‹ L'île de CubaChapitre 7 sur 54 · MEMBRE DO CONSEIL D*ETAT · texte numérisé non relu

MEMBRE DO CONSEIL D*ETAT

SUYERl?iTENDA»T-6lt!IÊRAL DE L*ILB DB CURA.

SOMMAIRE

Importanee de Cuba.— -périoèse.-r-paDoramt de uuba à vol d'oiseau. •— Nature des lerraioi. — Gomidéralioiis sur les rivières de l'Ile. —Erreur de M. de iiuoiboldL^^limat.*-«Di?i8ioDS civilei militaire, maritiiM /fiiianeièf^ et éoc1ésialti<)Ué.

« L'abbé Raynal a dit , à une époque où Tagriculture et Tindustrie étaient dans Tenfance et versaient à peine dans le commerce, en sucre et en tabac, pour la valeur de deux millions de piastres, que « Vile de Cuba seule pouvaU valoir un royaume à V Espagne. » Ces paroles mémorables ont eu quelque chose (te prophétique: depuis que la métropole a perdu le Mexique, le Pérou et tant d^autres états, déclarés indépendants , elles devraient être sérieusement méditées par les hommes d'état qui sont appelés à discuter les intérêts politiques de la Péninsule. » « En transcrivant en tête de notre ouvrage ces

i A. defiuteboldt, Ëuai pot UiqUêiur Vile âe Cuba, l. i, p. 26i.

lignes d'un voyageur^ qui a publié sur rAmérique des travaux si justement célèbres^ nous avons voulu saisir fortement Taltention du lecteur, et lui faire connaître tout d'abord Timportance de la reine des Antilles. Et qu'on se souvienne que c'était en 1826 que M. Alexandre de Humboldt s*exprimait ainsi.

Quels immenses progrès en tout genres Cuba n*a-t-elle pas accomplis depuis ! Les jeunes civilisations der Amérique intertropicale ressemblent à ses jeunes arbres : le voyageur qui n*avait obtenu de ceux-ci qu'un pauvre abri et une rare nourriture, s'il y repasse quelques années après y trouvera un épais et vaste ombrage , en emportera une moisson de fruits embaumés !

La siemprefiellsla de Cuba^ comme on l'appelle officiellement dans la Péninsule, la dernière, et peut-être la plus belle perle que l'Espagne ait gardée de sa couronne américaine, fut découverte par Christophe Colomb, le 27 octobre 1492, quelques instants avant la tombée de la nuit. Il y avait seize jours que le grand révélateur avait abordé à la petite île de Guanahani , quand la main de Dieu le conduisit au continent des Antilles. Cuba est donc la première terre importante où le vieux drapeau castillan a été arboré et où il flotte encore, quand il a été arraclié et déchiré sur tant d'autres rivages.

Etroite et longue, elle est comme la tête de cette vaste chaîne des Antilles qui, depuis le cap Saint-Antoine jusqu'aux bouches de TOrénoque, enveloppe d'un réseau d'îles la mer située entre les deux Amériques, et en font une Méditerranée aux mille issues. La pointe la plus occidentale, le cap Saint-Antoine, est située sous les 87^ 16' 22" de longitude de Paris * ; l'extrémité orientale de Ttle, le cap Maysi, par 76' 26' 28' , le Morro de la Havane, par 23^ 9' 24", 3 de latitude boréale, et le cap de Cruz, par 1 9* 47' 16" de lat. N. On Ta comparée à un arc tendu de TË. àro., et dont la partie convexe regarderait le pôle arctique. S'il nous était permis, à notre tour, de faire une comparaison, nous verrions plutôt dans sa forme étroite , allongée , recourbée, celle d'un sabre turc, dont la poignée serait placée vers Haïti ; dont la lame menacerait le canal de Bahama et tout le golfe du Mexique, et dont la pointe serait tournée vers le Yucatan. L'histoire de la conquête du Mexique» et plus tard de ses luttes avec la métropole espagnole est là pour légitimer notre image.

Il est sur le globe plusieurs points formidables purement militaires, ou à la fois militaires et commerciaux, qui commandent les grandes rou-

i Enlre 78» 40* 2Î" et $7« 51* 8'* de loDfç. occid. de Cadix,

^6tes du cemmeree des nations. Cuba est sans contredit un des plus importants parmi ces der^ niers. Le cap Antonio n'esl séparé du cap Cato<> che» dans le Yucatan que par un bras de mer de 40 lieues i de la pointe Icacos aui Florides on ne compte que 32 lieues, sur lesquelles la chaîne des Martyrs en enlève plusieurs h la na* vigations 14 lieues do cap Haysi au cap Sainte Nicolas d'Haïti; âS du cap de Cruzàla Jamaïque. C'est au nord de ses côtes septentrionales que s'allongent et Tiennent aboutir le vieux et la nouveau canal de Babama. Aui yeux de quicoq^ que connaît les difficultés de la navigation dans ces passes étroites situées sur les limites de la zone torride où les norte$i pour ne pas paiier des ouragans» sont si terribles» où le Gulf* Stream est si violent, la position de Cuba, celle surtout de son admirable port de la Havane, prennent une formidable importance* Combien oette importance grandirait encore , si » Tisthme de Panama venant à être coupée, tous les vais«» seaui de TEuropei en quittant les ports de VAsie orientale» étaient (^ligés, dans leur retour vers nos régions, de passer dans les eaux de la Havane l Ces rêves» qu'un prochain avenir peut (Ranger en réalités, nous rappellent que le fameux Gibbs, à la tète d'une troupe de corsaires camp^ sur un point du cap AntoDÎO» t trau

