‹ L'ile de SardaigneChapitre 25 sur 55 · MM L'ILE OU SABDAIUNE · texte numérisé non relu

MM L'ILE OU SABDAIUNE

tolitres (1). La récolte du maïs est de 16,323 hectolitres ; celle de l'orge, de 201,454 hectolitres; celle de l'avoine, do 111,858; celle des autres grains ou légumes, de 135,040. C'est, en tout, 1,314,416 hectolitres do céréalns. Sur ce chiffre. 270,000 sont consacrés aux semences, ce qui donne un produit d'environ 5 pour 1. Le produit, en France, est de 7 pour 1. Il y a quarante ans, il n'était que de 5 1/2 pour 1 . La Corse produit 074,003 hectolitres de céréales, dont 403,509 de froment, et la Sicile 7,860,(106 hectolitres de céréales, dont 5,K77,475 de froment. Lu produit du royaume entier d'Italie est de 65 millions d'hectolitres de céréales. En Sardaigne, la consommation est. en moyenne, de 2 hectolitres 21 centièmes par habitant. Elle est en Italie de 2 hectolitres 45 centièmes, et eu France, de 2 liei'tulitnîs S2 l'oiitièmes (2).

lui titrai par personne.

(î) Les statistiques n'exiiieni pouf ninsi dire pu» 911 SardflJgnc; auast, du qtielquH précautions qu'on s'entoura, l« cbilTres que l'on donne- j>rù.

ri'i.tciil q io:uhjri.-n. t .a i-Uniirc. liVtlfiivs. Il ■;sl .]'iiillcii!-| furl Jilli-ili'

d'établir mit moyt-ntio [tour la récolte en férinlsa dont un pays où lut quUlltaa nnEcmcncics cl recollé s varient dam des proportions dnonqeî, suivant que lea conditions nlmosp]iéric,Lics ont été plus ou moins (aïornbloa. Voici lu ehiftres recueillit peur Ici (innées qui présentent entra elles on écart considérable :

AGlUCULÏUkK. <o7

Le plus grand obstacle nu développement de la culture des céréales en Sardaigue, est la sécheresse ; elle vient souvent si t<>t que 1rs semailles fuites nu prin ■ temps réussissant dil'iii'ilemenf , et elle se prolonge souvent si tard qu'on n'a pas le temps de préparer le sol pour les semailles d'automne. Il en résulte que In quantité de terres ensemencées dépend do la précocité et do la quantité des pluie* automnales, et que si ces pluies se font trop attendre , toute l'industrie de l'homme ne saurait faire que la récolte soit abondante. 11 en résulte encore qu'il est presque toujours impossible de resomer la même année les terres qui ont une récolte d'automne, et qu'ainsi une grande partie du sol est condamnée à la jachère par les conditions atmosphériques du pays. Ces conditions tiennent ù la situation même de l'Ile ; mai3 elles ont été beaucoup aggravées par l'impéritie des habitants. Les pluies sont devenues beaucoup plus rares depuis que plusieurs montagnes ont été déboisées, soit par la hache des bûcherons, soit par l'écobuage des pasteurs. Une fois, en effet, qu'il n'y a plus de végétation arborescente pour retenir les terres sur les pentes rapides, les orages les entraînent peu à peu, et la roche reste à nu. Dès lors les eaux pluviales s'écoulent et se perdent au lieu de s'amasser dans leurs réservoirs naturels, et les plaines n'étant plus arrosées et ne pouvant plus nourrir d'arbres faute d'humidité, ne retiennent plus les vapeurs qui, aussitôt formées, sont dissipées par le vent. On ne fera jamais de la Sardaigne un pays humide comme

nécessaire pour 411e son agriculture prospère. Si les conditions dans lesquelles la nature l'a placée, et qui sont au fond celles de tous les pays méridionaux, sont bien comprises, elle pourra redevenir facilement aussi florissante et aussi productive qu'elle l'était autrefois.

