‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 14 sur 231 · VIII. SECONDE PÉRIODE : LES CINQ MIGRATIONS · texte numérisé non relu

VIII. SECONDE PÉRIODE : LES CINQ MIGRATIONS

«le chef-lieu du district à 15 /t (9 kilom.) plus au nord, sur un «terrain nouvellement formé (1). C'est ce qu'on appela la pre- «mière migration. L'enceinte de la nouvelle ville mesurait plus de «neuf II (5400") de tour.»

«Au début de la dynastie des Ming (1368), le gouverneur Ho nYong-fou ayant amené le peuple à la soumission, l'empereur nT'ai-tsou (:icjjD plein de joie écrivit les quatre caractères uTong" ahai-yng^tcheoun ($ MWiM ^^^ ^^ ^^ ^^^ orientale) et en fit don «à Tsong-ming, qui jouit dès lors d'une grande paix. C'est de ce «fait que lui vient l'appellation de «Kou-yng-tcheouyy {i^ ^ jfH aile antique) (2). L'année suivante, comme l'île s'en allait à la mer «et que ses habitants diminuaient, le district (tcheou) fut abaissé «au rang de sous-préfecture (hien fj^). En 1375, la sous-préfecture «étant trop éloignée de Yang-tcheou dont elle dépendait, fut rat- «tachée à la préfecture de Sou-tcheou (j|^ ^t|). Peu de temps «après, le sud de la ville fut emporté par l'efTort de la marée, et «en 1420 le sous-préfet Kao Kiu-tchen la transporta à 10 li (6 kil.) «au Nord, sur des terres récemment formées. L'enceinte de la ville «conserva les mêmes dimensions et les murailles furent protégées «par des fossés de 110 pieds de large. C'est la seconde migra- «tion (3).»

«A la fin du 15® siècle, T'ai-tsang (^ ^) fut érigée en pré- «fecture, avec juridiction sur Tsong-ming (4). Cependant la ville

(1) La longueur du li (M) est fort variable suivant les pays. Elle est égale pour toute la Chine, à 360 arcs (^ ko7ig) de 5 pieds (/v t*rhe)* Mais cette dernière mesure ellemôme est diverse suivant les différentes contrées. A Tsovg-îm'vg où le mesurage des terres formées par l'alluvion est fréquent, la longueur traditionnelle de l'arc est 1*",72. Jadis, sous la dynastie Ming, l'on érigea devant le tribunal du sous-préfet, une pierre de cette dimension, qui servit de mesure étalon. (Dr legali dominio prac.ticœ notioneSf a P. Hoaug. 1882). On voit ainsi que le li à Tsong-ming égale 619«»,20.

Notons ici que l'unité de capacité adoptée j\ Tsong-ming, le Ç dit ^ ™ S m» égale à peu prés 3 pieds cubes, puisqu'il mesure 125 lit., 70. Quant îl l'unité de poids, appelée Jî >BE fî à Taong-ming, et jE «P ÎT à Hai-men, elle équivaut respectivement à 706 gr., 60, et a 724 gr., 60.

(2) Ce nom honorifique est encore employé de nos jours, pour les adresses de lettres par exemple, tandis que celui de Kiang-ché (Langue du Fleuve) est tombé en désuétude.

(3) SoU'trhfou située au sud du Kiaug est aujourd'hui chef-lieu de la province du Kiang-aou.

(4 T^ai-tsang \ qui Tsong-ming res80i*tit encore de nos jours se trouve sur la rive droite du Kiang. Ce nouveau changement de dépendance administrative a donné lieu à une singulière méprise de la part d'un savant français. D'Escayrac de Lauture, auquel "des "circonstances malheureuses" ne permirent pas de se livrer, comme il l'eût désiré, à "l'étu- "de des atterri ssements" sur les côtes de Chine, assure que le Kiang "n'a pas donné nais- "sance depuis plus de trois siècles à l'île de Tsong-ming qui est comme le rudiment de "son delta maritime." {Mémoires sur la Chine. Histoire, pag. 116). Nous sommes très porté à excuser l'erreur de l'écrivain français : il a cru traduire la pensée de J. Edkins qui s'était

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«était de nouveau rongée lentement par la mer, et les navires «marchands jetaient Tancre dans les fossés de la ville. Il fallut en 1529, que le sous-préfet Tou Ki, après avoir jeté les sorts, «portât son prétoire à 50 li (30 Kilom.) de là, sur l'île de Tong^ usan-cha. C'est la 3* migration.»

