‹ L'ile de SardaigneChapitre 23 sur 55 · AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE

tout le monde et n'étant à personne, les récoltes satisfaisant sans grand effort aux besoins <>t donnant peu de profit lorsqu'elles les dépassaient, le stimulant de l'intflrêt personnel manquait, et l'insouciance générale empêcha la création des capitaux, la construction des bâtiments ruraux, l'adoption des bnas instruments et des bonnes méthodes. La vie, au lieu de se répandre dans les champs, se concentra peu à peu dans les villages. Les paysans, au lien Je se fixer sur les terres qu'ils avaient a cultiver, se serrèrent les uns contre les antres pour se mieux défendre, et se groupèrent autour du centre féodal, sons l'ii'il du maître de qui dépendaient leurs intérêts et leur avenir. Les villages, les seigneuries vécurent ainsi dans l'isolement, sans communications et sans routes, sVngonrilissant dans la routine et n'ayant nul souci ilf développer une richesse qui ne leur eut pas profité. Le pâturage se substitua graduellement au labourage. Toutes les terres furent succe;sivt>iiii'iit soumises au libre parcours, laissées eu jachère ou condamnées à un système ruineux d'assolement, puis la mal'ai'ia Tint à la suite, s'empara des lieux que l'industrie désertait, en fit son domaine et finit par en interdire l'accès à l'homme sous peine de mort.

La suppression de la féodalité en 1840 a coupé le mal dans sa racine; mais elle n'a pu en faire disparaître oncore les effets. Ce n'est pas en un jonc que la liberté porte ses fruits : avant qu'elle fleurisse il faut qu'elle s'enracine.

i»l L1LE DE SARDAIGNE.

La terre est encore en grande partie possédée parles anciens seigneurs, elle n'a pas passé dans les mains qui un jour la féconderont. La révolution qui agit die/. nous depuis H'.i a à peine commencé son couvre, et cet h» lenvre sera longue à accomplir faute île tiers-éta!. La distribution, et, par suite, l'exploitation du sol ont peu changé. Il y a quelques grands propriétaires taisant cultiver leurs domaines par des métayers ou par des ouvriers à gages et nu très-petit îminhre de petits propriétaires cultivant eux-mêmes. Les communaux ocr.upent une étendue immense et la plupart des paysans en jouissent à un titre en i un autre. L'agriculture n'a pas réformé ses méthodes. Entourer un champ d'un mur sans riment ou d'une baie impénétrable en figuiers du Barbarie, y mettre des moutons, des bœufs, des ânes, des chevaux, les y laisser croître, se reproduire et mourir, de temps en temps en saisir quelques-uns pour les atteler à la charrue, pour les envoyer à la boucherie, pour les monter, voilà ee que font les plus habiles et les plus riches. Quand les terres ont ainsi servi

rendu la fécondité, on en gratte la surface, on j jette du blé, ou y plante des fèves, et le soleil fait le reste. I In ne bâtit ni granges ni étantes, on ne récolte pas de fourrages, on ne recueille pas de fumier, on n'engraisse pas d'animaux. Ou enlève le moins possible au hasard.

Eu suivant dans ses différentes opérations l'agriculture sarde nous trouverons partout la même incurie, le même défaut d'intelligence et il'effort.

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