I. LE ftî SYMBOLIQUE
(fig. 19.). Les amateurs d'analogies piquan-
Ak tes y verront sans effort une croix sur
^?*^ un piédestal, une crux gemmaia, florida, de
â^ 1 1 rfL même style que plusieurs autres tirées des Cata-
^^T^ Fy^^ combes. Leur en fera-t-on un crime, et n'y a-t-
il là qu'une pure coïncidence, absolument fortuile? Tâche ardue que celle d'en décider: reste à savoir si de pareilles représentations ne iP/^. 19. sont pas dans les Indes, postérieures au sacrifice
du Calvaire.
Le Bôdhidruma ^^^ a l'arbre de Bouddha» le Bodhitree ou Bo-lree des Anglais, est le pippala, le bô, ou ficus religiosa, à l'ombre duquel Sakyamouni fit sept ans de pénitence et devint Bouddha. Le tâla^ sorte de palmier, Borassus (Inbelliformis, est également cher au bouddhisme. Dans presque toutes les anciennes religions, notamment en Asie, on a retrouvé ce respect pour un arbre sacré, reste indubitable des traditions paradisiaques sur <c l'arbre de la science du bien et du mal. » Un bas-relief du Louvre représente Sagon (Salmanazar) devant cet arbre mystérieux, symbole d'immortalité, toujours vert, odorilérant, chargé de fruits. «L'arbre de vie, la plante de vie», est un thème coutumier pour la sculpture, la peinture et la glyptique de la Chaldée. Qu'on l'identifie {ivec tel ou tel végétal des Indes, c'est la même plante que le célèbre soma^ plante sacrée des anciens rites aryas, et il faut y voir l'un des emblèmes les plus élevés de la religion (1).
Il va sans dire que les légendes de la race jaune présentent aussi rbur «arbre de vie, d'immortalité. » Elles le nomment K^iongchou et le placent sur le mont K^oen^len (^ ^), sorte de paradis terrestre, où la « mère du roi de l'occident, » Si-wangfmou fS ï -0^1 tient sa cour. Cet arbre prodigieux, tout de jade et de chrysoprase, a 10.000 coudées de hauteur et 1.800 pieds de circonférence; il ne porte de fruits que tous les 3.000 ans. Les fées en donnent alors à leurs favoris qui deviennent immortels. Taoïstes, lamaîques ou bouddhistes, les artistes chinois, monguls, thibétains, japonais ou coréens, reproduisent à l'envi ce motif, sous sa forme hiératique et conventionnelle, emprunté probablement, avec la légende elle-même, au folk-lore hindou. En réalité, les Brahmanes révéraient le ^cus indica: les Bouddhistes lui ont substitué le ficus religiosa, Pauthier (Chine moderne I. p. 188.) mentionne un phou^ti, ou 5ô-d/ii, planté dans un temple thibétain de Pékin. Notons en passant que la croyance à ce paradis de l'Occident, auquel préside Amithâbha, Bouddha, (la lumière substantielle, infinie,) qui porte « l'étrange croix du swastika tf^ »
sur la poitrine, est postérieure au Christianisme et en contradiction
(1) Cf. Vigouroux, La BMe ci les découvertes modernes 3* éd. I. p. 199.
CROIX ET SWASTIKA.
formelle avec le nirvana, annihilation; car elle suppose un bonheur sans fin, en excluant les renaissances de la métempsycose. Ce dogme, exotique aux Indes, inconnu du bouddhisme septentrional avant l'an 147, popularisé au V* siècle, encore ignoré en Birmanie, à Ceylan et au royaume de Siam, ce culte accompagnant habituellement celui de la vierge Koan-in, «la* Déesse de la miséricorde,» est originaire du Cashmir, du Népaul, et dénote Tinfluence des idées gnostiques de la Perse. Ces rapprochements donnent h réfléchir. Le nom d'Amilliâbha, ou Amida, est actuellement beaucoup plus répandu en Chine que celui de Bouddha' Sakyamouni. (1).
En ce pays, le sx^astika s*est glissé jusque sur les plus humbles objets de ménage. Voici le dessin exact d'une vulgaire
r)J se dessinent en crins de couleur sur un fond uni : (fig. 20).
gBIlMIMl
iiHiinimMiiimHUiiinnmiiimwimmjinnifi
êig. 20.
Les femmes chinoises retiennent leur chignon avec une sorte de navette en argent, ornée parfois de deux fti émaillés en bleu foncé (fig. 21.).
Certains gâteaux, vendus sur la rue, portent ce jj^ imprimé dans la pâte avant la cuisson.
J'ai trouvé, à Tétalage d*un brocan* leur de Nankin, bien achalandé en dinanderie chinoise, un simple chandelier de laiton ainsi conçu : (fig. 22.). Le Musée Guimet en possède d'analogues.
J'ignore si c'était un ustensile réservé à des usages rituels ou domestiques. Il est curieux de le rapprocher d'une sorte de lustre ou suspension, dont on peut voir plusieurs spécimens dans la pagode bouddhique de Long-hoa (^ ^) près Changhai, (fig. 23 p. 17.).
Fig. 22.
(l) Cf. Eitel; Three leeturtê on baddhiam^ p. 97. " Itim; Handbook... aux moti Soma, Patra, 2Vl/a, Bôdhidrama et AmitAdbha,
t. LB yï SnfBOLIQtn.
Sur les Concessions étrangères de la même ville, signalons un carreau n jour en boccaro. émaillé en verl, et servant de grille à une bouche de soupirail, (fig. 24). On l'emploie aussi à former, par juxtaposition et encastré dans la maçonnerie, des claires-voies très bien comprises. (1)
Voici une variante assez élégante du Ifi. Je l'ai copiée sur une enseigne japonaise, longue planche verticale, laquée en noir, avec caractères cursils en or, dont les quatre coins, renfot'cés en tdie, présentent chacun uiï ^ résultant de quatre T enchevêtrés, découpes dans la plaque même, avec assez d'ingéniosité, (flg. 25). Par le même artifice un double Ifi se détache dans les anses d'un hiang~iou chinois, (fig. 26.].
Près de Nankin, aii-dessus de l'entrée d'une maison neuve, en dehors de la porte de T'ai-P'ing men i; ^ FI- sur la partie formant li nteau , apparaît uniquement un \f\ de 10 centimètres ^•0- ^'- dans un cadre, le tout en relief, (fig. 27).
Plus haut (p. 11.) nous avons mentionné que cet usage était en vigueur au l'cndjab. En Egypte c'était parfois la place du signe j V J (fiff- 28). Les Hébreux y ont mis le T mystérieux, figure W de la croix que les Chrétiens devaient y installer quelques Fif>.2^ Siècles plue tard. (2)'
|I| On itouiic imprD]>r'>tnent oc nom do btiecaru à ilu torrcs-juitei ft p&t« }iiuiilltr:! tiès-iiombii'UBPs en Chino, fi oniuo Sa leur rcBscniblctice avec In |>utrrin fnbilquée <Uii' ville |o; luï^ilsc île lîoccaro, HniTiUc, 1:1 fit? a Ué liioii'il-i et |inrfois r munife 11 l'ébmicliuiri parfois ituitl "n y reconnaît lo triivail du cîJiolet bu Utcm-!*.W.-, avnntlotniaonutgiir. Cf. Ptlit Oaid.. Ulutlré ci Ouimrt- p. 2in.
iS) A titre de compmrniion, naui deuinona ici \o Srtiiutasa. (âg. 29.) ftotre diogremma de bon anlllt* paur le Hàainiimt et le VithnouUme.
JsR
Fig. sa.