<m écbec pendâQt quatre ans touUeeomntfM de» peuples qui naviguent dans le f olfe du JHeii-^ que» et «fait du détroit du Yucatui un passage aussi redouté que le furent jadis les roches G;jra« nées. Que TEspagne appuyée actuellement sur sa fille toujours fidèle, reprenne la position de puissance de premier ordre que l'étendue de son territoire, sa population, sa gloire passée, tout enfin lui assigne en Europe, qu'elle accorde à Cuba les institutions libérales que réclame cette colonie, la plus belle du globe, si on en excepte Tempire Indo-Britannique, qui ne sera pas long« temps une colonie, et cette fie, avant la fin du siècle, fera revivre dans des proportions géantes les merveilles de Tantique et fabuleuse Crète.

Mais ce n'est pas seulement comme position militaire que Cuba a une immense importance. Un pays aussi vaste que tout l'archipel des Antilles réunies; un pays qui égale en superficie le quart de l'Espagne, ou, à un huitième près» TAngleterre moins le pays de Galles» qui a enfin 3520 lieues marines carrées (de 20 au degré) ; qui présente un développement de côtes de 520 lieues où l'on rencontre les plus beaux, les plus sûrs et les plus vastes ports du monde; un pays situé sous le ciel enchanté de la zone intertropicale, mais •ous une latitude où le climat, qui n'a encore neù perdu de sa fécondité native^ est déjà lem*

pérépar Tatmosphère de la zone voisine, un tel pays captive Tattention de Thistorien par une foule de qualités et d'avantages qu*on ne ren-* contre que bien rarement réunis ailleurs*

Nous ne voulons pas faire ici de la géographie aride et ennuyeuse, mais nous éprouvons néanmoins le besoin de faire connaître au lecteur la topographie de Ttle, avant de lui parler eu voyageur impressionné par les miracles de cette nature , que Christophe Colomb a proclamée la plus belle que puissent voir des yeux humains.

Nous choisirons , comme point de départ de notre périple autour del'IIe, le port de Nipe. Il y a 351 ans que Fimmortel Génois y débarquait ' ; ce point de la côte , est la terre sacrée qui sentit la première l'empreinte des genoux d'un des

i G*est l^opinion de M. Navarette. Voy. Relatiom des quatre tmyagei entrepris pour la découverte du Nouveau-Monde, par don M. F. de Navaretie, traduction de MM. F. T. Â. Chalumeau de Yernepil, et de la Coquette, t. ii, p. 8S.

plus hauts représentants du génie humain» rendant grâce au créateur.

La baie de Nipe, située par ^V de longitude ouest de Paris, est peut-être la plus vaste de Ttle. Colomb l'avait nommée San Salvador.

Si nous suivons la côte de Touest à Test , en sortant de Nipe , nous trouverons Levisa et Cabonico , bons et grands ports avec une entrée commune.

Puis Tanamo» beau port, semé d'tlets qui excitèrent l'admiration naïve de Colomb, par la magniOque végétation dont ils étaient couverts.

Ce fut aux environs de Tanamo, qu'étant descendu à terre , Vamiral regarda avec un pieux étonnement « deux grands madriers, l'un plus long que Taulre , et posés en croix avec tant d'égalité , qu'il dit qu'un menuisier n'aurait pu les placer dans une proportion plus juste. Après avoir adoré cette croix, il en fit faire une très-grosse et très-haute avec les mêmes madriers, » * et la planta, le dimanche 18 novembre , dans un lieu apparent et dégarni d'arbres.

Viennent ensuite trois ports de peu d'étendue pour de petites embarcations, CeboUas, Cananô* ba et Yaguanequ«.

I W. t. II. p. «2.

Moa, bon mouillage entre le Caio de Moa et la terre ferme. Colomb le visita , dans son premier voyage, lorsqu*il naviguait vers Test en chercbant sur la foi des naturels de Guanahani, qu'il avait à son bord, Tlle de Babeque, où il devait trouver beaucoup d'or. Il dit que ce port pourrait contenir tous les vaisseaux d'Espagne, qui y seraient certainement à Tabri de tous les vente et très en sûreté, môme sans amarres s

Ce fut après avoir doublé le cap Guarico , à Test de Moa, que les mousses des caravelles poussèrent des cris à la vue de magnifiques forêts de pins. Ils ne se trompaient pas. Colomb se réjouit en pensant aux inépuisables ressources que cette île alUit fournir aux constructions navales. Ce fut ce point de l'Amérique qui fournit la pre-mière vergue et le premier mat à un vaisseau européen, à la caravelle Nina. Ces forêts de pins sont encore aujourd'hui une des richesses de Cuba.

