PREFACE. XIX
peine commencé à ébranler et à courber tant d^échecs, tant de défaites diplomatiques et militaires^ va se redresser de nouveau, et contester insolemment toutes les concessions avouées ou tacites qu'il avait faites depuis trente ans. Rien que pour regagner le terrain perdu et pour renaonter le courant jusqu'au port hier déjà presque atteint, que de temps il faudra peut-être aux Grecs crétois, que d'épreuves ils auront à traverser; quel long et patient travail ils auront à s'imposer!
Dans les provinces de la Turquie où, comme en Crète, les chrétiens sont les plus nombreux et tiennent, dès maintenant, le haut du pavé, où ils ont à la fois cette aisance que donnent le commerce et l'épargne et ces habitudes militaires qui commandent le respect, les insurrections, tant qu'elles ne sont pas
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provoquées par d'odieuses violences et quelles n'ont pas Tapp'ui moral de l'Occident, sont une faute et une folie. Se soulever les armes à la main, c'est s'attaquer à l'élément le plus vital de la Tur- . quie, à son armée régulière; c'est porter la lutte sur un terrain où l'on a contre soi presque toutes les chances. Or je n'affirmerai pas qu'Ismaïl-Pacha , qui gouvernait la Crète depuis six ans, n'ait pas commis de fautes et qu'il n'ait pas, en plusieurs occasions, lui et ses agents, témoigné son mauvais vouloir aux chrétiens; ce serait le contraire qui serait surprenant et presque inexplicable : mais à lire la liste des réclamations que les Cretois ont adressées à là Porte et communiquées aux consuls avant d'en appeler aux armes, on voit qu'ils n'avaient pas, contre l'administration turque, de griefs bien sérieux, ni qui justifient les meneurs