Cërès, et Tinvitant à venir habiter de nouveau cette Grèce si longtemps désolée et stérile, il fait souvenir la déesse de tout ce qu'elle avait jadis versé de bienfaits sur ces campagnes où le sol est^out prêt encore à rendre avec usure la semence qui lui serait confiée :
On dit que JasioD, tout couvert de poussière. Premier des laboureurs, avec toi fut heureux ; La hauteur des épis vous déroba tous deux, £t Plutus, qui se plaii dans les cités superbes, Naquit de vos amours sur un trône de gerbes.
L'étendue de cette île, la variété des productions qu'offraient ses rivages et ses vallées, les hautes forêts qui, dans l'origine, couvraient les flancs de ses montagnes maintenant déboisées, les rades spacieuses et les ports bien abrités qui se creusent en divers points de ses côtes septentrionales , sa situation enfin, intermédiaire