M. de Humboldt ^ constatait, il n'y a pas encore vingt ans, que c'est bien le véritable pin occidental que l'on rencontre sur toute la surface du pays , ainsi que dans Ttle de Pinos , dépen*dance de Cuba. Pour moi qui ai traversé l'intérieur de cette dernière depuis Yilla*Clara

i Ôuv, €)té, 1. 1. f . 8S et «uiv.

jusqu'à Santiago, espace de cent cinquante et une lieues provinciales * , que Tillustre voyageur que je viens de citer , appelle une terra incognita , je puis certifier que j'ai rencontré en une multitude de localités des forêts de ces beaux arbres, qu'on ne voit pas sans étonnement entremêlés aux cahobas (acajou) et aux autres géants de la végétation des tropiques. Mais nous reviendrons sur ce sujet dans un article spécial.

En nous dirigeant au sud, nous trouvons le port de Jaragua, visité aussi par Colomb ; puis tournant au sud-est pour suivre la côte qui s'incline toujours dans cette direction, nous arrivons au port de Baracoa , bien abrité contre le vent et présentant un excellent ancrage. Colomb y descendit et fut si frappé par la beauté de toute cette nature, qu'il écrit qu'il crut ne pouvoir s'en arracher. Il lui semblait se trouver au milieu de prestiges et d'illusions, et, entr'autres choses, il trace ces mots que nous livrons aux méditations

i De 5,000 varas. La vare est une mesure qui équivaut à 848 millimètres. La varc dft Cuba est plus grande que la vare de Burgos. Les Cubanais rapportent à ce sujet que peu de temps après son arrivée dans nie, ou pendant la traversée môme, je croîs, la varc de Burgos fut égarée. Force fut alors de prendre pour unité de longueur celle do la botte qui lui avait servi d* enveloppe. Quelques personnes notables m*ont affirmé que la chose était vraie. On serait tenté de croire, lorsque l'on voyage dans l'intérieur de l'Ile, que la lieue espagnole a subi le môme malheur et qu'on s'est servi du même expédient pour la mesurerw

de TEspagne actuelle. « Quels seront les avantages que Ton peut retirer de la possession de ce pays , c'est ce que je n'écris pas. Il est certain , grand roi et grande reine , qu'il doit y avoir une infinité de choses très-avantageuscS là où se trouvent de telles terres *. »

Baracoa reçut de Colomb le nom de Puerto Santo.

A quelque distance au sud-est, se trouve le petit port dc3 Mata ; et enfin, à l'extrémité orientale de l'île, le cap Maysi, où Colomb reconnut que la côte se dirigeait vers le sud-ouest. C'est de là qu'il partit pour aller reconnaître Saint- Domingue.

On a dit, mais sans preuves solides, que c'est le cap Maysi qui a été nommé par Colomb , Alpha et Oméga, parce qu'il croyait y voir le commencement et la fin du continent de l'Asie.

Si nous doublons cette pointe, et que nous naviguions de l'est à l'ouest , nous trouverons les petits ports de Haitiquiri et d'Escondido.

Guantanamo, que Colomb visita , lors de son second voyage, et qu'il appela Puerto Grande; les Anglais lui donnimt le nom de Cumberland. C'est un des plus vastes ports de l'Ile ; il présente

i Relatiqn des quatre voyages. .. etc» 1. 11, p. 147,

plusieurs anses , dont la plus profonde est iK>mmée Foa ;

Cuba, port de premier ordre, avec un morro et diverses batteries.

I)e ce point au cap de Cruz nul port important, mais nous pouvons admirer en passant toute cette vaste chaîne de montagnes élevées qui bordent la côte-

Jusqu'ici nous avons vogué dans une mer libre et profonde, mais nous entrons maintenant dans des parages où le pilote prudent a souvent la sonde à la main. La partie de la mer des Antilles qui baigne la côte sud de Cuba, depuis le cap de Cruz jusqu'à la baie de Corlès , est semée, souvent à plus de quinze lieues de dislance de la terre, d'une multitude d'îlels, de récifs, de dangers, de bancs de sable , qui ne laissent entre eux, en plusieurs endroits, que des passages fort rétrécis. C'est un voyage , où le charme l'emporte sur le péril , que celui qui nous promène entre ces îles sur la plupart desquelles s*élèvent des bois de palétuviers habités par des troupe» innombrables de grands oiseaux pélagiques.

