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Si l'on excepte les Inaptes cimes des montî|gnps de la partie orientale de l'Ile, où se trou- Yeqt fréquemment et en de grandes masses des roches primitives, du gneis, du schiste, et d'autres formations pîutoniennes, on ne les rencontre sur le reste de sa surface qu'en des points isolés et, comparativement, sousde petites dimensions. C est ainsi que M. de Humboldt, qui a étudié Içs terrains des environs de la Havane a reconnu, en plusieurs endroits, de la syénite composée d'amphibole, de quartz et d'un feld-spathbl^nc-^ rougeàtre. Vers Régla et Guasabacoa se trouyent de belles collines de serpentine, d'un gr:s bleuâtre à l'extérieur, verte intérieurement, et présentant des fllons d'asbeste et de nombreuses
traces de diallage métalloïde ; ces masses, qui ont souTeAt une texture très-homogène, ont alors réclat d^un beau marbre vert antique parfaitement poli. On y rencontre aussi de larges Blons composésjde quartz fibreux, d'améthyste , et de superbes calcédoines mamelonnées et sta-^ lactiformes ^
Mais la pierre qui forme presque la totalité de la base sur laquelle repose la terre végétale de Cuba, est un calcaire compacte» semblable à celui du Jura, et dont le géologue que nous venons de nommer a tait une variété nouvelle sous le nom de calcaire des Sûmes. C'est cette formation qu'on voit dans presque tout le système des cordillères de l'Ile , depuis la baie de Guadîana jusqu'aux jg^roupes orientaux , et y compris plusieurs d'entr'eu?, surtout ceux du nord. On remarque dans le déploiement de sa masse, et alternant pn quelques lieux avec les couches coippaçtes, des couches poreuses; puis, d'au 1res strates, çomm^; à Te^t de Hataniças, où existent
1 A Texception de c# que Je dis de la partie sud du département oriental, que M. de Humboldt n'a point visité, et où j'ai eu ^cçflidn de voir fouvei^t et ^*étu(]ier \^% travaux de^ ouvriers dans les mines de cuivre, les détails, que je donne ici sur la géologie de Cuba, sont appuyés sur le savant ouvrage que j'ai déjà cité, et sur d'autres travaux estimables. Je profite de cette note pour ajouter que je crois devoir rejeter daDS la seèonde fiartie de ce trlivail, à un des paragraphes de la quetiion éeVtaùjpioUêHon du so^, ee que j'ai à dired^ Tor trouvé «t r«* cneillî, parle lavage, dans les tcircs d'alluvion .
des rognons souvent creux de silex pyromaque que moit géologue de circonstance» je me suis plus d'une fois amusé à casser, pour admirer avec une curiosité naïve mais peu savant3, je l'avoue, leurs belles cristallisations intérieures.
Une autre formation calcaire, mais entièrement différente de celle dont nous venons de parler, et d'une époque, évidemment plus récente, est celle qui compose la plupart des caios qui environnent llle au nord et au sud. C'est une agglomération de coquilles et de coraux brisés, se montrant en grandes masses, et où l'on voit des fragments irréguliers de madrépores et d'autres coquilles pélagiques. J'ai cru voir aussi sur les bords des caios ^ en allant de Batabano à Trinidad, ce sédiment calcaire que les nègres de la Grande Terre, à la Guadeloupe, appellent maçonne à bon Dié, et dont mon savant et malheureux compatriote, M. le docteur Lherminier, de la Pointe-à-Pitre, a envoyé au muséum d'histoire naturelle dé Paris, dont il est membre correspondant, un si précieux échantillon *.
Nous avons dit que c'était sur le calcaire
i On sait que c*est dans ce fragment de sédiment calcaire^ placé au Jardin-du-Roi, qu'est iacruslé le squelette humain qui a fait croire un moment à Texistence de \'k4mme fomh ; on sait aussi comment l'im<« mortel Cuvier a détruis c«tte opinion.
compacte ou poreux qu'était assise la terre végétale. On en distingue deux sortes à Cuba : la terre noire et la terre rouge, La première est composée d'argile et d'une puissante couche d humus ; c'est dans son sein, d'une fabuleuse fécondité, que la canne à sucre repousse pendant trente années sans être changée. Une plus grande proportion de silice entre dans la composition de la terre rouge» qui doit sans doute sa couleur à Toxide de fer dont son lit calcaire renferme d'abondantes traces. On la préfère pour la culture du cafler. Nous rencontrerons pourtant la canne dans la terre rouge, et le rubiacée dans celle qu'affectionne sa rivale.