Les agriculteurs sardes . doivent réformer leurs instruments. Leur charrue n'est encore que l'araire décrit par les auteurs grecs et romains. Elle peut avoir son utilité dans certains cantons et à certaines époques île l'année. Mais en général il y aurait grand avantage à la remplacer par une charrue qui pénétrerait plus profondément dans le sol, en renouvellerait ainsi la couche végétale et permetU'uit aux plantes, en s'enracinant davantage, de mieux résister à la sécheresse. Le chari'.'i virile aurai! grand tiesnin aussi ■ ['{■tre perfectionné. Il est court, massif, lourdement assis .sur des roues pleines et liasse*. Ces roues faisaient

fer, étaient garnies d'énormes clous qui, à chaque pas, servaient de points d'arrêt. Avec de semblables véhicules on passe partout, on gravit, les montagnes les plus escarpées et l'on ne se brise nulle part, mais ou ne va pas vite et on ne transporte pas de lourdes charges. A mesure que les voies de communication deviendront plus nombreuses et plus faciles, on aura intérêt à adopter un chariot plus long et plus léger.

Les agriculteurs sardes doivent suivre l'exemple de nos provinces méridionales, ne pas chercher à étendre

AURICULTUItE. îflt

lii culture des céréales dont les vent» d'Afrique vendent souvent le sucées précaire) et se rejeter de plus en plus sur les cultures arborescentes, l'olivier, le mûrier, la vigne, qui sont plus productives et mieux appropriées au climat.

La vigne donne déjà des produits abondants et elle pourrait à elle seule, avec des soins, faire la richesse du pays. Les vins sont tous sains, agréables et assez alcooliques pour être exportés. Quelques-uns sout excellents et pourraient soutenir la comparaison avec les meilleure crus d'Espagne et de Sicile. Les plantations sont assez bien conduites. Elles se font tantôt en hautains entremêlés d'aulre.s récoltes, (;mti'>i. en ceps assez rapprochés les uns des antres et à peine élevés de trois ou quatre pierfs. Mais la manière de tailler est imparfaite. Le sol n'est ni suffisamment travaillé ni fumé, et l'on n'obtient pas des récoltes proportionnées à l'étendue du terrain cultivé. On fait mal les vins et on ne sait pas les conserver. Ceux qui s'exportent sont mis en tonneaux, ceux qui restent dans l'île sont en général déposés dans de larges cruches et se consomment dans l'année. Il y a pour quelques qualités supérieures des bouteilles dont la capacité est d'environ cinq litres. La Sardaigne produit annuellement plus de 500,000 hectolitres de vin, environ un quarantième de la production totale de l'Italie (1). Elle

II) Bo KM, lu rfcol» du vin u éis, lin lu provins! de Cugliuri, .ls 3JII.B33 liectolilKii la Chambre d c commerce par:i h 3J finira la prix moven île. l'heciulit™. Otu- rac jurai: un peu entrée.

LUI.K SARbAlOKK.

pouiTait arriver vite à doubler sa, recuite, car les ceps croissent avec une grande vigueur, et portent beaucoup de raisins et de gros raisins ; la gelée n'est jamais à craindre et la quantité de terres susceptibles d'être cultivées en vignes est immense. Lie 1829 à 1840 on a planté en France 200,000 hectares de vignes, soit en moyenne 10,000 hectares par an. Avec de l'énergie ctdeTiutelligenceuii pourrait, en Sardaigne, eu planter 50 peut-être 70,000 hectares en vingt ans, et obtenir de celles ijui existent déjà un rendement double et même triple (1).

