L'ÎLR DE TSONG-MING
l’épithète, qui leur est restée, de Chanti jen (9 # À). Hommes des sables.
Un long canal parcourt la presqu'ile de l'Est à l'Ouest, appelé Haïv-kiai (#g M), Limite de la mer, en souvenir de la configuration des anciennes rives. Il trace la ligne de démarcation entre la préfecture de T‘ong-toheou et la section de Hai-men. Au Sud de ca canal la population est d'origine exclusivement Tsongminoise.
Une seconde gzône, allant vers l'Est jusqu’au Mont-Loup, et bornée au Nord par le Canal des Salines, est habitée simultanément par les deux races, membres toutes deux de la grande famille chinoise. Mais chacune d'elles a gardé son langage, son costume, ses mœurs différentes. Ohacune d'elles surveille sa rivale, comme feraient deux sœurs ennemies. Entre elles, point d’alliances de familles, point d’intéréts communs (1). L'homme du Nord jette le nom de Man-jen (#t A), Barbare, à l'Homme des sables dont il méprise la grossière simplicité, et ce dernier prodigue la même épithète à son frère du Kiang-pé, dont il déteste l’'orgueil et la brutalité (2).
(1) Le fait de cette mutuelle antipathie, qui pourra sembler étrange à des lecteurs européens, n'est pourtant pas rare en Chine. Cest ainsi que dans la partie Sud de la provinoe du Ngan-hoei, que repeuplèrent, après la terrible occupation des rebelles à la longue ahavelure (t‘ohang-mao LE Æ) + de nombreuses colonies descenduss de la province du How-pé, une haine sourde a toujours régné entre les immigrants et les rares survivants de la race indigène. Ce fait se remarque surtout dans les préfectures de Ning-kouo fou (# M) et de Koang-té tcheou ( 5).
Nous reproduisons à titre de ouriosité le croquis de l'Embouchure du Kiang suivant plusieurs cartagraphes modernes. Sur la carte que nous proposons à la place de ces configurations fautives, des croix figurent l’emplacement de plusieurs chrétientés constituées durant ce dernier quart de siècle. Le lecteur verra que nos pauvres chapelles ont subi le sort commun de la côte. Il constaters, par exemple, que telle église, construite il y & peu d'années à l’intérieur des terres, se trouve maintenant sur le bord de l’abîme, ou même a déjà disparu; d’autres au contraire, élevées jadis sur la rive du Fleuve, s'en trouvent aujourd’hui fort éloignées. N. D. Auxiliatrice et S. Barthélemy nous fournissent des exemples du premier phénomène; $S. Raphaël et le S. Nom de Marie nous donnent un exemple du second. Il y a 20 ans, cette dernière localité était un port considérable, ouvert sur un profond canal où pénétraient les vapeurs européens. Aujourd’hui c'est une plaine basse, tour à tour marécage ou sablonnière, dont les canaux obstrués ne peuvent plus verser à la mer les eaux qu’ils reçoivent du ciel.
Nous avons indiqué sur la même carte l’ancienne île de Pan-hai-cha (ou Pai-hai-souo, æ # #. Ile du milieu de la mer), qui occupait alors le milieu d’un bras de mer, complétement obstrué de nos jours. Voici ce que le P. Pfister, auteur du Kiang-nan en 1869, écrivait il y a 20 ans de ce banc de sable: “Sous peu, la grande île de Pai-hai-s0, formée “elle-même de cent tlots, sera unie au continent; aujourd’hui on y passe à gué à marée “basse.” Ne faudrait-il pas voir dans cette indication et dans ce membre de phrase copié par M. Reclus qui l’applique à Hïi-fai-cha, la cause de la grave erreur que nous reprochons % sa carte ?
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