MAB1NE
Ère* et dnnt l'histoire Oxalique assez l'importance. La cote orientale, avec le petit mouillage de l'Ogliastra, bon tout au \i\ua pour un brick, mais auprès duquel on va creuser dans l 'étang do Tortoli un excellent port de refuge 11), a deux ttnUon remarquables, celui de Terranova et celui degli aranci, ne formant à vrai dire que les deux parties du même jjnlt'n et situés à l'extrémité d'une vallée ferlile qui diibnui'lii' dans le centre de l'île. Le port de Terranova est peu commoile pour la naviga- ' tion à vapeur, parée qu'il est trop étroit et trop peu profond à l'entrée, et qu'il est semé d'écneils granitiques. Mais II sera biMiir/'t amélioré, et, eu attendant, la rade degli aranci qui est vaste et sûre peut suffire à tous les besoins.
Aux avantages que lui donnent le développement et la configuration de ses cotes, la Sardaigne en joint un beaucoup plus ci msid érable, celui de sa position.
Placée au milieu du bassin occidental de In Méditerranée, elle est le point le plus central entre l'Italie, la France, l'Espagne et l'Afrique, le port d'où l'on peut rayonner le plus promptement dans ces différentes directions et le plus aisément courir à l'attaque ou à la défense de Rome, de Naples, de Païenne, de Gênes, de Toulon, de Tunis, d'Alger, de Barcelone et même dé Gibraltar. Si l'Italie la possède elle lui sert de bouclier, si elle sort de ses mains, elle devient contre elle une menace, car elle est pour ainsi dire attachée à ses flancs.
(I) Un premier i:r*M de SO","i«i fini*» ii <•<■■ «mon.
Cagliari est à J18 kilomètres île Trapani, à ;183 de Païenne, à 475 Je Naples. Terranova est à 401 kilomètres de Naples et à de Civita-Yecchïa. LaMadaleaa en est encore plus rapprochée.
Importante au point île vue militaire, la Sardaigne l'est encore plus au point do vue commercial, et elle pourrait devenir comme entrepôt de marchandises une station de premier ordre. Elle forme en effet avec la Corse les deux étapes directes de la France vers l'Algérie. Elle est comme un prolongement, comme la main tendue de l'Europe vers l'Afrique. Africaine au sud et provençale au nord, la nature en a fait le trait-d'union des deux continents, et elle sera sans doute un jour l'intermédiaire le plus fréquent de leurs relations. Gènes, lîastia, Terranova, Cagliari, Tunis sont à peu près dans la même longitude et se trouvent placées ù de courtes distances sur la même ligne droite. Il y a 281 kilomètres de Tunis ù Cagliari, 192 de Cagliari a Terranova, autant de Terranova à Bastia et :£03de Bastia à Gênes. Cagliari est à 285 kilomètres de Bone et à 600 d'Alger. Au nord la Sardaigne n'est séparée delà Corse que par un étroit canal. I'orto-Torres est à quelques heures d'Ajaccio et ù ;114 kilomètres de Toulon (1).
Enfin Cagliari est le point le mieux approprié au rail) Ce. ffiitaM* uml iwkifci tu ]i«n<]» dmiia. Comme je kl ai «Ivvita sur mm cuite qui n'en pin d'une Ired-grands échelle, peu- \eiit n'cirs jas toulc* li'uws e&wiituJo iiUolne, moi! elles tant d'une .■ineiitiidc tuffiwnit pour 'q ilfaMmetraliiHi â ]*qne]lc [Iles Krvtnl de
MARVSF, Ml vitaillemeut des vaisseaux qui font les grandes traversées du nord ou de l'ouesr, en Orient. Tous ceux qni partent de Russie, de Suède, de Danemarck, de Hollande, d'Allemagne, d'Angleterre, des eûtes occidentales de la France, de Portugal pour aller dans la mer Noire, à Constantinople, en Egypte, on Syrie, et bienlot par le canal des deux iners dans l'Inde et en Chine, y trouveraient à l'aller ou au retour, sans se détourner de leur route, un port vaste et sur par tous les temps, des provisions de toute espèce, et bientôt avec un télcgraphe électrique eu communication avec l'Europi'. l'Asie et l'Afrique, une eau abondante et pure qui jusqu'à présent avait fait défaut. Nul autre port ne réunit les mêmes avantages. Halte n'est qu'un rocher stérile et ceux de la cote occidentale de Sicile sont insuffisants (1).