Nul plus que moi/ je m'empresse de le dire, ne respecte le nom de M. de Humboldt. Certes, il est beau de voir un homme, poussé par cet immense amour dont parle Virgile, se faire le prêtre de la science, s'enfoncer, pour la servir, dans les steppes étouffantes de l'Amérique sans bornes, traverser ses fleuves inconnus et ses plaines inondées , franchir ses vastes cordillères qu'il sent trembler sous ses pieds, Toeil fixé sur la plante qui germe ou sur Fastre qui brille, aujourd'hui brûlé par les feux de Téquateur, demain frissonnant dans les neiges étemelles des cimes les plus sublimes ; tantôt relevant les côtes, tantôt interrogeant la fée du mirage qui sus-
pènàf à rliorizoïi, dans les couches mobités dé l'atmosphère échauffée, ses pesages trompeurs et fugitifs, décorations fantastiques des fêtes du désert, qu'elle montrait dans les mêmes jours, iiiais dans un autre monde, aux regards de Bolià()arie et de Monge ; tantôt posant ses réseaux de triangles géodésiques, liant ses systèmes dé
f positions, sur une ligne chronoîhétrique de 6i0 ifeUes, du Delta de l'Orénoque aux rives de i'Océan Pacifique ! On compréfad que cet homme est digne de la mission que son courage, son génie et son Dieu lui ont donnée^ quand on le vbit fixant, en marchant son chemin, les limites de là i)atrie des plantes, le point où les familles Ses arbres cessent de croître sur le flanc des monts, celui où toute verdure disparait, celui où descendent les glaces et les neiges, et qu'elles ne jpeuvent passer ; puis, commençant le tracé de ses lignes isothermes qui, un jour, envelopperont la sphère terrestre ; faisant naître à sa voix des observatoires magnétiques du Cancer au 60' parallèle boréal, de la Havane à Paris, de Berlin à l'extrémité de la Chine ; racontant et peignant l'innombrable Flote américaine; i)uls. Comme pour écouter et voir bouillonner les entrailles duglbbe, se petlchàmt sur le cratère des volcans allumés; entassant toujours, partout, des faits sur des faits, ptiUf 6fi tifët de
grandes et lumineuses lois ; racontant les monuments inconnus, et dévoilant au monde étonné, qui y retrouve les mythes génésiaques, les antiques civilisations indigènes de l'Amérique ; et plus tard, remontant au grand plateau de l'Asie centrale pour y étudier cette terre que Tacite aurait nommée, s'il Teût connue, la fabrique du genre humain, officinagentium!... Parmi les gloires et les noms de l'Europe que le Nouveau-Monde a vus naître et grandir dans son sein depuis trois siècles, il n'y a qu'un nom et une gloire qui ne soient point éclipsés par ceux de Humboldt : on a nommé Chateaubriand. L'un est le Colomb de la science, et l'autre celui de la poésie de ces régions aimées du ciel.
Mais quel est le savant, quand surtout c'est un hardi et infatigable explorateur, qui ne s'est jamais trompé ? Euripide a dit : Les mêmes paroles prononcées par un homme vulgaire ou par un illustre personnage, ont un poids bien diflférent *.
C'est donc pour ne pas laisser une grave erreur s'abriter sous l'autorité du nom de M. de Humboldt) que je vais essayer de, combattre ici son opinion sqf le manque de rivières à Cub^»
1 Héeube, T«ri Sdl-S.
et sur la sécheresse qv^ éprouve surtout la partie occidentale de ri le \
Auprès de Rio Cauto et de Sagua la Grande, Fauteur de V Essai politique, nomme les rivières de Guinesy Armendarès , Maximo, Las Palmas, Santa-Grux, Jaruco, Guaurabo, Galafre; et il n'est pas jusqu'au rio San-Antonio qui ne trouve place parmi le très-petit nombre de rivières dignes d'attention.
Or, le lecteur a déjà pu voir qu'il y avait une foule de rivières plus considérables que celles dont il vient de lire les noms, telles que Sagua la Ghica, Sasa, Jatibonico du nord et Jatibomco du sud, Agabama, Hanabana, Cuyaguateje.
Hais ce serait surtout la partie occidentale qui serait exposée à la sécheresse. Dans la carte * de Cuba, dressée par Pierron , d'après la carte de M. de Humboldt, et celle du dépôt de la marine, nous ne voyons en effet aucune rivière d'indiquée, de la pointe des Organes à la baie de Bahia-Honda^ espace de vingt-cinq lieues où nous en avons mentionné sept et où nous en comptons vingt-six sur une carte sortie de la litografia de la Imprenta del Diario, à la Ha-
i Euaipolit^Ui, p. 66.