L'olivier prospère très-bien. On le trouve presque partout à l'état sauvage et lorsqu'on le cultive il devient énorme et porte des fruits superbes. Plus vigou reux qu'en Provence, car la terre est plus fertile, il donne aussi des récoltes plus assurées parce que le climat est plus chaud. On peut en développer considérablement et avec grand profit la culture, car il est rare que dans les vallons le thermomètre descende au printemps à ;t ou 4 degrés au-dessous de zéro, température qui suflit à geler les fruits et même à compromettre le jeune bois, et il est sans exemple qu'il soit descendu en hiver à 9 ou 10 degrés, point où l'arbre est 'atteint au ciimr, et où il faut le couper au pied. La

(1) La production du vin dans le njanms ■l'Italie s'flive k 211 milUoii. d'hectolitres. Ln Kroiue n uro.lnit, c. 17HB, 2b millions d'hcctoHircs ; en 1B4M, l'unndc lu plu* il Wi dirai.', elle «il s produit SI millions cl demi | en 1833, sa million» et demi, cl en 1864, lu pli» mniiviiîM année de cette période de ijuatre-viDgl» »us, ln,îi)U,U69 hectolitre;. La Corse n'a. que 111,000 hectare^ de k i^m.- ; elle | u\i it.i : [ en nvair !25,<"K1.

Dr, i : ?J Lv

A nttl CULTURE, ïll Sardaigne n'a encore que 8,000 hectares d'olivaies, pas tout à fait !e double de ce qu'il y aen Corse (1), et ellenp produit que 54,000 hectolitres d'huile, environ la ving'huitième partie de la production totale de l'Italie (2).

La culture du mûrier est encore plus négligée et à tort, car elle donnerait des produite considérables^'-. l.a Sicile en tire chaque année près de 9 millions de francs (4). La Sardaigne pourrait on tirer autant. -Mais pour cela il est néuessaire que l'esprit d'industrie s'éveille et que les prands propriétaires donnent l'exemple, car la production de la soie no s'improvise pas: il y faut du temps et de l'argent.

11 y a en Sardaigne beaucoup d'orangers et de citronniers; ils viennent admirable m eut, atteignent une grande hauteur et produisent beaucuup. Rien n'égale la beauté des forêts de Millis, d'Iglesias 8t de Flumini ; les fruits ne sont pas iinymirs excellents mais ils fournissent à l'exportation des produits importants.

La culture des terres et la production du bétail qui ailleurs sont étroitement liés et se prêtent un mutuel appui sont, en Sardaigne, deux choses essentiellement distinctes. En effet, comme il n'existe pas de prairies, on n'a pas non plus d'étables, on ne recueille pas d-'en-

(1) La Cont a 4,600 Lectures plantes en oliïisrs.

[ï) L* royaume d'Iulio produit 1,532,37» btCtoUtlM d'huile d'oliif.

raenl proimblc pour h I - i i.'i il ;i k::r'jT.':i--v.'.-- - 1 ■ 1 ■ ■ ^nininicj j.ironcf . ■ R.L[yi'L"- i]'-.- I.'IliiimI.i ^- 'h ■ :i!Lllli'.T'<: i]l H. 7jl Lî !: , : L r □ .M i . >

(4| Jji Sicile pmluit 8,2iHI,"flO kilogminDU» do corons de wic qui oui une valeur d'coTiron H,SW),<MK1 rmncB.

praïs, et la quantité d'animaux que l'on possède n'a aucun rapport avec l'étendue des terres que l'on sème. Et de même que la terre est abandonnée à elle-même et 'ionne des résulte- in Impures nt des récoltes moins fréquentes, la production du bétail n'est l'objet d'aucun soin, et au lieu d'être la richesse de l'agriculture elle eu est la plaie. Le bétail vague dans les plaiues, dans les clairières ou dans de vastes enclos. Il vit toujours en plein air, sans le moindre abri, paissant l'herbe qui abonde au printemps mais qui .souvent fait défaut pendant les sécheresses de l'été et pendant l'hiver. Ces alternatives de bonne et de mauvaise nourriture, les jeûnes trop prolongés, le froid, le manque d'eau ont une influence très-funeste à son développement, abâtardissent les races et amènent fréquemment de terribles mortalités (1).

