‹ L'ile de Tsong-mingChapitre 163 sur 231 · LA PIERRE DE 31-NGAN-POD · texte numérisé non relu

LA PIERRE DE 31-NGAN-POD

Nous aurions tort de vouloir reprendre, ou même résumer, les savantes études publiées sur la mémorable inscription. Disons pourtant un mot d'un point spécial qui se rattache à noire sujet : L'usage a prévalu d'appeler cette pierre «le monument nentorien de Si-it'jan-fou». Sang entrer dans une aride discussion de texte, je ferai observer que c'est là une expression amphibologique, préjugeant à tort et sans preuves d'un point d'histoire incertain, mal établi, encore en litige, un vocable enfin qu'il fierait très désirable de voir abandonner au profit de l'épithètc sino-chùtiiaique ou syro-chînoU.

Pourquoi ne dirait-on pas simplement le monument chrétien de Si-ngan-fou? L'expression, juste et précise, n'aurait rien à redouter des révélations possibles de l'avenir. A notre avis suivant l'opinion des premiers interprètes, les PP. Sémédo,

Michel Boym, Kiroher, E. Diaz, Le Comte, (opinion partagée par Dabry de Thiersant et plusieurs écrivains), le précis do la doctrine venue du Ta-l'uin ^ ^ et appelée Kimj-klao §; j^, est la pure doctrine catholique, telle que l Eglise Romaine la croit et la professe encore.

Wells Williams, pour lequel l'authenticité de l'inscription est irréfragable, a écrit un peu légèrement : « Kircher et le Comte Tont réclamée comme un témoignage des succès de l'Eglise Romaine, (papiste), en Chine; mais des écrivains plus récents ont eu la candeur d'avouer qu'elle rappelle les travaux apostoliques des nestoriens». (1), Ces écrivains étaient-ils compétents?

Que cette inscription, au sens orthodoxe, soit l'œuvre d'un clergé infecté du schisme nestorien, — et là est l'amphibologie, — il est malaisé, vu Tétat incertain et provisoire des recherches historiques relatives à ces époques, de réfuter péremptoirement l'opinion qui l'admet. Il est prudent toutefois de se prémunir en cela contre des conclusions prématurées : des découvertes ultérieures viendraient peut-être les infirmer ou même les faire mentir. Abel Rémusat, pour qui Oiopen est Syrien et monophysite, expose avec réserve et loyauté que la doctrine de l'inscription « semble appartenir à la croyance parliculière des Nestoriens ou des Jacol)ltes». (2). En dernière analyse, pour lui comme pour d'autres, c'est plus affaire de sentiment que de raison.

Dabry de Thiersant, en complet désaccord avec la première manière de voir de Pauthier sur la valeur historique de l'inscription, se sépare aussi nettement de l'opinion de l'abbé Hue, (1859), qui y reconnaît des preuves non équivoques de nestorianisme doctrinal. (31 Dabry cite même ce passage courageux de Kircher (China, p. 9): «Je vais tâcher... d'obliger les hétérodoxes euxmêmos, qui liront la traduction de cette inscription syro-chinoise, à avouer qu'elle ne contient rien qui, durant le cours de dix siècles, n'ait été enseigné par les propagateurs du Verbe divin; de plus, qu'elle est conforme, par les expressions et par le fond, à la doctrine orthodoxe de ces temps éloignés; enfin, que la doclrine, répandue en Chine à cette époque par des prédicateurs évangéliques, est la même que celle que l'Eglise universelle, apostolique et romaine nous propose de croire aujourd'hui». En pareille matière, Kircher n'a pu être aussi affirmatif sans raisons valables et résistant au plus sérieux examen.

(1) The MidiUe Kingdom. — i^ éaition. New- York, 1871 — 2" vol p. 291 et 297. La truluctiou nngliilso de rinscription, (ju'rl eiiii>runte au Docteur Bridgnian, ne piésint;» rien de B|iéfiial.

(8) Mélanges Atiaiiquen. — II. p. 189. Paris, 1820: «Olupen ])rédicateur... etc.» (3i Ce n'eit pat 1q leul taa où Ton pourrait uppoter Hno Junior h lluc êenior / Sa gloii'e d'explorttour est plui solide et x^ieux aiiiie.

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