Après avoir doublé le cap de Cruz et tourné notre proue au nord-est, nous entrons dans l'étroit canal de Balandras et naviguant entre la céte qui court aussi au nord-est, et le grand banc de Bonne-Espérance , nous arrivons dans une

Hàê i^MieuM, œUe de Mamanillo , cpii est un poHhÊbiHlé'.

Bu ramoBtaiilY«releaord, nous passons def a&t rembouchttre du rio GautOt la fliks grande rivière de llle, et noua entrent dans la baie de Birama.

Puis» reprenant notre route yen Toiieat, nous laissons derrière nous, à droite, le rio Jababo qtti sert de limite sud entre les déparlements central et oriental; puis le mouillage de Junoo; à main gauche le grand banc de Bonne^^Eapérance; et passant entre les caios de média Luna et ceux de Hordaza, nous arrivons à la rade de Santa- Cruz; et de là nous dirigeant au nord --ouest et franchissant le canal dêl Pinguê, entreteux bancs de sable, nous allons passer en vue de la pointe deMacurijes; puis cinglant au nord» nous voyons là petite baie de Santa Maria / et plus haut* Sabana la mar, embarcadère et limite des deux juridictions religieuses de Ttle. Depuis quelques lieues la cAle court vers l'ouest^ et nous sommes obligés de suivre cette direction pour arriver à Tembouchure du rio Sasa, sur lequel se trouve Tembarcadère del atgodonal. Au sud, en vue de

s qu'on appelle en espagnol, habilUaâo, 6*e8t-à-dire, qu*il y ait

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décret qui lui permette de commercer. Nous auront oceatioiltlt ftt^hir ftt» «liig m^ivre (ttn* iiii« «utr» fmn d0«« Htn^

notre bâtiment côtier se trouve le caio de Sasa. Si l'on tire une ligne droite de cet ilet au cap de Cruz, on touchera presque tous les caios de las doce léguas f qui bornent au sud le bras de mer que nous venons de parcourir, et que Colomb nomma les Jardins de la Reine; c'est dans ces parages qu'il lutta cinquante-huit jours contre les courants et les vents qui retardèrent tant son second voyage.

En avançant toujours vers Touest, nous trouvons l'embarcadère de la Ceiba, l'anse de Jobabo, le port de Masio, qui sont tout près de Trinidad ; Gasilda , port habilité de cette dernièreville.

Au nord-ouest, la magniOque baie de Jagua, port sûr, fortifié, habilité pour le commerce; d'une superficie de trois lieues.

La vaste baie de Cochinos, à Textrémité orientale de la cienega de Zapata«

De Casilda à la baie de Cochinos, la côte est presque entièrement libre de bas fonds et de caios, mais ils reparaissent à la punta del Padre.

De ce cap à la pointe de don Cristobal et de celle-ci au cap Gorda ou de Mangle, nous passons entre la côte et une multitude de caios bornés au sud par le banc de los Jardines y jardinillos.

Le cap Gorda et 1^ côte qui court de Touest à

Test pour se diriger ensuite au nord-ouest sont les limites de la vaste rade de Broa, qui présente un bon fond aux caboteurs. On y trouve les embarcadères de Gaimito et de BosariOt chacun pourvu d'une batterie; la pointe Maya-beque; le mouillage habilité de Batabano, dans leméridien de la Havane» nous rencontrons ensuite Guanimar, la rade de Majana.

 une quinzaine de lieues au sud-est llle de Pinos. Elle fut visitée par Colomb qui lui donna le nom de Ëvangelita; elle renferme la jolie ville de Nueva-Gerona, capitale de la colonie de la Beina-Âmalia , fondée sous le gouvernement de don Francisco Dionisio Vives, sur la rive occidentale de la rivière Casas. Mie forme maintenant une commandancta militaire et politique. Elle a aussi la ville de Santa- Fé, avec deux autres rivières. Tune du môme nom que cette ville, l'autre appelée Nuevas. Les montagnes, en suivant Tordre de leur hauteur, sont : Canada, Daguilla, Casas et Caballos. Elle a à l'ouest la rade de Siguanea qui se termine au sud-ouest par le cap Français où se trouve le port qui porte le môme nom. Les autres caps sont ceux de Barcos, de Santa-Fé et de TEst.

L'tle est divisée de l'est à l'ouest par un marais qui occupe son centre et ne donne passage

TOJHB I, 2

que sur un point. Sa superficie est de cent dix* sept lieues, d'après les derniers calculs de Lar nier».

En reprenant notre route vers le sud-ouestf nous passons devant les mouillages de Sabana-^ la-Mar, de San Diego, de la Colomia, et noua arrivons dans la rade de Certes, point où s'ar^ rôla dans son second voyage Texploration de Colomb, qui avait hâte de courir à d'autres découvertes. Il était du reste persuadé que Cub* n'était point une ilOi mais bien un continent.