(1) Dut lu province de Cnglûtri, il ont mon At froid, |«ndmit l'hiver

a* lut ii*6oi

UtBt le premier, inr 11,892 bœufs, il en eil orjvf 1,115

— S, JUS Ticfiei, — 6,665

— 2,"9ii chevmn, — 1,039

— 11,917 porc», — 5.B0T

— 27.BB1 cl.avn», — 12,369

— 11,112 mouton», — «7,311 Duh lu second, aur 33,261 bcouls ou moins, — 7,l>l«

— 6,226 charnu, — 1,4,19

— 37,419 porcs, — 2,549

— 69,669 chevron, . — 33,913

— UI,7B3 moulons, — 47,291

AOiUCBLTURR su

Aussi les animaux ne sont ni aussi beaux ni aussi nombreux qu'ils pourraient être. Los bœufs ressemblent à ceux de l'Italie méridionale, mais ils ont dégénéré; leurs formes sont moins fines et leur taille moins haute ; toutefois ils ont conservé beaucoup de force et de vivacité, leurs longues cornes et leur rapide allure. Les vaches ont des portées moins fréquentes et une quantité de iait moins considérable qu'en France. Le luit n'est presque jamais converti en beurre; on eu fait du fromage qui s'exporte a Naples. De 1815 à 1825, la moyenne des bir.ufs existant en Sardaigne n'a pas varié ; elle a été de 80 à 90,000. En 1831, à la suite d'une épidémie, elle est tombée à 12,000 ; elle est aujourd'hui de 130,896, y compris les taureaux. Le nombre de vaches est de 150,000; ce qui donne, en comptant les jeunes bêtes, un total de 281,790 tètes. Il y a en France 2,500,000 bœufs, 500,000 taureaux, 7 millions île vaches et pins de -1 millions de veaux de moins d'un an.

Les chevaux sont excellents ; les uns appartiennent à la race espagnole et viennent des étalons introduits par les Aragonaïs après la conquête ; ils ont à peu près la taille et la forme des chevaux andaloux, la tète busquée, les oreilles longues, la croupe de mulet, la queue mal plantée, les jambes parfaites. Les autres, qui sont ta race indigène paraissent dériver .les chevaux barbes avec lesquels ils ne sont pas sans ressemblance ; ils sont plus petits, mais plus vigoureux et plus robustes que les premiers; leur taille ne dépasse pas un mètre et

ill L'ILE DE SARDAICNi;.

demi; ils sont d'une sobriété rare, et supportent sans peine les plus grandes fatigues. Il y en a d'aussi petits que nns chevaux corses; ce no sont que des individus dégénérés; toutefois ils sont assez nombreux pour qu'on ait cru pouvoir les considérer comme une race particulière, à laquelle on a donné le nom d'aehette. Tous les die vaux sardes sont élevés en plein air, presque à l'état sauvage, loin de la vue de l'homme. Lorsqu'ils sont en Age de rendre des services, on leur lance un lazzo, ou les saisit, on leur passe un licol, on y attache une longue cordo, on les fait courir jusqu'à ce qu'ils tombent de fatigue, puis, à l'aide de la bride, du jeûne à l'écurie, en les attachant à un cheval déjà dressé, on les dompta en quelques jours. L'ailure qu'on leur enseigne . est l'amble, et. l'on comprend cette préférence dans un pays où, par suite dit défaut de routes, ou voyage beaucoup j'i cheval et où on passe souvent en selle dos journées entières. Les chevaux qu'un ne hisse pas paître sont nourris à l'écurie avec de l'orge et de la paille hachée, Il y avait en 1815, 02.141 chevaux en Sarduigne. Il y en a maintenant 08.300. C'est un cheval par 10 habitants. Il y a environ en France 3,600,000 chevaux, soit un elieval par 1 1 habitants.

