‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 109 sur 231 · I. LE y^ SYMBOLIQUE · texte numérisé non relu

I. LE y^ SYMBOLIQUE

nombre 10.» Si les Chinois emploient l'expression «10 fois», dans le sens du superlatif, devant un adjectif, par exemple «cet homme est 10 fois bon», pour «cet homme est très bon», il est juste de faire remarquer que les aspérités des lignes transversale et verticale du signe -f-, énormes du regte dans la figure donnée par l'auteur, ne sont que les bavures voulues du pincenu chinois et n'ont aucune relation avec les crochets du rt- Dumontier poursuit (1) : «Analysant le mot sanscrit swastiha, nous lui trouvons une signification identique : su, radical qui signifie bien^ excel" lent^ d'où suvidas, prospère, en grec ETEIAHS. — Asti, 3* pers. sing. de l'indicatif présent du verbe as, être^ lequel n'est autre que le sum des Latins et que EIMÏ, E2MI des Grecs. — Xa, suffixe formant les substantifs. SwasLika veut donc dire : ce qui est bien, ce qui est excellent.» (2).

Nous croyons cette théorie plus plausible que celle d'Emile Burnouf, citée ici pour mémoire: «Ce signe (de la croix), est celui j^ue l'on trace snr le front des jeunes boudhistes, et qui était usité chez les brahmanes de toute antiquité. Il porte le nom\innA- J de swastiha, c. à. d. de signe de salut, parce que le siv^asft était , dans rinde, ce que la cérémonie du salut est chez les chré- , tiens.» (3). L'arrière-pensée de l'auteur est, sans contredit, plus/ transparente que son explication.

Ce swastika remonte, en Asie, à un âge assez reculé, puisqu'on le trouve mentionné dans le Ramayana, (^ur le navire de Râma). D'autre part les livres boudhistes prétendent que, lorsqu'on voulut brûler le cadavre de Sakyamouni, on découvrit qu'il était incombustible au moyen du feu naturel. Mais un jet de flammes jaillit soudain du f^ inscrit sur sa poitrine, pour réduire le corps en cendres, (i).

(1) Gnst. Dumoutier; article cité : p. 329. Nous ne noua arrêterons pas à rastertion <\e Tauteur qui reconnaît une croix dans les cinq points du centre des deux tableaux magiquei, (p. 321) Ho'Vou fRj IS et Lo-chou rS 9i attribués, le premier à TEmpereur Fou-hi yC hR* 2953 ans av. Jésus-Christ, le second au «Grand Yu >^ 1%.» Tout ce qu'on peut dire, c^est que ces points sont disposé» en croix.

Quant au caractère | i dix, il ne semble pas importer une autre idée de perfection que celle qui lui rient de son utilité dans le système décimal; c*est ainsi que le gS jSC 1^ ^^' finit IK Z^ ^' «Le complément des nombres, ou chiffres. » Pris dans le sens de t es, complètementf devant 'un adjectif, il est ordinairement accompagné du mot TT fen (parties) et avec lui signifie entièi'ement ; littéralement: dix parties (sur dix) | 7T cke-fen. Parfois, mais rarement, on se dispense d'ajouter /(fn, qui est alors sous-entendu ; ▼. g. I £ cheisHuen, «absolument complet;» dans les deux cas Texplication est la même,

(2) An mot stpastika, dans le Dictionnaire (Vapologéiiqne de Vabhé Jangtif^ on lit : «le swasdka exprime un souhait de bonheur, ce qui sans doute lui a valu sa diffusion.»

(3) Ë. Burnouf ; La science des Religions.

(4) D'Eitel; Three lectures on Buddhism. 2^ edit. Hong kong 1S73. — p. 13. L'auteur prouve que le Bouddhisme, au lieu d'être le précurseui du christianisme, n^en est que

CROIX ET SWASTIKA.

Le ft ^st connu au Japon sous le nom de Mang ziou, ou signe des 10.000 années, et on le trouve souvent ainsi disposé:

Si on l'a assimilé au fylfoti d'autres y ont vu le matteaUi la massue, le fcudro, le Tlior, le dieu du tonnerre ou le Jupiter tonnant des Scandinaves. C'est le monogramme de Vishnou et de Siva; ou bien encore la «croix des Manichéens*^ dont c'était, a-t-on dit, l'unique image*

L'un des caractères les plus frappants de ce symbole^ c'est son universalité dans le temps et dans l'espace. On le signale dans l'immense région qui s'étend sur le parallèle des Iles Britanniques à celles du Japon, englobant le continent eurasien presque entier, avec les rives africaines elles-mêmes et les archipels de la Méditerranée, où il était en usasre au temps de Confucius (551-479). (i). Il a môme traversé pAtlantique, ou le Pacifique : on Ta rencontré cheîî les Péruviens et Mexicains du Nouveau-Monde, au Yucatan, au Paraguay et aux Elats Unis. Il n'est guère de fouille importante qui ne le révèle, et le temps n'est peutêtre pas éloigné où l'on pourra dresser la carte exacte de son aire géographique, plus étendue même que celle de la civilisation. Quand sera-t-il permis de marquer le temps précis où nos ancêtres, iraniens ou touraniens, se sont aventurés à l'esquisser?

Il semble hors de doute que le svva.sh7ra> pour lui garder son nom indien a été avant tout et primitivement un symbole au sens mystique et mystérieux* Nous verrons qu'on en a fait bien vite, par une conséquence fort naturelle, soit un ornementj soit le membre d'une ornementation décorative*

Avant de passer outre, mentionnons une théorie démodée, plus ou moins sincère dans le principe, condamnée par une science moins aveugle, écrasée enfm sous les répliques de spécialistes autorisés* En 1872, M. Em. Burnouf écrivait dans son ouvrage La science des religions: «Les archéologues chrétiens pensent que c'est la forme la plus ancienne du signe de la croix: nous le

croyons aussi Quand Jésus eut été mis à mort par les Juifs,

ce vieux symbole aryen lui fut aisément appliqué, et le sxcastikay par des transformations successives, devint la croii hastée des modernes chrétiens.» Ces artîrmation» si osées n'avaient pas paru dans la Revue des Deux-Mondes qui, en 186îi, avait eu la primeur

le plagiaire, (p. 14) en ce qui concerne la partie historique des récits sur la vie de N. S. copiés ou travestis vers le V» ou VI* siècle.

(1) Cf. Alexandre Bertrand, La Guule avant Je» Oauhis, Ce passage est cité par M. Tabbé Ansault, qui donne une longue liste bibliographique d*ouvragcs fclatifs à la croix gammée.

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