Depuis le cap de Cruz jusqu'à la baie de Cor-** tés, toute la côte que nous avons suivie efti basse et marécageuse, à l'exception de la partie située entre Trinidad et Test de la baie de iigua.

Tournons au sud et gardons nos amures jus^ qu'à la punta de Piedras et au cap Francés, o^ nous les changerons pour nous diriger au sud^ ouest sur le cap Corrientes ; après l'avoir doublé, nous entrons dans la grande rade du mémo nom, et rasant la côte qui est libre depuis la pointe de Piedras, nous découvrons Textrémit^ occidentale de l'Ile, le cap San-Antonio. Tour* nons la pointe de Cajon et suivons la côte qui s'oriente vers rest-est-nord> jusqu'à la baie diQ

I Covpeii^io de l« 6<eognSK d« U iih d^Gub» ) por Felipç f^.

Guadiana. Si de là» nous remontons au nord, puis au nord-est, nous naviguerons entre les rivages de l'tle et la longue traînée de récifs et de bas-tonds qui naît à cinq ou six lieues de la pointe Cajon, suit la courbure de la terre en s'en rapprochant de plus en plus, et se termine près de Bahia-Honda. Pour arriver à ce port, après avoir touché à Puerto de Mulata, nous frandiirons les récifs par un de ces canaui nommés quebrados, qui séparent cette immense chaîne en une foule de groupes allongés.

Bahia-^Honda, situé à yingtHÏettx lieues ouest l^^ji de la Havane, est un pwt qui reçoit de grands ~ / navires : il a un fort à son entrée.

 Test, nous trouvons la Ortigosa, petit port sans population.

Gabanas, à seize lieues ouest de la Havane, peut recevoir des bâtiments à trois mâts.

Mariel, avec batterie et tour fortifiée.

Mais voici la Havane. Quoique nous en parlerons encore, et longtemps et beaucoup, nous ne pouvons nous empêcher, dans notre périnèse, d'en dire quelques mots, du moins quant à Taspect général du port , des bassins et des fortifications. Tous les voyageurs qui viennent tour-à* tour chanter l'hymne de gloire à la reine des villes créoles, lui disent : que si elle n'a pas pour couronne la sauvage majesté des côtes rocheuses

de Rîo-Janeiro, ni pour couche le luxe de végétation qui orne les bords de la rivière de Guayaquil, aucune du moins, surtout depuis que la pauvre Pointe-à-Pîlre n'existe plus, aucune ne se mire plus gracieusement dans une eau plus belle; aucune ne s'étend sous un ciel plus amoureux, entre sa forêt de mâts de navires et ses bois de palmiers et d'orangers ; aucune ne s'endort plus en sûreté derrière les formidables masses de ses fortifications

Entrons dans le port. Voici le Morro à notre gauche et le fortin de la Punta à notre droite; ils ne laissent entr'eux qu'un espace de cent soixante-dix à deux cents toises.

Un peu plus loin, dans le goulet, qui conserve la même largeur pendant trois cinquième de mille, nous nous trouvons entre la ville et l'immense Cabafia, qui met désormais le Morro en étal de braver tous les efforts des flottes et des armées de lAngleterre.

Le port est un vaste trèfle, présentant trois bassins : celui de Test, anse de Régla, celui du sud, anse de Guanabacoa, et celui de Touest, anse d'Atarès. Du fond de ce dernier au fond de celui de Régla, on compte plus de quatre mille varas. La ville est située sur un promontoire, et séparée des faubourgs par une ligne de fortifications qui commence au fortin de la Punta, et

finit à l'arsenal. Derrière la ville, à l'ouest, par delà les faubourgs, se trouve le château fort del Principe, au sud-ouest le fort de Âtarès au fond du bassin du même nom.

San Crstobal de la Habana fut d'abord, en 1515, fondée sur la côte méridionale dellle, au sud-ouest deBatabano; mais quatre ans après on la transporta au port des Carènes, Puerto de Carénas, au lieu où la ville existe aujourd'hui. C'est qu'on venait de découvrir à l'entrée du vieux et du nouveau canal de Bahama, une de ces positions admirables où la nature ne demande qu'à ne pas être entravée par les institutions des hommes pour élever au premier rang des places commerciales et maritimes les villes qu'on y bâlit. Qu'est-ce donc quand nos lois viennent seconder la volonté de la nature? La Havane, proclamée port libre , est aujourd'hui la digne capitale d'un pays, qui, pour me servir d'une belle expression de M. de Humboldt, ouvre un vaste champ à la civilisation humaine.

A Test de la Havane, nous passons devant le mouillage de Jaruco, celui de Puerto Escondido, et, doublant bientôt la pointe de Sabanilla , nous entrons au port de Matanzas. Cette grande baie est protégée par un fort et trois batteries. Dirigeons-nous ensuite au nord-est vers la

pointe des Icacos» la terre la plus septentrionale de Guba^ et» glissant entre les eaios qui nous avaient laissé le passage entièrement libre depuis Bahia-Honda , pénétrons dans la rade de Cardenas, dont le fond se nomme aussi Siguagua. Cet embarcadère est à 8 lieues est de Matanzas. Nous naviguerons longtemps entre la côte et les catôs dont la chatoe s'étend au nord de l'Ile depuis la pointe des Icacos jusqu'à la baiede Sabinal.

