‹ L'île de Sardaigne: description, histoire [ &c.]Chapitre 13 sur 52 · COMMERCE ET INDUSTRIE · texte numérisé non relu

COMMERCE ET INDUSTRIE

affaires qui étaient dans les nôtres. De 3 millions, ou elles étaient en 1849, nos importations en Sardaigne tombèrent à 1 million 700,000 fr. et de 1,700,000 fr. les exportations de Sardaigne en France tombèrent à 740,000 fr. Les unes et les autres se sont relevées depuis ; les importations de la France en Sardaigne sont remontées à 3,000,000 francs et les exportations do Sardaigne en France à 4 millions (1). Les importations du Piémont en Sardaigne, qui étaient en 1810 de 2,958,887 francs, montèrent à 4, à 6, jusqu'à 8 millions, et les exportations de Sardaigne en Piémont passèrent de 5 millions et demi à 8, à 12, à 13 millions pour redescendre ensuite (2). En 1859, c'est-à-dire dans l'année qui a précédé là formation du royaume

(1) Importations de Franco Exportations de Sardaigne Années. en Sardaigne. en France.

1852 1.754. 418 740. OOO

(2) Importations de Piémont Exportations de Sardaigne Années. en Sardaigne. en Piémont.

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dltalie, sur un commerce total de 32 millions, 21 millions représentaient les relations commerciales de la Sardaigne avec les différents États d'Italie et 11 millions ses relations avec l'étranger. Sur ces 1 1 millions, la France figurait au premier rang pour 8 millions et l'Angleterre au second pour 1,730,000 francs.

Les marchandises que la Sardaigne demande à l'étranger sont les tissus de laine et de coton, le fer et le cuir ouvrés, la quincaillerie, le sucre et le café. Les principaux objets qu'elle exporte sont le blé, le vin, le bétail, l'huile', les fromages, le bois, le liège, le sel et les minerais.

Le sel et les minerais sont jusqu'à présent les seuls produits importants de son industrie

Ses côtes étant, en beaucoup de points, fort déprimées et présentant de vastes plages presque au niveau de la mer, les marais salants y sont d'un établissement facile, et grâce à l'élévation de la température et à lafréquence des vents, Tévaporation s'y fait promptement et sûrement. Aussi peut -on y faire du très-beau sel à l)on marché. Autrefois l'État seul en produisait. Depuis quelques années, il a cédé son privilège à une compagnie qui, tout en concentrant la production dans deux ports, à Cagliari et à Carlo-Forte, l'a considérablement augmentée. L'État faisait environ 340 mille quintaux métriques de sel par an, et la moyenne de ses exportations à l'étranger ne dépassait pas 83 mille quintaux. En 1860, la compagnie a fait 1,343,978, et en 1863 1,518,635 quintaux de sel, dont 40,370 ont été vendus '

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dans l'île, 476,700 expédi(^s en Italie et 419,960 à l'étranger. Ce résultat a été obtenu sur 1,050 hectares de marais salants, au moyen de 12,996 journées de travail dont la moitié ont été faites par des ouvriers libres et l'autre moitié par des galériens. L'augmentation de la production du sel n'a pas seulement pour effet de fournir des salaires élevés à un grand nombre d'ouvriers, elle a l'avantage, bien plus important pour l'île, d'amener dans ses ports beaucoup de navires étrangers qui y font parfois de longs séjours, par conséquent de fortes dépenses, et de contribuer par là à y développer le commerce maritime.

Les mines peuvent être à l'avenir une source de richesse bien plus importante. Elles sont nombreuses. Il y en a de plomb, de fer, de manganèse, d'antimoine, d'anthracite et de lignite. Les Phéniciens, les Carthaginois, les Romains en avaient exploité les gisements les plus riches. Abandonnés pendant le moyen âge, exploités de nouveau sous la domination pisane et génoise, abandonnés encore sous la domination espagnole, leur exploitation n'a été reprise qu'en 1840. Mollement poursuivie d'abord, elle a fait depuis quelques années de grands progrès. Les concessions sont déjà nombreuses, les demandes de concessions affluent, et de tous côtés on fait d'activés recherches. En 1863 il y a eu 413, et en 1864, environ 500 demandes d'exploration. Parmi les mines exploitées, celles de plomb sont les plus importantes par leur richesse et leur étendue. En 1863, elles ont produit 14,890,792 ki-

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logrammes de métal représentant 3,110,423 francs. Une mine de fer concédée le T' février 1863 à une maison française (1), qui a donué le noble exemple d'adjoindre un hôpital à son exploitation, a dans la première année rapporté :10,000 et coûté 298,000 fr. Kn résumé, le produit tot;il des mines a été en 1803 de 3 millions et demi, les dépenses qui y ont été faites se sont élevées à près de 3 millions, le nombre des ouvriers qui y ont été employés a été de 3,000, dont les cinq sixièmes étaient des hommes, les autres des femmes et des enfants. En 1850, le produit des mines avait été de 557,191 francs, en 1855 de 1,206,871 francs, en 1858 de 2,815,663 francs.

Les usines établies jusqu'à ce jour sont peu imporlautes, il faut attendre pour en parler qu'elles se soient multipliées et qu'elles soient sorties delà période d'enfantement. Les tanneries déjà florissantes sont en progrès ^2). La fabrication des tissus languit. Les pêcheries de thon, pour lesquelles la nature ne permet pas de concurrence, sont de plus en plus favorisées. En 1863, on a péché 16,024 thons qui ont donné un bénéfice net d'environ 380 mille francs. En 1833, on n'avait péché que 7,751 thons; en 1835, 8,211 ; en 1837, 11,428.

Comme on le voit, la Sardaigne a tous les éléments d'un grand commerce et d'une industrie pnis-

(1) Petiu Gaudet.

(2) Je n'ose pas ciur de ch'ffivs, Ich Chambres de commère.? déclarant qu'elles ne l'osent pas elles mêmes.

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saiite. Mais, jusqu'à ce jour, elle n'a pas profité des faveurs que la nature lui avait prodiguées ; il est temps qu'elle se mette à l'œuvre et qu'elle regagne les années perdues.

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