Que la Sardaigne sorte de l'état d'inertie où elle a longtemps vécu, qu'elle développe sa production agricole et son industrie, elle verra grandir chaque jour ses relations avec les pays voisins et elle pourra prendre une large part a ce grand courant d'affaires qu'ouvrira bientôt a l'Occident le percement de l'isthme de
L'un des plus grands marins de notre siècle, Nelson, semble avoir prévu pour elle cette brillante destinée. Il l'a dit vingt fois avec l'autorité que donne le génie et
(1) Voysz Comte Albtrto d<=11« Munwn, OuHioni mariilvi v ii««H altUtUil SunffgM; 18S0: <* rj.imo êl Sur; ili tutha* Wffmflrorltttrtrt ,li Cagldrf; h-l-, 18M.
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une expérience ou sommée, et pendant les différents séjours qu'il v fit. au moment où il commandait la flotte anglaise dans la Méditerranée et. bloquait Toulon, il en a souvent daim sa patriotique ambition souhaité la possession à son pays (IV «La Sardaigne, écrivait-il, a des ports où nous pourrions établir des arsenaux et abriter notre flotte entière à vingt-quatre heures de Toulon, et d'où nous pourrions surveiller à la fois l'Italie et la France de façon ace qu'aucune flotte ne passât entre la Sicile et la côte de Barbarie ou a travers le détroit de Messine. Sous le rapport de la position Malte ne saurait ctro mise sur le même rang. Quant à la Sicile tous
quant ne peuvent servir qu'à surveiller le phare de Messine 2;. .. Si la France s'empare delà Sardaigne elle commandera dans lu Méiltlerrauée :11...0niu'arapport('' que la visite de Lucien Bonaparte a pour objet d'arriver à obtenir rette ile en échange de Panne et de Plaisance. Ceci ne doit pas avoir lieuou t<M un tard noua perdrons la Sicile, Malte et l'Egypte... La Sardaigne est le port le plus important de la Médïterrance et la Mndalena la station la {dus importante de l'île (41... Quel
[I) En 1803 M 1SIH. Vojw Tki /<M o/SonUnla, hy John W»n Tyn- -Iule : London, lu». lom.I, rtap. vi.
(SI L«IN il» 22 rl&ciubre 1BIB à Ionl Hofturd.... Dam retlo leure. MeHon ajmilc : . MjlorJ. j'ose ïOM préJire que fi, put .lelienlcwe ou
mita Ile, Im Fm.enli i'.ii m^roM.T P™»pai< IV Lultre ,lu 22 juin IBM h lonl HiltkMlnr)'.
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MAHIKtî, . 1M
beau havre que cet archijiel de la M.idalenal)!... C'est le plus beau pour les vaisseaux de guerre qu'il y ait en Europe (2)... Le plus beau du monde, un port qui vaut Trinqueniale [31. . . Posséder la Surdaigne est le summum honum île huit ce qui pourrait nous arriver d'heureux dans la Méditerranée. Plus je la commis, mieux j'apprécie ce qu'elle vaut par la, position, les ports, les ressources de tout genre (4)... On me dit que le revenu de l'ile, les dépenses payées, ne donne pas ail roi 5,000 livres sterling par an; s'il en est ainsi, je lui donnerais pour la céder 500,000 livres sterling qui lui produiraient pour toujours L'a,!**) livres sforlingpar'an... Dans les mains d'un gouvernement libéral, et dêTm'ée de la crainte des Etats barbai'osques, on ne saurait dire jnsquVû monterait sa production. Ella mérite qu'on y dépense de l'argent, et je gage, sur ma tête, qu'elle pourrait être gardée à aussi peu de frais que Malte et produire un revenu plus élevé [5).'-» ■
On sait que malgré les conditions favorables dans lesquelles elle était placée, la Sardalgue n'a joué jusqu'à présent aucun rôle maritime, que ses ports sont restés longtemps déserts ou ensablés, qu'elle ne construit pas
' |lj Loine du 1" sait' Wia nu MjtiMh» Rym.
iîi Leiln nTlon) S'-Viuoeiit.
( S] Lotir» 4« 11 j«vi« MOI k lor.1 tllmo.
[11 Unie du il mur. 1801 lord Holnml.
|S) Lettre du 1" février 18<H i il. Jickwn.