2 Publiée sous le no xlyi dans Vatlat géographique, ttatiilique, hit^ torique et chronologique det deux Àmériquee et des îles adjacentes, traduit de ralias exécuté en Améri<]ue, d'après Lesage , etc., par J. Â. Buehon.
Vâtié, et qiie je crois èlre une réduction de rinimense carte de llle, dressée par les ordres du général Vàldès. Dans tout le département occîdehtaU nous avons, d'après M. Poey, énumèré 4'iiarante-sept rivières , mais d'après la carte dont nous venons de parler, il y en aurait cefai aix-neuf. Enfin nous rappellerons qu'ed tout nous n'en avons nommé que cent neuf, niais qui presque toutes forment ce que les mariiis espagnols appellent des esteras et des surgideros^ tandis que nous en comptons, sur cette même carte, 276; sur celle de M. Dufôur, 273; sur celle de M. de la Sagra, ^75 : M. de Humboidt, dans sa carte dé Cuba, n'en cionhè que 17S.
Et qu'on remarque bien que nous n'avons pas ajouté à cette statistique duviale le nombre considérable d afiBuents qui ëe jettent dans les lits principaux. Dira-t-on que si Ton en excepte une vingtaine ou une trentaine qiii sont navigables à plusieurs lieues de leur embouchure, le reste de ces ck)urs d'eau ne sont que des ravines? soit, mais des ravinés qui deviennent dans la .saison des pluies, d'abondantes et impétueuses rivières, et qui, dans le resté de l'animée, ne sont jamais à sec, comme le dit M. A. Balbi*
i On est surpris de.voirdans un livre aussi estimable que VÀttrigi ée Géographie de M. Adrien Balbi, une phrase telle que celle-ci (^agé 1116, S*" éd.) > appliquée aux rivières d'une ik d% Tarchipel des Ànti
%û exagérant ce que 1^. de ttumbôidî àVàit avancé. On doit, au contraire, reconnaître ici ià sagesse de la nature dané la distribution deâ eaux de Cuba et des autres Antilles. Il est certain qu'une multitude de petites rivières jirésehtent à l'action solaire une àtirfàce plus étendue qu'un fleuve large et profond j que Tévaporation est ainsi plus considérable , et qu'en conséquence, même dans les mois les pliis secs de Tannée, la terre, excepté dans quelques localités restreintes, est toujours suffisamment humectée. On sait avec quelle facilité et quelle abondance, sous le ciel si pttr de la zone torride, a îiëu le phénomène dé la rosée. Et dans cette nature si riche en harinonièStQrtci 6n est encore une. On connaît làbrtilP t'iéôfie que là physique à donnée de là fô mation dé là rosée. Ëli bien ! pendant la saison des pluies, elle hë se ibfihè pas, carie ciel est fréquemnfiëhl côiiveft de nuages, tandis qu'elle couvre les plantes et la terre dans le reste de Tannée, l'ajouterai qu'ayant traversé TUe, â cbevàt
« la plupart de leurs lits sont toujours k sec dans les grandes chaleurs.» fih! Ûe sâH-ôd pas qiié U saison des giaiides bhàleurs àûx Antilleëëst celle de Thivernage, et qu'alors toute ravine devient une rivière qui inonde au loin les campagnes et souvent ihéinë y porte le î'aVagë et 14 flésdlfltidiî; Cdtnnieni la sécheresse |>oui'rait-elle régner didft dn climat où, dant let grandei ehaleurt, on compte, terme moyen, dans ttà iridîs, ihos éè dduzé jdttrs^ p^nim lëi^eb tomfièht M (Aaiei Mé^ yïêloê.
dans la majeure partie de sa longueur, visité les districts les moins fréquentés, et cela, non pendant rhiyernage, j'aurais autant aimé un pays moins sillonné de rivières.
Celles de Cuba sont généralement courtes à cause du peu de largeur du terrain et de la direction des montagnes; mais elles présentent , du moins un grand nombre d'entre elles, deux autres caractères singuliers.
