‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 111 sur 231 · I. LE RJ SYMBOLIQUE · texte numérisé non relu

I. LE RJ SYMBOLIQUE

géométriques, résultat du croisement, en quelque sorte accidentel, de deux lignes droites, ou bien elles sont postérieures au Christianisme. La plupart rentrent assurément dans la première catégorie.» (1). Il fait remarquer à propos que de fait, elles sont grecques, et won latines. Au sujet d'une fibule en bronze, trouvée en Grèce, et ornée d'une croix gammée tournée à droite, comme sujet principal, (fig. 2.) l'abbé Ilamard continue :

«D'ailleurs, la figure que M. de Mortillet confond ici avec la croix chrétienne n*y ressemble que de fort loin : c'est la croix (jammée ou le swastika; or, comme la roue qui eut elle-même sa signification religieuse, spécialement chez les Gaulois, la croix gammée semble avoir été considérée dans l'antiquité comme l'image du soleil, et à ce titre, honorée à l'origine d'une sorte de culte; mais ni l'une ni l'autre de ces figures n'est la croix proprement dite.»

D'accord avec Paul AUard et l'abbé Martigny (2), qui donne la variante ci-contre, [fig. 3.) il afiîrme que les Chrétiens ne l'ont accepté temporairement que pour cacher la vraie croix aux païens comme ils avaient adopté certaines figures Fig, 3. ou rébus sacrés, (fig. 4. 5.) l'ancre, le poisson IX0YS, le palmier, le pélican, le paon, et Orphée pour le Christ.

C'est dans le même but qu'en Egypte surtout, le thau sorte de potence, prise dans l'alphabet hébreu, et la croix ansée, symbole de vie ou d'immortalité, eurent, sanctifiés par cet usage, l'honneur de paraître sur des monuments chrétiens. Mais c'est un fait bien constaté que, quand le

Christianisme put se montrer le front haut, il abandonna le flf,

Fty. 5.

Fig. 4.

(1) Cotmos. — N« du 27 Août 1887. p. 87.

(2) Martigny. Dictionnaire des antiquités chrétiennes, p. 168

CROIX ET SWASTIKA.

le T, et la croix ansée, (fig. 6.) pour en revenir simplement à

la croix grecque ^, et mieux encore à la croix latine 7.

Le swnstiha n'est donc point une vraie croix, ou la croix des Clirétiens n'est point d'origine païenne. Ce résultat admis, et l'iiypothèse contraire écartée, nous sommes plus libres, grâce à ces considérations préliminaires, d'aborder l'étude propre du fti en Chine. jç,-^. g.

Les sinologues d'outre-mer et les lettrés indigènes s'accordent à y voir la forme antique ou abrégée du caractère JSS» qui signifie 10.000 et se prononce, soit comme la diphthongue française oin dans le participe passé oint^ du verbe oindre, soit comme le son complexe oanne dans le noip de la ville de Roanne. C'est donc avec raison et intention qu'on le figure wan.

Les dictionnaires chinois (1) confirment tous ce sens et cette dérivation, ajoutant que, tracé sur la poitrine des idoles bouddhiques^ comme la marque spéciale des divinités adorées par iécole du Lotus ^ ^, il passe pour le symbole imprimé sur le cœur de Bouddha. (2).

Les légendes qui parlent des 32 perfections du corps de Gàulama (Bouddha), y ajoutent 18 espèces d'excellences, en commençant par des ongles démesurément longs et en finissant avec le ^ î^, caractère 10,000 ou ^v^a^tiH R^ ^"^ ^^ poitrine. Ce fH, c. à. d. le fou sin in ^ i& i^i «le sceau du cflpur de Bouddha», est le résumé de toute l'intelligence bouddhique. En mourant, Sakya-mouni aurait laissé h 90i) disciple Maha-kashiapa le Tcheng-fa-yen-tsang^ «le pur secret de la droite doctrine.» Le uan, PIJ, serait le syrpbqle de ce principe ésotérique, communiqué oralement, sans livres. (3).

(1) C'e't ainiii par temple que le ? ^ fS^ cité par le diction, de K*ang-hi^ le définit ^ J^ 3Ï ^•

(2) Fou, iin in ^ 'L^ Ri . On Tappelle sôtthika en p&Ii, on iuvattkikaf et bkaehispa en thibétain. Kitel, (Hmidhook of chinese Buddhisn^^ p. 1C7, 2* édit.) donne, avec un son tliibétnin différent, plusieurs équivalents chinois du son qu'il écrit tvastikd. Il ajouta une explication, tirée des livres bouddhiques, du mot sanscrit, c. à. d. ki siang wan té telle ë<mo Ui @ 9f ^ y^ Z fft %i afelicis augurii myriades virtutum ubi camulantur.» Il indique enfin quatre emplois de ce caractère.

(3) Maycrs ; Chinese rcader^s manual, — Eitel; Hand-hookfor the ttudent of Chinese buddhisnif p. 1G7.

Edkins : Chinese Buddhism^ p. 63. Plus récemment, ce dernier auteur écrivait: c The symbol man rT2 on Buddha* s breast bas now, by Goblet d'Alviella, been traoed to ludia i^id 3icily B. C. 360, and to Asia Minor and Greece B. C. 600 to B. C. 1200. He statee it to be ^he symbol of the sun and tho équivalent of the Ej^tian urocus snakes, two in numbtir and known as the winged sun. In Thrace it reads mes for MithraS. This is curions if true. The use of this mark is characteristic of northem Buddhism. It belongs to tbe

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