«En 1550, la mer entama l'angle N.-E. de la nouvelle ville, et «le sous-préfet Yn Tche ayant jeté les sorts, la transporta sur Tîle «récente de P'ing''yang^cha {?^ f^ fp Banc de la mer pacifique). «Ce fut la 4" migration.»

«En 1553, le sous-préfet T'ang lAchen construisit des murailles «en terre auxquelles il donna 7 li 3 fen de tour (exactement 4.520 «mètres). A cette époque, les Japonais inspiraient de grandes crain- «tes. On donna donc aux fossés dix pieds de profondeur et plus «de cent pieds de largeur ; mais ces travaux n'ayant point empê- «ché les Japonais de pénétrer dans la ville, deux ans plus tard, «le gouverneur Tcheou Jou-t'eou adressa une requête à Tem- «pereur, demandant 40.000 taëls du trésor public pour la con- «struction de remparts en briques. On donna à ces murailles «12.860 pieds de tour, 20 de hauteur et 15 d'épaisseur. Un quart «de siècle s'était à peine écoulé (1583) que le flot ennemi, plus «implacable que les Japonais, emportait l'angle N.-E. de la ville. «Le sous-préfet Ho ayant consulté les sorts (1) détermina, pour le «nouvel emplacement, l'île de T^chang-cha {-j^ ^ l'île longue) et «dessina une enceinte de 7 li ; mais son successeur Li Ta-king, «touché de la misère du peuple, la réduisit à 4 Zi 3 fen (2. 662™, 56). «Ce fut la 5^ migration.»

«Les murailles de cette ville, qui subsiste encore de nos jours.

exprimé en anglais, mais dans un sens bien différent, les trois siècles dont il parlait indiquant non point la date de la formation de Tsong-mingy mais celle d'une modification administrative. "The last great accretion, écrivait en 1860 le pasteur sinologue, is the islaud "of Tsong-nUng in the very mouth of the Kiung, attached to T^ai-tsang, as a separate dis- "trict, only three (four?) centuries since. This islandis still enlarging rapidly (?)" (On ihe andent mouths of the Yang-tse-kiang^ by the Rev. J. Edkins. Sept. 1860).

(1) n nous faut justifier au moins par un exemple, le reproche de puérilité que nous avons infligé à certains détails des Chroniques. Voici un modèle du genre, relatif j\ la dernière translation de Tsong-ming. "Lorsque, en 1583, le sous-préfet Ho se rendit en barque "à T*chang-cha (VîU longue) pour choisir un nouvel emplacement, il remarqua que le pieu "qui servait à fixer son bateau à la rive, fut frappé de neuf (Kisou Tu) coups, d'où il tira "le présage secret de la longue durée (Kieou ^) de cette île et dit tout joyeux : "C'est "Vîle longue (Tchang -^^^ & est h-dire de longue durée (Tchang ê)*" Puis avisant aux "environs un épais taillis, il demanda "Qui habite-là ?" — "Le nommé Chen Pangk^i " (^ ft V emplacement du royaume)" lui fut-il répondu. Et le sous-préfet de plus en "plus joyeux de répliquer: "L'emplacement du royaume? Ehl bien, soit, choisissons ce "lieu." C'était un présage heureux. L'on décida d'établir en cet endroit les murailles de **la nouvelle ville, et de fait voilà trois siècles qu'elle y demeure." (Chron. de Têong-ming, Ohap. dei Vm 3^)*

LA MER VUE DES REMPj

D'après une gravur

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