‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 108 sur 231 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

LE lï SYMBOLIQUE.

L'état présent de nos connaissances, enrichies même des plus récentes acquisitions de l'épigraphie, de l'ethnographie et de l'archéologie monumentale, ne permet pas d'assigner l'époque précise de l'apparition de la croLx gammée ou swnstika, ni d'en nommer la vraie patrie d'origine.

Ce nom de croix gammée lui vient, on le sait, de sa forme même: quatre gamma (quatre L retournées), implantés autour d'un point central, et opposés par leur base (fig.l.). Aussi avonsnous peine à imaginer ce que peut vouloir dire cette phrase d'une Revue spécialiste: on rencontre aux Indes «le s\s;astika dépourvu de ses gammas. » (1).

I ■ [ Son nom sanscrit de s\çastiha serait dérivé, d'après le p»yi.P J G*^ Cunningham, de la (fevise d'une secte indoue. «Les

!■ ™ sx^^astikas athées, dit-il, ont reçu leur nom de leur signe favori, le swastiha, ou croix mystérieuse, qui symbolisait leur croyance en s'wasti. Ce mot se compose de su, bieili.et asti^ c'esti équivalant à « c'est bien! » ou, «qu'il en soit ainsi! » impliquant une complète résignation dans n'importe quelle circonstance.» (2). Ce serait donc l'analogue indou de notre Ainsi-soit-il ! Amen! Fiat !

G. Dumontier explique ainsi le même mot sanscrit: «Les Chinois ont conservé le swastika^dans leurs signes figuratifs; c'est le n* 2i de la table des 214 clefs ou radicaux... 11 se prononce c/ië, représentait exactement autrefois la croix gammée fU et ne s'est aujourd'hui que très peu modifié +• Il comporte une idée de perfection ; c'est la clef de l'excellence ; il signifie aussi le

(1) Revue d'Ethnographie, Tome IV. n"» 4. Juillet-Août 1885. « Le swasiika et la roue Molaire dans les caractères chinois, par Gustave Dumoutier. » p. 329. L'auteur s'appuie trop lur Touvrage érudit du P. de Prémare, Selecta vesiigia dogmatumt manuscrit traduit et publié pour la première fois par Bonnetty et Perny : « Vertiges des principaux dogmes chrétiens...» Cent fois plus pauvre en ressources théologiques que Tancien missionnaire, il exagère encore sa méthode d'interprétation fantaisiste et d'analogies risquées, sans partager ni les mérites ni les excuses de son zèle abusé, l^n outre, il admet (p. 327) les puérilités d'exégèse essayées ces derniers temps au sujet du culte liturgique d^Agni «l'enfant divin, le CHRISTOS des Indes», et s'étonne (p. 333) de ce que «le clergé du moyen- Age» ait employé la croix pour exorciser les démons ! Quant à sa compétence en choses chinoises, il est plus courtois peut-être de ue pas insister.

(2) Cf. Dennys; The folk-lore of China, p. 49.

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