‹ L'île de Tsong-ming à l'embouchure du Yang-tse-kiangChapitre 35 sur 61 · XV. LE NOUVEAU HAI-MEN · texte numérisé non relu

XV. LE NOUVEAU HAI-MEN

kilom. carrés, dépassent notablement les limites de l'ancien continent (1).

C'est encore aujourd'hui sur la pointe Est du promontoire

Haiménois que le travail des atterrissements du Kiang se montre le plus-actif: on pourra s’en rendre compte en comparant dans une nouvelle carte que nous offrirons bientôt au lecteur, l'état actuel des côtes, avec la carte de Li-fong-pao, dressée il y a 25 ans.

Ces rapides accroissements étaient providentiels et permirent à la population trop dense de Tsong-ming, d'aller chercher ailleurs des moyens d'existence, que l’île devenue trop étroite commençait à lui refuser. Déjà on avait vu au 14° siècle (1379) cinq cents familles se transporter sur la rive droite du Fleuve, à 50 kilomètres de l'ile, sur les terres de Koen-chan hien (H Ill), qu’elles .couvrirent de leurs cultures et de leurs descendants (2). Mais cette émigration partielle, ainsi que d’autres qui la suivirent, n'épuisaient pas assez rapidement le trop-plein de la population Tsongminoise, lorsque le bruit se répandit dans l'île d'une nouvelle terre promise et porta vers les iles de la rive gauche le flot pressé des émigrants.

C’est qu’en effet, après bien des péripéties, le chiffre de la population que nous avons vu, à la fin du 13° siècle, d'environ 12.700 familles, s'élevait au commencement du 18° à celui de 89.000 familles (2), et il fallait trouver de nouvelles terres pour occuper ces bras et nourrir ces bouches qui se multipliaient chaque jour. C’est sans doute à ce besoin de vivre, c’est à son nombre aussi, à son labeur persévérant, que la race de Tsongming dut la pacifique victoire qu’elle remporta sur les aborigènes de la rive septentrionale. Tandis que ces derniers, dominés par cette exubérance de vie, restaient confinés dans les limites du territoire respecté jusque là par les eaux, et conservaient le nom de Kiangpé-jen (LA À), hommes du Nord du Fleuve, les insulaires venaient dresser leurs huttes de roseaux sur les sables à peine nés d'hier, et recevaient de leurs voisins dédaigneux et jaloux,

(1) Une triangulation approximative de cette contrée donne pour la Section de Haimen 1180 kilom. et pour la partie S.-E., rattachée à la sous-préfecture de Tsong-ming, 670 kilomètres carrés. Ce dernier chiffre, ajouté à celui de 780 kilom., surface de l’île, donne une surface totale de 1350 kilom. pour l’arrondissement de Tsong-ming. C'est cent kilom. de plus que n'’indiquait l'édition de 1881, citée plus haut. Mais cette augmentation, qui représente les atterrissements de ces dix dernières années, est normale et répond assez exactement aux 1800 kilom. formés en l’espace de deux siècles.

Le nouveau Hai-men ne possède pas de ville murée. Le mandarin qui gouverne cette section habite le bourg de Mao-kia-tchen (Æ K £&k).

(2) Chron. de Tsong-ming. Edit. de 1881. 4° vol. Chap. des Mœurs (JM {&).

® Ibid. Chap. de la Population.

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