En poursuivant notre route vers Test nous rencontrons à droite l'embouchure des rivières de la Falma , de las Cruces , du rio de la Sierra Morena,de Sagua la Grande; à gauche, lea çaio? Cru» del Padre» Megano del este, et le banc de Nicolao, poiats importants pour la navigation i BarloventO; nom malheureusement célèbre dans l'histoire de llle, la boca de MaravillaSi en face de Sagua la Grande, les caios de la Vêla et de Care-? nero, avec un mouillage, principalement au sud du dernier, abrité et fréquenté ; à droite, l'embouchure du rio Sagua la Cbica, la rade de Los Kemedios, et celle de Caibarien> qui sert de port habilité à San Juan de los Remedios, et en e$t située à 5 Ueyes; l'embouchure du rio Jatibonicq du nord ; S, Juan de los Perros, petit port; Moron ou la Grande-Lagune, rade presqu'entièrement fermée par Tlle deTuriguano, au nord-ouest dé

laquelle ie Wouve le groupe des caios Frances, de Cobos, de la Herradura, de Ensenachos et de Santa Maria, à la suite desquels commence le caio Romano, divisé en plusieurs parties sur sa longueur. En avançant toujours au sud-est nous voyons à main droite Sabana-la-Mar, embarcadère, à l'ouest du rio Caunao; Jigiiey, baie où Teauest peu profonde, la rade de la Guanaja: la baie de El S abinal en face de la boca de Caravelas . Le caio Romano vient se terminer ici ; c'est après rtle de Pinos, la plus grande de ces for i ations marines qui avoisinent Cuba. Ce groupe de cai05 fut nommé par Colomb les Jardins du roi.

En entrant dans le vieux canal de Babama par la boca de caravelas, et naviguant vers le sud-est nous franchissons la pointe de Maternillos, et nous entrons dans le port de Nuevitas, antérieurement Puerto del Principe , qui est de la plus grande beauté. Dans sa partie ouest, il renferme la grande anse de Mayanabo. Ce fut le port le plug occidental de la côte nord de Cuba, que Colomb visita dans son premier voyage, lorsque d'abord il se dirigea de Nipe vers le nord-ouest.

En suivant la côte , nous voyons la pointe de LosMuertos, leportdeNuevas-Grandes, ceux de Manati, de Malagueta, del Padre, de Jibara {habilité pour Holguin), Bariay, Naranjo, Sama: puis nous doublons la pointe Lucretia^ et au sud

celle deMulas et nous finissons notre périnèse, en entrant dans le beau port de Banes, car il n'est séparé de celui de Nipe, notre point de départ^ que par la punta de la Vieja.

Que le lecteur, par la pensée , veuille bien maintenant pénétrer avec nous dans TUe, par le cap San Antonio. Nous verrons se dérouler devant nous , de ce dernier point à la pointe de Piédras, un terrain presque toujours uni, ayant peu d'élévation au dessus de la surface de la mer; et présentant sur le cap Corrientes un mamelon calcaire d'une assez grande hauteur.

Entre les baies deGuadiana et de€ortès, s'étendent une foule de grandes lagunes, dont la principale, nommée Siguanea, se trouve placée à égale distance des deux mers; la lagune de los Melones , fnrès de la rade de Corrientes; et enfin celles de Algodonal et de Lopez, qui touchent à la baie de Guadiana. Mais voici natlre au nord de cette baie, les premières croupes de 1» çhatne

occidentaledesmontagnesde Cuba. Nous aurons à suivre cette cordillère, qui a reçu des marins le nom de sierra de los Organos, jusqu'à la sierra de Ânafé, à Test de Mariel.

Remarquons au sud le cerro de Cabras (mont aux Chèvres) qui vient mourir au nord delà baie de Cortès, près des bois de pins qui ont valu son nom à Pinar del Rio ; à Kouestdu même golfe, le cerro de Guanes ou de Cuyaguateje : vers le centre, les pics de S. Andres, dont les flancs verticaux sont inaccessibles; un peu plus loin, les sommets de san Diego de los banos, point culmitiaM de la èhaine; à rduéât dé ce^ monts, cotnmence le groupe nommé sierra del RosftHo. Distinguez vers notre gauche, à sa forme grossièrement semblable à un paih de sucte, le Pan de Azucar. Comme tous lés hommes qui voient la ressemblance de Tobjet absent et désiré dans les images les plus imparfaites^ les matelots, ces rêveurs par excellence, ont vu dans ce pic un pied charmant, et Tout nommé Pié Garrido. Les marins de Ift Péninsule, Espagnol» ou Portugais ^ui ont conservé quelque ebo6ed« Timaginatioft plastique deto Arabes, ont au plite haut degré la faculté de voir des figures de toute nature daiA les acoidents des o6tes; on sait qae ce sont c« iemiers qui t tr^t> avant la déeDorerte de T Ainè* Tiqué, dansrikiCorve, unedesAçoreiflAfaneurii

riqoe, dans l'ileCorvo.une desAçoîes, la fameuse statue équestre montrant ToCcident de la main droite, étendue sur les flots. Delà* suivant les habitants de cette ile, Timmortelte tentative de Colomb. On a reconnu depuis que ce mythe avait pris naissance de la Forme d'un promontoire, que j'ai eu occasion de visiter à mon retour en Europe.

