LES MALHBURS D'UN CRITIQUE MODERNE
Aussi la population s’admi-
nistrant elle-même était-elle à la fois beaucoup plus heureuse et
plus policée que celle de la terre ferme. «C'est là, disait Lindsay, qu'il faut aller pour comprendre l'honnêteté et la bienveillance naturelle des Chinois.» (Report Of Proceedings. Carl Ritter.
Asien).
Les insulaires de Tsoungming peuplent successivement les terres nouvelles qui se forment dans l'estuaire du Yang-tze-.
kiang : c’est ainsi qu'ils ont colonisé la: grande île de Hiteï cha, elle-même formée de cent îles diverses, qui se rattache par des bancs de vase à la pointe septentrionale de l'entrée, Ils empiétent ainsi peu à peu sur la péninsule de Haimen, au nord du fleuve et la couvrent de belles cultures. .
Dans cette région du Kiangsou, ils Se trouvent en contact avec des populations aborigè nes presque sauvages, dont ils se distinguent singulièrement par la douceur et l'intelligence (Bourdilleau, Annales de la Propagation de la Foi, 1871) (1).
ming ne s'élève pas annuellement à plus de 15 centimes pär tête.
Les insulaires dont la grossièreté et la simplicité sont proverbiales auprès des habhitants de la terre ferme, doivent une partie de leurs malheurs à l’incurie des mandarins qui les abandonnent à eux-mêmes. Cependant, c'est encore dans les lieux les plus éloignés de l’action et de la surveillance des mandarins, que les attentats parfois barbares contre les personnes et les propriétés deviennent les plus audacieux. {Chroniques chinoises de l’île).
C'est la race de Tsong-ming qui peuple les nouvelles terres formées à l'embouchure du Kiang; c'est ainsi notamment qu'elle a colonisé et qu’elle occupe à l'exclusion de toute autre, la péninsule de Hai-men ( F4) deux fois plus vaste que la mère-patrie, et dont l’ancienne île de Hi-tai-cha, réunie ellemême depuis près d’un siècle au continent, ne forme qu'une insignifiante partie.
Dans cette région, ils se trouvent vers le nord-ouest en contact avec des populations aborigènes, dont les qualités aussi bien que Îles vices, indiquent une civilisation plus avancée que celle de leurs voisins.
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(1) Le renvoi fait en cet endroit par l’auteur aux Annales de la Propagation de la Foi donnerait lieu de penser qu'une partie notable de cette notice dott être imputée à Fancien missionnaire de Hai-men. 11 n’en est rien cependant, et le récit du P. Bourdilleau a tout au plus inspiré le dernier paragraphe de M. Reclus. Le mot “à demi-sauvages” appliqué par le missionnaire À ces aborigènes, est expliqué et restreint par les expressions “superstitieux et batailleurs” qui se trouvent à côté. Le P. Bourdilleau ne dit pas un mot, dn
Semblables méprises ne sont point rares dans l'ouvrage de M. Elisée Reclus. Contentons-nous d'en signaler quelques autres au sujet de Zi-ha=vei {Siu-hia-hoei), petit village situé à 8 kilom. S.-0. de Chang-hai (FE %). Un séjour de dix années consécutives dans cette résidence, qui est aujourd'hui le centre administratif de la Mission du Kiang-nan {ÿT #), nous donne quelque droit de choisir là plutôt qu'ailleurs le confirmatur de notre thèse.
Texte de la
Variantes proposées.
Nouvelle géographie (1).
C’est à Zi ka veï que se trouve le collège des Jésuites, fondé au
Le Collège de Zi-ha-vei (& R ÎË) a été fondé en l’an de grâce 1850. Les religieux de l’ancien-
dix-septième Siècle.
| ne Compagnie n'avaient même érigé en Chine aucun établissement de ce genre et, avant 1847, les nouveaux missionnaires du Kiang-nan ne possédaient en propre à Zi-ha-vei, ni un pouce de terrain, ni le plus modeste édifice.
A côté de ce collège exclusivement destiné aux indigènes, se trouve un observatoire météorologique et magnétique, élevé par les Jésuites français. Cet établissement fondé en 1872 est dû, ainsi que son mobilier et ses instruments, aux libéralités de bienfaiteurs français (2).
Ce collège est pourvu maintenant d’un observatoire météorologique où se trouvent les meilleurs instruments, grâce aux subventions des Etats-unis.
reste, de “l'intelligence” des Haiménois, qu'il déclare en revanche “plus grossiers que les insulaires de Tsong-ming.”
Nous offrons au lecteur un croquis de la carte de M. Reclus et nous y joignons une ” copie de la carte publiée par le P. Du Halde au commencement du siècle dernier. L'on verra que certains auteurs ont contume de faire leur besogne à peu de frais. Les cartes marines ne lui fournissant pas l’état actuel des côtes de Hai-men, M. Reclus s’est contenté de calquer pour cette partie de son travail, la carte des anciens Jésuites, à laquelle il a ajouté en mer, on ne voit trop pourquoi, l’île de Hi-tai-cha (BE Æ #) qui n'existe pas.
Une autre carte que nous reproduirons plus loin et que nous avons dressée d’après nos observations personnelles, rectifiera cette erreur de la Nouvelle géographie, et donnera une vue d'ensemble de la rive gauche du Kiang, la moins connue jusqu'ici.
(1) Op. citat., pag. 140. | :
(2) Relations de la Mission de Nan-kin, 1873-1874, pag. 61. — Etudes, par des pères de la Comp. de Jésus. Février 1888. L'observatoire de Zi-ka-vei par le P. M. Dechevrens.
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Reclus. 1882.
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* D'après le P. du Halde. 1735