Les ânes «mit très-nombreux, très-petits et trèsvelus. On no les attelle pas et on les monfo rarement. Un les emploie nu connue béfes de somme ou comme meuniers ainsi que l'iudique leur nom de molentu. A Sassari ils sont porteurs d'eau. Les porcs abondent ; ils vivent ordin.-iiivuii'iit dans h>> forêts, se uiuirissent d'Iier-

Ali R] CULTURE. 315

bes et de glands, à demi-sauYBges, le poil hérissé comme le sanglier. Leur taille est petite, mais leur uhair excellente. Il s'en consomme et s'en exporte un grand nombre. Il y en a 168,000 ; la France en a 0,000,000. Les moutons ne sont remarquables ni par leur grosseur ni par leur laine, il y en a 920,000 et 400,000 chèvres. Au total, laSardaignea 1,838,106 tètes de bétail de- toute espèce, ce qui donne 476,228 tètes de gros bétail ou environ 480,000 tètes, en comptant les ânes, dont le nombre n'est pas exactement connu. C'est environ une tête par 5 hectares. La moyenne pour le royaume actuel d'Italie est d'une tête par 3 hectares (1).

En général, les racos d'animaux sont bonnes. Elles sont appropriées au sol et au climat. Il faut se garder du les changer. En choisissant les meilleurs sujets, ceux qui se distinguent par leurs qualités et leurs formes, en lour donnant une nourriture convenable, un abri dans les grands froids, tous les soins en un mot qu'ils réclament, en ayant renWH à des civ>isaments discrets par exemple pour les juments aux étalons arabes, pour les vaches aux taureaux de Sicile et de Naples, elles s'amélioreront vite, s'anobliront et deviendront excellentes. Les vaches donneront à la fois plus de lait et plus de veaux. Les bétes de trait seront plus fortes, les animaux de boucherie fourniront plus de viande et une viande plus succulente, les chevaux prendront plus de finesse, sans perdre de leur fond.

(lt 11 y » en France 1,385,910 lllvrH ai 34 million. Jo monlon..

21« 1.Ï1.E OE SABDAIQNE,

La pastorizia, qui a nui beaucoup à la production du bétail, a nui bien plus encore aux forêts.

Les forêts occupent en Sardaigne une surface considérable, et ca qui doit étonner c'est que, malgré les dégâts dont elles ont été, dont elles sont encore l'objet, leur dévastation n'ait pas été plus complète. Cette dévastation n'a eu en effet pour limite que le besoin public, et les pasteurs n'ont jamais calculé l'étendue des incendies qu'ils y allumaient dans le but de fertiliser pour un instant quelques coins de terre. Heureusement cette destruction a été compensée par le défaut d'exploitation. Et taudis que les bois de haute futaie disparaissaient presque partout à proximité des villages, sur les hauteurs et dans les cantons inhabités ils restaient vierges. Le défaut de routes a empêché qu'on tirât parti des grands arbres qui auraient pu convenir à la marine (1) et l'on n'exporte guère par an que deux à trois millions de kilogrammes de bois de construction. Le revenu des forêts consiste principalement dans le droit de glandée que paient les propriétaires de porcs et dans la vente des écorces. En 1860, l'exportation du liège a été de 700 mille kilogrammes. Le chêne est l'essence dominante et le chêne

il) En 1B39, notre ministre dos finances di.jil, 6. lu tribune (20 juillet:, ., 11 j a en Corse 100,000 hectares de bois; mais l'nbacnce île route* et ■le moyens Je transport ■ emptehl Jusqu'à prinit le gouvernement d'en tiret aucun produit Longt-mpi les ferfu de In Corse ont été nluindcnnée» ù Js marine, et quiir.i 1.1 Jimi-m*; i'.u,j;t <'iili-iur, i] en ]-e :; ^Li;iit qu'un nrbre lui ternit retenu àMO IV. ouj.TOfl fr. ■ C'est ce qù » li« an Sur-

vert, le rouvre et le liège, les espèces de chêne les plus répandues.