Mais voici , au nord, non loin des bains de Saint- Diego, le picdePendejeral; puis, toujours dai^ le même direction, et prèsde la baie delà Mulata, la pan de Guaijabon, de 700 varas de hauteur (de 390 toises^ suivant H. de Humboldt), et de plus de deux lieues d'étendue, taillé verticalement au sud et accessible par un seul point du flanc septentrional> il présente deux pics culminants^ dont Foccidental est le plus élevé. Regardez à l'ouest et admirez les pins qui vêtent le cône de Cajalbana. le mème> sans doute, que les Anglais nomment Dolphin; voici, aux environs de Bahia-Honda, les falaises de Manimani; en suivant la cordillière à Test de San Diego de los Banos, nous rencontrons Guacamayas, vers le nord; la sierra de Linares, del Rangel , vers le sud. Plus loin, entre Bahia-Hondaet Gabanasla Loma de Buena Vista, Pena-blanca , le ftrujo et le Mogote. Voyez ces effrayants précipices, ces falaises déchirées dans tous les sens : la destruction a passé par là, el a tout bouleversé.

Jetezuu regard en passant surciesmagniflqu^ t)lantalions de cafiers, qui rappellent un dou-^ loureux souvenir. Les Havanais ont nommé collines del Cuzco , les plateaux aocidentés qui s'étôvent au sud de Cabanas, et que les émigrés Français sœit venus vivifier en 1805. Que tes généreux habitants de Cuba se souviennent toujours que pour ceux de leur compatriotes d'Europe que la guerre civile a privés de leur patrie, la France est depuis bien des années, hélas, une terre hospitalière et fraternelle !

AusuddeCuzco, c'est la haute colline de Juanganga ; et , au nord les Lomas Peladas, et celle de Rubin. E^fin , au delà de Guanajaz, s'étend la sierra de Anofé ou Mesa de Mariel. Elle a peu délévation, mais elle est facile à distinguer de la mer , parce qu'elle court sur un espace de trois lieues, en face de la côte et au-delà de la rivière de Banî.

Mais, avant de franchir l'espace qui nous sépare du second groupe de la cordillère, voyons nattre du versant septentrional, grossir et couler, cette prodigieuse multitude de petites rivières, et cdies moins nombreuses, mais beaucoup plus considérables, qui se forment sur les pentes et dans les vallées méridionales.

Comptons d'abord celles qui portent le tribut de leurs belles eaux sur les plages du nord :

LaGuadiana, qui se jette dans le golfe de ce nom;

La Mantua, au-dessus de la pointe de los Organos ;

Le Macuriges , qui arrose des plantations d'excellent tabac ;

La Santa Lucia, qui coule dans un lit de marbre, que lui font les riches carrières de son bassin hydrographique;

Le Pan de Azucar, qui prend sa vie et son nom de cette montagne ;

Le Rosario^ qui donne le sien à une sierra;

La Sagua, qui passe au pied du Guaijabon, court à l'ouest et va se jeter dans le port de la Mulata ; elle reçoit le ruisseau deQuita-Pesares, dont les eaux sont les plus délicieuses de cette partie de l'île ;

La courte rivière deManimani, qui nait dans les cuchillas de ce nom> et a son embouchure à Touest de Bahia Honda ;

El Aguacate, petite rivière avec des eaux thermales, elle tombe dans le port de Bahia- Honda ;

La Ortigosa, entre Bahia-Honda et Cabanas;

Le Guajaibon^qui forme un mouillage et a une tour fortiflée ;

Bani, que les riverains appellent Banes> d'un cours peu étendu, mais fréquentée à cause de son

tH>n mouillage^ et défendue aussi par »m tour fortifiée; elle a sa source dans la sierra de Anafe^

Bn revenant vers te sud-*Quest, nous voyons naitre dans les masses centralesdu groupe appelai spécialement los Organos, la plus graad« rivière de la partie occidentale de lile. Le Çuyaguatc^^ précÂpUe sa course du nord au sud n^n gans faire de nombreux détours, traverseï sous t^rre, uni) suite de monts, en coulant au milieu d'une f^n lerie nommée te Resolladero, qu'on peut franchir en se munissant de flambeaux. Il reçoH bientôt, en reparaissant au jour, et eotratpe, dans sa carrière impétueuse, une foule de ri- Yières tributaires. H passe au pied de la coUinQ de Guanes» et va se décharger dans la baie d9 CorlèSj en formant un lit navigable où abondei^ les perches, les chabots et les caïmans.

