L'ILE D£ SAK£>A1&N
rinsouciance, avides de plaisirs, braves comme le Qiè
et orgueilleux comme lui, ils n*oiit pas conmie les gae*
cons, cette pointe d*ifonie spirituelle qui fait pardonner
jusqu'à la fatuité. Ils n'estiment point assez haut ki
simplicité et ils mettent trop la grandeur dant le oéffé-
monial. Le général deUa Marmora a raconté quelque
part l'histoise d'un grand seigneur espagnol^ d'origine
sarde, le dac de Sotto -Major, comte de Montalyi&y bar
ron de Posada et autres lieux, qui,, pendant les ivoubles*
de 1823, était venu se réfugier sur ses terre» de Sar-
daig^. Ce gentilhomme avait einq^ chambres difféirenr
tes, où, suivant leur rang, il donnait audience à ses
vassaux. Il lui était resté de sa« défroqjue de maître des^
cérémonies du roi Joseph, un vieil habit écarlate- brodé
d'or sur toutes les coutures. Le dimanche il endossait ce costume qui lui rappelait sa splendeur de 1812. Le
recteur allait Fattendre à la porte de l'église et lui offrait
l'eau bénite. Les paysans étaient éblouis et. fiers de la
magnificence de leur seigueur, et ceux qui auraient dii la
trouver ridicule l'enviaient peut-être au fond du coBur«
Si elle a quelques travers, la noblesse sarde d'ail-^ leurs a de rares qualités, et c'est de ses rangs et de ceux de la bourgeoisie qu'est sortie cette phalange d'hommes distingués dont l'Italie est justement fiàre, et dont quelques-uns sont comptés, à bon droit, parmi les illustrations de l'Europe.
Je ne veux nommer personne, par respect pour la modestie des uns et pour l'amour-propre des autres ; mais tout le monde connaît les orateurs éloquents qui