Au total, le revenu agricole de la Sardaigne est. brut, de 48 millions, et net de 19 millions de francs (1). Le revenu brut de la Sicile est de 200 millions et son revenu net de 80. Le revenu brut de la Corse est de 25 millions et son revenu net de 7(2). La rente nette de la terre n'est donc en Sardaigne que de 8 francs par bectare et de 31 francs par tête. Cette rente est en Italie de 43 francs, et en France de uG francs par téte.

La faiblesse du revenu agricole de la Sardaigne est l'indice le plus clair de l'état de déchéance dans lequel y est tombée l'agriculture. Les terres sont vastes et fertiles. Si celles qui sont cultivées l'étaient avec plus d'intelligence et des capitaux plus considérables, elles produiraient certainement trois foi.s plus qu'elles ne produisent, et si celles qui sont en friche étaient mises en culture, l'île nourrirait aisément une population six fois plus nombreuse. Comment arriver à ce

(1] D'apris une. aulie statistique, celle Je H. Saochi, dirocleur général des domain» du royaume d'IlaJio, le revenu net des biens ruram est estime en Sardaigne à. 17,9110,000 fr., et «lui dei propriété! urbaines a 2,779,000, aoit, en tout, a 20 million! et demi. Dans ce chiffre de 20 mil. lions et demi, qui représente la totalité du revenu foncier, les biens domaniaux entrent pour 1 ,«0,000 fr., et Ici bieni particulier* pour 1»,250,000. Cest donc un revenu foncier île 31 lr. 02 c. par habitait.

(2] En mettant ces évaluations eu rcgnrd, il ne faut pas oublier qu'elles font puisées 1 dea soutcea diverses, et que, par conséquent, 1m touaparnisone qu'on en tire ne sont pas rigoureusement eisclee. l.cs cbiflres donné» pour la Sardaigne et la Sicile sont peut-être nu peu élevés. « oeux donnée pour la Corse tut peu bas. Toutefois on ne saurait les mo. tlilier uni entrer dues nue voie tout arbitraire.

SIR l.'ILE DE BARDAIQ1Œ.

résultat? Il y a pour cela deu\ moyens, les moyens généraux et les moyens particuliers, les réformes agricoles et les réformes sociales.

Faire des prairies naturelles et artificielles autant que le permettent le sol et le climat (1), restreindra l'étendue des pâturages et les cultiver, comme on dit en Angleterre, récolter des fourrages, bâtir des écuries, soumettre le bétail à une stabulation permanente ou temporaire, recueillir du fumier, adopter de meilleurs instruments, alterner les récoltes sur le même sol, de façon à en tirer, avec le moins de frais possibles, le revenu le plus élevé possible, concurremment à la culture des céréales, développer la culture de la vigne, du mûrier et de l'olivier : voilà quelles doivent être les principales réformes agricoles et dans quoi ordre elles doivent être entreprises. La Sardaigne est trop vaste pour les bras et les capitaux dont elle dispose. Il n'est pas paradoxal de dire que si elle était trois fois moins étendue elle serait plus riche. La raison en est simple. Iles espaces immenses sont consacrés au pâturage. Les animaux naissent et vivent an hasard. Si la siiison est trop siVhe, si l'herbe est rare, aucune prévoyance ne suppléant à ce que la nature ne fournit pas, ils souffrent, dépérissent, s'étiolent, bien heureux lorsqu'il ne se déclare pas parmi eux des épidémies qui les emportent par milliers, et, lors-

(11 Dnni le royaume d'iwlin, 1,. ihziii» «uiiluniriil ilof vr™ aralil» ni en pmiriM imtwrlln on anlfWellPi,