J'uinii traduit ce' lettres en entier ei non par fmgn»»". ai SiImh nr repm.lilifiit pai nn'ni''s i.Li'i-s -niiïfrit dnni Ici mPm™ tnimea, jkiiir
rie navires, qu'elle ne se livre ni au commerre lointain, ni au cabotage, et qu'elle ne fournit ni capitaines au long coure, ni matelots aux marines étrangères. Son histoire explique assez cette déchéance. Comme elle a été pendant de longs siècles soumise aux cruelles invasions des Sarrazins, et qu'elle n'est que depuis l&X) à l'abri des incursions borbaresques, les habitants se sont retirés à l'intérieur pour y vivre en sûreté, et ils ne se sont point aventurés sur l'élément perfide craignant d'y trouver au lieu de profit la captivité ou la, ruine. Il n'y a donc pas de population au bord de la mer; sur 1.4S1 kilomètres décotes on ne trouve pas plus de six ports habités , Cngliari , Terranova , Porto-Torres , \\ghero il), Castel-Sardo et Santa-Teresa, et. entre ces différents ports il y a une distance moyenne de 2-lfi kilomètres sans aucun village. Il y a, il est vrai, vingt-elnn centres de population placés de un à cinq kilomètres de la cote, Quarto, Corbonara, Hur&vera, Villaputeu, lîari.Tortnli.Ixffizorai, Orosei, Siniscola, Posada.Bosa, Cngliori, Uristano, Cabra.*, Flumini, C.oimesa, Vîllarios, l'aima. Teulada, Pula, Sarroco. Mais ce ne sont pas là des villes, des villages maritimes, on n'y trouve aï parino, ni matelots. Voilà ce qu'a coûté à la Sardaigne le défaut, de protection et de sécurité. Le détail t de liberté ne lui a pas été moins funeste. Ne s'apporteliant point, sa vie commerciale ne s'est pas développée
ll| Il h'v a on iMiiè quo c?< rjunlra prtmitrf parla qui romplem («lim tillM imjwrlilnlriTnr Irnr pnjinlii'1 ,n.
dans le ^ens de ses intérêts ; «lie a été subordonnée à la vie politique et aux intérêts de ses maîtres, et comme ses maîtres ont souvent changé, les courants commerciaux ont changé aussi tour à tour. Le progrès a manqué du développement continu qui lui est nécessaire, et les efforts ne pouvant s'accumuler dans la même direction ont. été stériles. La prospérité des ports a subi toutes les vicissitudes de la politique. Ce sont ceux de la côte orientale et septentrionale qui ont prospéré, lorsque la Sardaigne a appartenu à Pise, à Gênes, au Piémont ; ce sont, au contraire, ceux de la côte occidentale qui ouf. eu le plus d'activité sons !a domination espagnole, et si Caglinri a conservé alors son importance, c'est que la Sicile et Naples appartenaient à l'Espagne. Dans l'antiquité il eu avait été de même. C'est à Cagliari, à Sulcis et à Nora que se trouvaient les centres principaux du commerce avec la (îarfhago, d'abord punique, puis romaine.
Aujourd'hui toutes les causes qui empêchaient la marine de naitre et do prospérer en Sardaigne ont disparu. La mer est. libre, les tarifs de douane sont assez libéraux pour attirer les pavillons étrangers, les entraves qui empêchaient le développement de la production industrielle et agricole ont été brisées. Rien ne s'oppose plus à, ce que la Sardaigne profite des avantages que lui assure sa position. Toutefois il faut du temps. l#s marines ne s'improvisent pas. Il y faut beaucoup de capitaux, il faut surtout le goilt et l'habitude des choses île la mer. Or, ce goût, les Sardes ne l'ont guère. Cet
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esprit d'entreprise et cet amour d'aventures qui ont feit lu gloire et la richesse des Génois, des Vénitiens et des Amalfitains, leur manque absolument. Ils ont uneéeole navale à Cagliari ; mais il n'en sort pas de capitaines capables (1). Et jusqu'aux pêcheurs de leurs eûtes sont des étrangers ; à l'exception des habitants de la Mtdalena et de Carlo- Forte qui sont, les uns d'origine corse, les autres d'origine génoise, presque tous viennent de Napleset de Sicile.
Ne désespérons pas ^pendant : cela changera.
Quand le réseau des routes et des chemins de fer sera plusavancé, quand la propriété mieux assise sera mieux cultivée, lo développement de la richesse éveillera le désir .le s'enrichir, et ces pasteurs, ces homme» de Cheval, se feront peut-être hommes de mer. Les bergers de la Madalena sont bien devenus pêcheurs, contrebandiers et matelots, quaud ils ont vu qu'il y avait plus de profit qu'à être agriculteurs. D'ailleurs, si l'Ile ne produit pas de marins elle en attirera. Quand elle aura beaucoup de denrées à exporter et qu'elle aura achevé ses phares (2) et amélioré ses ports, de nombreux navires la visiteront et viendront lui demander du blé, du sel, du vin, des minerais, lui apporter des étoffes, des outils, des machines 11 y a des contrées où In commerce italien est appelé à prendre dans l'avenir un grand essor, et où In Sardaigne est
11) Knpporl nu Ccjnwil provhi- i il iL- Uigliari, «"-ion île IH04. (B) On noniinil cinq rmiv«wï pliure.