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III. CONSTRUCTIONS ET Lpj

Il n'y a pas à s*y méprendre, voici bien un flJ, dont l'agencement symétrique compose presque à lui seul les diverses sections de la balustrade minuscule d'un haut hiang-lou ou brûle-parfums, visible encore à la pagode du Tch'eng^hoang miao ^ PBJ®» ^*"S la cité de Chang-hai. (fig. 83.).

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Fifj. 83.

Le spécimen suivant constituerait peut-être ce que j'appellerais un faux Lp (fig. 84); faux, dans l'intention du dessinateur, au sens expliqué précédemment. En dehors de sa disposition bien curieuse, il offre un sérieux intérêt par sa provenance ; c'est un des singuliers ornements, en relief, que l'on voit sur un seul côté de la cloche en fer, suspendue sous le vestibule de la Pagode

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Fifj. 84.

Militaire, Ou-mtao ^ J[^, à l'est du Pé-ki^ko 4t ^ ^« ^ Nankin.

Cette cloche est de fabrication récente. Mais on n'ignore pas que, pour établir leurs moules, les fondeurs chinois se contentent aujourd'hui de faire des surmoulages d'anciens bronzes et qu'ils conservent religieusement, pour leurs objets rituels, des galbes déjà vieux au temps de Confucius. Au reste, ce motif paraît aussi dans certains panneaux à jour d'ustensiles en fer.

Je n'hésite guère à rapprocher ce méandre d'un ornement do la même famille tracé sur l'orbe d'un vase grec très ancien, en or (1). L'art chinois, étudié plus à fond, réserve et fournira d'au très surprises, (fig. 85).

Fiy. 80.

Le py, en dehors de sa valeur symbolique et alors même qu'il ne serait pas la résultante fortuite du tracé de lignes aven-

(1) Les arts du métal, p. 24. Album paru chez Roaam. Paris 1890.

tureuses, a dû tenter de bonne heure Tornemaniste chinois en quête de motifs singuliers, par sa structure bizarre, déséquilibrée, symétrique et asymétrique à la fois. Je n*ai pas à dire quel parti Tart sinico-japonais a su tirer de cette asymétrie, trop vite désapprise par notre art moderne pseudo-classique. Ce qui caractérise en effet le Lfî, c'est certainement, plutôt que sa croix centrale, la présence de ses bras repliés à angles droits, de ses quatre gammas tournant dans le même sens. Or ce gamma se trouve implicitement dans un grand nombre des conceptions de Tornement chinois, qui, dédaignant les harmonieuses volutes, les floraisons cadencées et la souplesse un peu banale des enroulements ioniques ou corinthiens, de l'art occidental, leur préfère les retours brisés, cassés, abrupts, dont on voit ci-contre une des composantes typiques principales (fig. 86).

Appliqué au yî, le procédé a donné sans effort l'ornement : (fig. 87). Nous accumulons à la suite, sans beaucoup d'ordre, quelques spécimens, soit de balustrades réelles ou fîgurées, soit de galons et encadrements usuels. Un grand nombre reproduisent d'une façon schématique des types de balustrades observées dans la ville de Chang-hai, où on les y compterait par milliers, comme dans toute agglomération chinoise, distribuées en panneaux limités, ou bien en longueurs indéfinies, (fig. 88).

On voit que parfois le thème adopté dérive plutôt de la grecque continue, (fig. «89), bien que plusieurs des combinaisons, isolant les PV deux par deux, ne semblent guère' s'y rattacher, (fig. 90).

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Fiff. 87.

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l'iff, 90.

Pour éviter l'excès des classifications arbitraires, nous ne

!lt. COMSTRUCTIONS BT fy. 47

CHOIX ET SWASTIKA.

ferons paa un groupe à part d'une série qu'on subdiviserait volontiers, comme ci-dessus, en motîTs rattachés, et en motifs géminés et renversés, (fig. 91).

Celte particularité se rencontre dans les petites balustrades en céramique délicatement exécutées au-dessus des portes d'entrée des maisons. On en Tait aussi des bordures de cadre.

Ce n'est qu'une variante de cette autre balustrade, copiée aussi sur un de ces dessus de portes ornementées, [fig. 93).

Nous avons prévenu plus haut que nous ne figurions ici que des réductions schématiques; l'aspect vrai, et meilleur, serait crlui de .ce fragment (fig. 93), dont l'originul est en bronze.

Plus tranché est le groupe, qui comprend des méandres où des

éléments, en partie iden- F-p.S3.

tiques aux précédents, se

combinent d'une façon analogue, avec celte différence que, tous les angles restant droits, l'ensemble des motifs s'offre à l'œil obliquement, (fig. 94,95 et 90). Cette inclinaison à 45° des axes principaux

m. C0NSTHDCTI0N8 BT Uï-

donne naissance, par un efTet d'oplique très connu, à des Bensations visuelles tout autres et produit, en général, un décor moins pauvre d'aspect. Tel le cas de ce panneau carré, laqué or et rouge, et formant une robuste balustrade, (fig. 97).

Nous avons dit que les angles restaient droits: la règle n'est pas inexorable, et de sa violation résulte le modèle suivant dont l'économie est très saisissable :. les axes horizontaux n'ont pas varié; seuls, les Fii/.si. axes verticaux, demeurant parallèles, se sont inclinés sur la gauche, {fig. 98).

On ne saurait analyser les principales formes de ces Un-kan. sans signaler un motif des plus chinois qui en occupe le plus souvent le centre et auquel le ftf ne sert parfois que d'accessoire, d'encadrement. Ce motif central c'est le hi $, «joie», modifié et régularisé selon la forme ornementale du caractère. Il nous intéresserait, sans aucun doute, par la forme cruciale qu'il affecte ordinairement. Nous y reviendrons un peu plus loin. Il se prête admirablement par sa distribution symétrique et en dehors de sa signification littéraire et littérale, «/leuremc augure, joie, réjouis-

CROII ET SWA8TIKA.

sance», au rôle décoratif qu'on lui réserve en cette occurrence. C'est une pratique, du reste, usitée en Chine que de concrétiser pour ainsi dire, certains caractères plus populaires. Ainsi le caractère fou jjg ubonheur», répété à satiété dans l'ornementation du Céleste Empire, suffit à remplir, sans trop se déformer, le panneau latéral d'un lit chinois que j'ai sous les yeux. (fig. 99). Parfois aussi portes et fenêtres en garnissent leurs frêles châssis.

On trouve à acheter des théières qui ont la forme de cheou |} aiongé- ^'^- ^■

mien; mais il est difficile de réaliser

une adaption pratique plus malheureuse d'un souhait théorique, si tentant pour maint indigène, qui borne ses désirs aux félicités palpables de la vie présente! (1).

Le mur ruiné d'une ancienne pagode, h quelques kilomètres de Tchen-hiang, dans le site pittoresque connu des étrangers sous le nom de lîungalow, conserve le travail, délicatement sculpté sur céramique, dont nous donnons un croquis, (fig. 100). Ce sont des rt en réseaux, sur lesquels on a jeté le caractère fou jQ,

(1) et. PftUoIogue. L'AH thinoii, p. 151, 191...

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