Les unes vont se perdre dans les vastes cienegas, que nous avons rencontrées tout-à-l'heure sur notre route
D'autres sont plus remarquables encore, et si Cuba était plus connue, elle balancerait ou effacerait par la beauté agreste et la sauvage originalité de leurs cours, les chûtes d'eau les plus vantées. Qu'on se représente en effet des rivières abondantes, s'engouffrant avec un bruit sinistre, dans des cavernes surmontées de hauts et larges sommets, traversant ces ténèbres profondes, et s'en élançant avec impétuosité pour bondir de trois cents pieds de hauteur, comme le Moa, et suspendre aux deux rives de leur lit vertical des ponts de lumière dont l'arche immense est formée de toutes les couleurs du prisme; d'autres qui» en reparaissant au jour, tombent, comme l'Ay, au milieu de leurs sites pittoresques , de cascades en cascades^ creusant selon les
caprices de leur cours , le tuf obéissant qui rappelle aux yeux de l'observateur la pierre poreuse de la rivière Rouge, à la Gua* deloupe, ou les concrétions siliceuses de la source ascendante du Geyser, en Islande; le San-Antonio qui disparait pour toujours sous des masses calcaires; le Cuyaguateje» que rhomme, un flambeau à la main, a osé suivre sous sa chaîne de montagnes. Et ce ne sont pas là des accidents rares et isolés ; plus de vingt rivières, d'un bout de l'île à l'autre, présentent les mêmes caractères. Dans la crédule antiquité, le San-Diego aurait bien pu perdre son nom béni, pour celui de quelque fleuve d'enfer, et dans plus d'une caverne de la Sierra de las Cuevitas, où se précipite une rivière avec un murmure que renvoient plus prolongé et plus sourd les échos souterrains, les siècles d'Orphée et d'Homère eussent vu une bouche du Ténare. L'homme de notre âge ne voit là que de curieux phénomènes géognostiques, et dans ses méditations, il n'acceptera de l'antiquité que cette idée de la force lente, mais continue, patiente, invincible, des agents naturels, idée si poétiquement exprimée par Lucrèce quand il a dit : Slillicidii casHS lapidera cavat.
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^e c)im^| 4ô Ç^bfi ^ tqus les ^grémenit^^ (plates lepi beautés, toutes les bie^yeillaopQf di| ci^l (Ips deux zopes qp'il avoii^ine, et ne montre presque aqcune de leiirs iq^lérpenr çfis. L^, comme dans les ha\itps terre^ des i^ntilles plus équatoriales, ce que nous poiifr rions appeler, avec nos poètes du Xyr siècle, le renouveau, vieux mo|; d'une senteur g^iuloisp quf Içs préples français ont conservé, le renouYea\i n'esf pas cqmpensé par les rigueurs de rhiyer, et les ç^ale^irs de juillet et d'août sont tempérées! par les pluies fréquentes, p?ir révaporatjon e| parles Jpifisps alterpa^ves de terre et de mer. Là non plus, ne s'étujept point devant |es ye^if fatigués les éternelles et monotones magnificences du ciel égyptien. Là, on voit des nuages qui
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pluf f jaQ^s. (^à, qn C9pn2(i| le« saisqa^; |pai§ te)irf transitions sont douces, quoique appréci^l)!^ pourtant par la «^psatioadd plaiiir gu'^|les i^t naître, et non p^f le malaise qu'elles causent si souvent dans nos plim^ts. Aussi, TépiiiWB^e <m créole de Cuba, enf^t gâté de p^tte i^tv^J^^ si bonne pt si ^mie, devient tellensept sensiltlpt qH^ Teurppé^n est éto^;^é de l'eaitendre se pl^^ip^i^ft du froid qu^p(l le t)|^rinoHi^trede«|pQQ4lùrMn9^ ment à 2r centigrades. Moi-même qui venais de passer plusieurs hivers à Paris» j'eus, un soir de février, ^prèsun séjour de trois mois à la Ha-* yane> tellement frojd au suddu Batabaopquemq^ manteaut dont je m'enveloppai, ne put me prih server d'une sensation très désagréable, et pour:: tant le mercure n'était pas au-dessous de 18**. I| est vrai que j'étais en pantalon de toile, et que )g vent avait tourné subitement au nord. Il est facile du reste d^ s'expliquer le froid q|ie l'on ressent de t^n^p? an t^^nps dans les pi^isqiH 49 1^ Havane. Un art instinctif a tout diSBftsé ppur produire, par une ventilation perpétuelle, le plus de fraicbe^r possible. Vienne un abaissement de température de quelques heures, et pa^ une cheminée^ pas mèrpe un brazero auprès duquel se réfugier, tandis que le courant d'air qui a passé sur les neiges du €anada entra par ces
mètùes vmtanas ouvertes aux brises rafraichissantes qui soufflent habituellement dans ces parages.
Voici du reste quelques tableaux que MM. de Humboldt et de la Sagra nous fournissent , soit diaprés leurs propres observations , soit d'après telles d'autres savants, MM, Antonio de Robredô ot Ferrer, entr'autres. Ces tableaux, que nous abrégeons, feront connaître avec plus de précision l'objet dont il estîci question.
Température observée à
UBAJAT *j