AGRICULTURE. 210 'lue le froid ne tue pas ceux qui ont résisté à la faim. Les troupeaux exposés ainsi à des souffrances multipliées et à des déciniutioiis périodiques ne donnent que îles produits inférieurs et moins nombreux. Il y aurait donc, môme au seul point de vue de la production du bétail, grand profit à modifier le système île la pastoriria. Les pasteurs s'eurichi raient en se fixant. Le jour où ils seraient cantonnés, leur industrie s'éveillerait, ils feraient du foin, ils bâtiraient des granges; au lieu de tout i ttendre de la grâce de Dieu, ils sèmeraient des fourrages, ils arroseraient leurs prairies; Leur bétail deviendrait plus beau. Il pourrait èlre plus nombreux, mais à supposer qu'il le fût moins, ils en tireraient encore un profit plus élevé. C'est la libéralité de la nature qui fait leur pauvreté, ftiopem copia fecit. Avec un bétail soumis ;t hi Miihiiluiinii et l'emploi des fumiers, l'agriculture se transformerait; au lieu d'égra'i-

'gnerde vastes espaces avec une charrue toute primitive, on alternerait les récoltes dans le même sol défoncé plus profondément, et on tirerait plus d'un hectare qu'on ne tire maintenant de dix. Car là encore il faut se restreindre, et pour avoir plus, cultiver moins et cultiver mieux.

Los obstacles sociaux qui s'opposaient à cette transformation, le (Imn'ei'iienient a commencé à lesjever. Il a aboli les servitude» féodales, donné la liberté, séparé la propriété domaniale des propriétés communales et particulières. Il n'a qu'à poursuivre dans cette

voie: mais il faut qu'il poursuive résolument, qu'il

>2Q L'ILE DE S A RUA t<J NK.

achève le réseau des routes commencées afin de rendro laciles et promptes les communications intérieures, qu'il développe et améliore les services maritimes, afin de multiplier les communications avec le continent, qu'il travaille sans cesse à l'appropriation des communaux, car ce n'est qu'en créant des propriétaires qu'il créera des agriculteurs. Et ce n'est point là l'affaire d'un jour. La Corse était française .1 1 depuis près d'un siècle lorsque la loi du 22 juin 1854 j a aboli la vainc pâture, et la vieille France a encore quatre millions et demi d'hectares de communaux (21 .

Il ne serait pas inutile d'établir des foires, des marchés, des concours. C'est là la véritable école mutuelle des paysans. Ils y comparent entre eux les animaux, les denrées, les instruments, Us y sont stimulés par la vue des profits que donne l'aiiiélinratiuii des races. Ils s'y rendent mieux compte des prix, y vendent et y achètent plus avantageusement et plus facilement. Ils s'y entretiennent des méthodes d'élevage, des modes d'assolement, des résulats des croisements, et ils n'en reviennent jamais sans emporter avec eux l'idée d'un progrès.

Les paysans sardes ont d'excellentes qualités, ils sont sobres, intelligents, tenaces, mais il faut les faire sortir

il) L» Corso a été réunie à la Ftinm sa 11uâ.

Vnnec, Il celle e>«qu, 4,1 18,655 beclnres de commuuuix; 2,190.000 beetum h ivmpouieut de luuk* et Je pùiwt. et ne produisaient y* Ski francs pu- liecwre. Drjmit 11100, un ta a [iineïiore, itfttieU ou r«. 'm,;-.' un rvriaii iil<re J'1 1 :it<-».