Le Galafre, que M. de Humboldt, mal renseigné, a eité au nombre des rivières imp<H*tante9 de Cuba : elle est courte et se jette dans te mèm^ baie que te précédente, ainsi que San Juan y Martinez.

La Guama qui natt dans les Organes « pass^ dans les plantations de Pinar del Rio> et vient se terminer dans lembarcadère auquel il donne son nom.

La Coloma, petite rivière, mais ayant à 90n fiDdbOttdinre un bon mouillage.

Ui Rio^iloudQ» qui prend si^ sourfe dans Im Organoi^ , au sud de la siierra del Rosario» ra^ çoit, sur sa rive droite, le Ajtconal, »e partage en plusieurs bras au préjudice du fleuve primitif> et ya se perdre dans la petite anse det Gato.

Le Rio de San piego, cpi'on appelle auwi qiiel«i quefoisGaiguau'cibo, et qui nuH dans les cuebiHas de GaviUmeStHutredansunecaverue» et traverse 9însi la Sierra pendant 100 varas, passe par les bains de son nom, où sont les eaux thermales les plus célèbres de rile» coupe le cbemin royal de San Diego» se divise en divers bras qui aiH ferment des jardins » et , se réumssant à» qqu* veaut vent format sur la côte, un bon mottillagt^

l^ MaourigeSft quinatt dans la Sierra de Ma^ nimanii s'enfonce soi^ celle de las Guevitas, et^ reparaissant au jour» passe par lepqeMo da 9a-» laciosi forme la lagune de Macuriges» et se retd dans la mer du sud où il reçoit le n<»n de rivièrci de Palacios.

Le Tacotaco qui prend sa source dans la Sierra del Rangel, reçoit la ravine de Sautât Cruz, sur sa rive gauche, et va se perdre dans )a denega de la c6te : nous diions biçnt<IA ce qu# ç'e^t qu'une denega.

Le San Gristobal, qui coule dans la ^ifrrfL i}f }9^ AMfulUa, baigne te p(e4 4(» foUng^fteP^^P»-

Vista et del Brajo, et entre dans la mer par di« Terses embouchures, dont la principale forme Tembarcadère de Sabanalamar.

Bayate» qui vient de PenaBlanca, reçoit, sur 5a rive miroite, la Manantiales qui forme une cascade de trente varas de hauteur, passe près de Candelaria, et se jette dans la mer du Sud.

Le San Juan» qui descend des Imnas Peladas, près du Cuzco, passe par les bams de San Juan, par Guanacaje; se jette sur la côte, en face de la pointe déclinas, et y forme un port.

LaCapellanias.qui passe par Guanajay, et se perd avant d'arriver au chemin de san Mareos.

Tandis que nous sommes encore sur la crête de la ^rra de Anafe, remarquons, à Fouest de la baie de Majana, la lagune de Piedra ; crile de Fuente Patoma, à l'est xle Vembouchure de la Ortigosa ; et , à nos pieds » au sud , cdie de Ariguanabo, qui a presque deux lieues de superficie , et huit varas dans sa plus grande profondeur.

Franchissons, maintenant, la plaine de cinq lieues qui nous sépare de la partie occidentale du second groupe des montagnes; mais, auparavant, jetons un coup-d'œil à droite et à gauche. Au nord, c'est-à-dire à notre gauche^ coulent :

Le Baracoa, à l'est de Bani : Tembouchure

de cette petite rivière présente une tour for^ tifiée;

Santa Ana ; Jaimanitas ;

Marianao , passant par le pueblo du même nom, sous un pont de grande dimension, et recevant la ravine Arenas ;

La Ghorrera, primitivement nommée Gasiguaguas, avec un fort à son embouchure. Les poètes rappellent Almendarès, réunion de syllabes plus harmonieuses : Tancien nom, jusqu'ici, ne parait pas avoir beaucoup plu à leurs oreilles délicates;

La Zanja, formée pour donner de Teau à la Havane, d'une saignée faite à la Chorrera ;

Au centre, un petit cours d'eau qui sort de la lagune de Ariguanabo, et va se perdre, à une lieue au sud, dans la villa de San-Antonio, dont il emprunte le nom pour son existence éphémère ;

La Govea, qui nait des monts que nous avons devant nous, et va se jeter dans la lagune de Ariguanabo.

. Mais voyez comment au nord et au sud cette belle plaine fuit en douces ondulations. A peine a-t-elle une dizaine de lieues d'une mer à l'autre^ et à son centre, elle ne s'élève que bien peu au-dessus de la surface de TOcéan. Admirez cette végétation qui unit l'exubérance

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