II. LA PIBRRB DB SI-NaAN-roU
te:» Nous résumerons les plus saillantes particularités de son récit, souvent reproduit et parfois défiguré.
En 1625 (1) en creusant les fondements d'un édifice près de Si^ngan-fou, d'autres disent en voulant enterrer le fils du Gouverneur, espèce d'enfant prodige, les ouvriers rencontrèrent une table de Pierre, dont la partie supérieure portait gravée pn creux une croix bien formée. Une longue inscription en 1780 caractères chinois, qui restent encore un modèle de calligrnphip, mentionnait les vicissitudes en Chine do la Religion chrclienne, apportée du Ta-ts'in ^ ^ ou de l'Occident, en G35, et honorée publiquement pendant un siècle et demi, c'est-à-dir? jusqu'en 781, date de l'érection de la pierre. On y lisait aussi un précis de cette doctrine; et, sur la tranche, des inscriptions en caractères estranghélo, déchiffrés, plus tard, reproduisaient les noms des prêtres venus de Syrie à Tchang-ngan ^ ^ (Si-ngnii-fou), avec Olopen, leur chef, sous le règne de T'ai-tsong -j^ ^, second empereur de la dynastie des T'ang.
On ne tarda pas à avertir de la découverte le Gouverneur de la ville. «Au plustot il se transporta au lieu où estoit cette croix; il la vit, la considéra avec attention, la fit élever sur un beau pied-d'éstal, et couvrir d'un toict appuyé sur des pilliers pnr les costez... Il voulut de plus que ce riche dépôst fût mis et cons<*rvé dans l'enceinte d'un temple de Bonzes assez proche du lieu où il avoit esté trouvé». Une grande affluonce de peuple se porta chez eux à cette occasion. Un lettré paien, ami d'un manHnrin chrétien nommé Léon et résidant dans la ville de Ilang-tcheou JlyiH]^ au Tché'kiang, lui envoya une copie de la curieuse inscription.
Bientôt (1628), des Jésuites vinrent à Si-ngan-fou, avec IMiilipe, autre mandarin chrétien, député en ce pays pour les besoins de sa charge. «Ils n'y furent pas longtemps sans bastip une résidence... Le bonheur voulut pour moy que je fusse un des premiers destinés à avancer les affaires de cette nouvelle chrétienté et cette petite maison, que j'estime une des plus heureuses, pour la commodité qu'elle a de voir cette pierre, que j'ay veuë, leuë, considérée à loisir; et surtout je me suis étonné qu'elle fust si entière, et ces lettres si nettes et si distinctes après le cours de tant d'années». Ces lignes accréditent le témoignage irrécusable du P. Sémédo et lui donnent une valeur non équivoque. (2).
Le P. Kircher fait ressortir que ce texte indigène, mentîonant avec tant d'à-propos la doctrine et les triomphes du calho-
(1) Ou encore en 1623. Cf. Var. Sin. 12^ p. 59. Cette pierre de Si-ngan'fou fut élevé»
la 2« année de Kien-tchong 5œ V (781), sous Té-tsong î§ j|> » 9* empereur des T'an & le 7*"»* jour de la 1*^« lune.
{2) Bibliotheca sinica d'Henri Cordier, donne pp. 325/329 la bibliographie raisonnée de la Pierre de Si-ngan-fou, — Cf. ihid. p. 324, 'T Apostolat apocryphe de 8, Thomoê'*.
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licisme pendant cent cinquante ans, n*a été providentiellement découvert qu'au moment où des missionnaires européens se trouvaient de nouveau en Chine pour en comprendre le prix, en interpréter le sens et tirer profit de cette trouvaille. Découvert plus tôt, le monument aurait passé inaperçu, exposé au risque d*être détruit comme tant d'autres. (1).
Pauthier (2) égaré par ses préventions anticatholiques, avait d'abord écrit, en citant des extraits de la traduction de Mg^ de Visdelou : «Nous n'avons pas cru nécessaire de la comparer avec l'original... On y remarque surtout un caractère bien prononcé des doctrines professées par les sectateurs de Lao-^seu (taoïsme),... et il serait difficile, sans la meilleure volonté du monde, d'y découvrir les doctrines du Christianisme, qui n'y est pas même nommé. D'ailleurs nous avouons sincèrement que nous ne voyons pas l'importance que l'on a voulu attacher à ce monument, lequel, en admettant son authenticité que nous n'avons aucun intérêt à contester, ne prouverait rien autre chose, selon nous, si ce n'est que des notions d'un christianisme bien vague, auraient été portées en Chine, sous le régne de T'âttsong, comme une foule d'autres notions religieuses avec lesquelles elles auraient été confondues».
Pauthier s'est ravisé: nous pourrions l'entendre chanter sa palinodie dans les deux Mémoires, soigneusement documentés, qu'il a publiés sur cette question. (3). Du reste, sans attendre
(1) Le P. Boym, (Kircher, China UlustraUi p. 16) avait déjà exprimé un avis identique à-propos de la découverte à cette époque de plusieurs monuments de la foi chrétienne. Du reste cette remarque fort naturelle se trouve consignée, pour la première fois, croyonsnous, dans une vieille plaquette de 15 pages, imprimée à Rome dès 1631, et portant le titre : DichiarcUione di una pietra anticOf scriUa e acolpita con Vinfrascritte lettre riirovata nel Hegno dflla Cina. Cette plaquette fort rare, rédigée en italien, existe à la bibliothèque des Jésuites de Zi-ka-wei, près Changhai, et elle fait suite à un ouvrage de 187 pages intitulé : Lettere annue dd Oiappone dt gVanni 162.5, 1626, 1G27. Les deux ouvrages, (de texte et de papier identiques), sont imprimés chez Corbeletti et le premier porte VimpHmatur accordé en 1361 par le P. M. Vitelleschi, Général de la Compagnie de Jésus. Nous reviendrons sur cette version italienne^ que le P. Al. Pifister, mort à Chanhai en 1891 a le premier signalée; tout autorise à Tattribuor au P. Séroédo, mais je ne Pai vue mentionnée nulle part. Immédiatement après le titre cité plus haut on lit: "L'esplicatione persente è conforme à quella, che venue da Pequlm, la quale parue più a proposito per esser più letterale di parola in parola". .
La Bihlioiheca sinica de Cordier n'indique que deux versions peut-être antérieures.
(2) Univers PiUoreêque. La Chine. T. I. p. 299. — La traduction de Me de Visdelou est insérée dans le Supplément à l^i Bifdiothèque universelle de d'Herbelot. p. 375.
(3) "De V Authenticité de V Inscription nestorienne de Si-ngan-fou. Paris, Duprat 1857**. et "L'inscription syro-chinoise de Si-ngan-fou. Paris. Didot 18.58". M' E. H. Parker dausses "Notes on Ihe Nestorians in China", cite plusieurs textes chinois corroborant le témoignage sur lequel Pauthier attire l'attention. Cf. Journal de la Soc. asiatique de Chang-hai. 1889—90.