AURICULTORIS. Ml

de leur isolement en cherchant imites les occasions de les mettre en contact et les arracher à leur routine en leur donnant l'exemple. Que les anciens seigneurs se mettent à l'uni vre. Jusqu'à présent ils contraient leur, fortune à un intendant, et ne connaissaient leurs terre» que par les revenus qu'ils en tiraient. Qu'ils s'y établissent, ils s'y attacheront, et le goût, l'idée des innovations leur viendra. Il leur faudra du courage sans doute pour aller s'en fermer dans des campagnes désertes, loin de toute société, car ils sont d'une race qui est par excellence la race de la cité et des plaisirs. Mais le sacrifice qu'ils feront aura sa compensation, il leur sera payé en popularité et en reconnaissance. Ils trouveront dans leur séjour aux champs un double avantage, lis y acquerront une influence plus solide que celle qu'ils empruntaient autrefois à leurs titres et à leurs privilèges, et ils deviendront riches en faisant la richesse du pays.

On croit en S arda igne que la création d'une banque agricole y ferait comme par enchantement prospérer l'agriculture. C'est là, sinon une erreur dangereuse, au moins une illusion profonde. Une banque rendrait sans doute service aux propriétaires en leur fournissant à 10 l'argent qu'ils empruntent à 20 ou à 30 pour cent. Mais si elle les ruinait plus lentement elle ne les ruinerait pas moins sûrement. Car le revenu d'un capital en argent étant toujours plus élevé que le revenu du même capital en terres, le profit retiré d'une amélioration agricole couvre rarement l'intérêt de l'argent qu'on y consacre et il ne saurait le couvrir dans un

Î23 L'ILE l>K SARbAlOME.

pays pauvre oA l'argent étant rare est cher, et où la terre étant abondante, les productions agricoles sont, comme la terre, à bon marché. Est-ce à dire que les institutions de crédit foncier et agricole soient sans utilité ? Non. Elles en ont une grande pour la société ; car tout en abaissant le taux du prÊt, elles donnent aux propriétaires pîus de facilité pour emprunter, u'est-àdire pour se ruiner, et elles arrivent ainsi à substituer plus rapidement aux propriétaires obérés, des propriétaires riches avant non-seulement la libre disposition do leurs fonds, mais celle d'un capital en argent.

Pour relever l'agriculture il y a uu moyen plus efficace que de fonder des banques, c'est d'imprimer une vive impulsion au commerce et à l'industrie et de créer par là une riche et forte bourgeoisie. Les pays les plus

l'agriculture atteint le plus haut degré de prospérité, parce que ce sont ceux où il se forme le plus de capi taux et où l'argent manque le moins à la terre. Les contrées exclusivement aiii'icides ne peuvent suivre que de loin le progrès parce que la richesse s'y l'orme moins vite. Avant de tirer de la terre, il faut lui donner, et en Sardaigne les avances doivent être plus considérables qu'ailleurs, car tout, absolument tout est à créer. 11 faut de l'argent et beaucoup d'argent pour bfttir des écuries, des fermes, pour défricher les laudes, pour faire des prairies, pour assainir. Un supplément de bras serait sans doute fort utile, surtout pour la culture de la vigne, de l'olivier et du mûrier; mais outre que

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l'argent est plus facile à trouver, il n'est pas moins né-

à l'insuftisaiice des brus. Car le progrès agricole consiste en grande partie dans la substitution, sur une large échelle des plantes fourragères aux céréales et des machines au travail de l'homme, et partout où ce progrès a eu lieu grâce à l'abondance de l'argent, en Angleterre, en Hollande, eu Belgique, dans le nord de la France, on a vu, à mesure qu'il s'accomplissait, la population rurale diminuer proportionnellement à la population urbaine. Mais où trouver des bras et de l'argent ï Pour la moment, !a colonisation agricole n'eu fournira guère, à cause de l'insalubrité du climat et surtout à cause de l'incertitude des prurits. Mais on peut fonder plus d'espérances sur l'exploitation des mines, sur l'industrie, sur le commerce maritime. S'ils continuent à attirer l'attention des étrangers, les capitaux viendront du dehors en abondance, se multiplieront, s'accumuleront, reflueront peu à peu dans les campagnes, et finiront par faire de nouveau de la Sardaigne un des greniers do l'Europe,

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